20 Million Miles to Earth
50th Anniversary Edition
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Nathan Juran
Année: 1957
Classification: PG
Durée: 82 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er août 2007

Peu importe que le sablier s'écoule, les chiffres seront toujours à l'honneur. En fait, toutes les raisons sont bonnes de fêter un 10e, 15e, 20e, 25e, 30e, etc. anniversaire d'un film en sortant une nouvelle édition au passage. C'est dans cette optique que voit le jour "20 Million Miles to Earth : 50th Anniversary Edition".

La prémisse psychotronique n'est pas sans rappeler les essais désastreux d'Ed Wood. Un vaisseau spatial s'écrase en Italie et il y a très peu de survivants. Le gouvernement américain se dépêche sur le terrain pour s'assurer de la survie de ses hommes, mais surtout pour mettre la main sur une entité spéciale. Trop tard. Cette dernière est en liberté sur la terre et ce qui était une minuscule créature se transforme très rapidement en énorme monstre qui détruit tout sur son passage!

Le réalisateur Nathan Juran adore les histoires tirées par les cheveux où des êtres géants sèment le trouble partout sur leur passage. En ce sens, revoir Attack of the 50 Foot Woman et The Deadly Mantis s'avère plus une partie de plaisir qu'une réelle façon d'avoir peur. C'est dans cette catégorie qu'il faut placer "20 Million Miles to Earth". Sur le strict sens cinématographique, l'œuvre est loin d'être mémorable. Les situations tournent en rond, les comédiens se vautrent dans des personnages sans saveur et les dialogues guerriers sont loin d'être très subtils.

En fait, tout est prétexte à mettre les effets spéciaux du génie de son temps Ray Harryhausen à l'avant-plan. La bête bouge bien, son visage ne laisse pas indifférent et lorsqu'elle grossit, c'est un carnage. Cette destruction se déroule non sans humour, alors que l'entité va interagir avec plusieurs éléments mythiques de Rome. Ces touches distrayantes ne tiennent cependant pas la route très longtemps et ces répétitions finissent par jouer sur le succès de l'entreprise. Quelle chance que le long-métrage ne dure pas 165 minutes comme il est inscrit au dos de la pochette, mais plutôt 82 minutes. Une énorme différence tout à l'avantage du récit final.

Un des grands avantages de cette production est la possibilité de la visionner dans le format noir et blanc original ou en couleur. La touche "Angle" permet d'alterner entre les deux visions, et ce, sans jamais arrêter le film! Même s'il y a quelques égratignures, du grain et du blocage, les couleurs s'avèrent très jolies et c'est un plaisir incommensurable de retrouver ces bons vieux fonds en cartons. Le noir et blanc est également élégant et il permet au passage de bien développer les contrastes. La piste sonore demeure hélas en mono. Ce n'est pas la fin du monde, les voix anglophones s'entendent aisément et il y a de très visibles sous-titres jaunes en anglais et en français en cas de besoin. La musique est abondamment utilisée pour recréer des atmosphères particulières comme un climat de tension et de suspicion.

La jaquette de carton et le boîtier sont très diversifiés. Il y a plusieurs couleurs pastel, un couple qui discute, un vaisseau écrasé et un monstre vert qui ne cherche pas à se faire des amis. Le menu principal du DVD reprend le tout, sans malheureusement y apporter de mouvement ou de mélodie. Outre le film, le premier disque contient également une piste sonore de Ray Harryhausen, des créateurs des effets spéciaux Dennis Muren et Phil Tippett ainsi que du producteur Arnold Kunert. Ces hommes abordent une multitude de détails, dont la colorisation, la façon dont travaillait Juran et les particularités des petits tours de passe-passe. Mais attention : ces propos dévoilent plusieurs astuces qui brisent toute la magie du cinéma.

C'est sur le second disque que se trouvent tous les documentaires possibles et inimaginables. Il y en a quelques-uns et ils sont généralement plus que pertinents. Plusieurs personnalités connues (dont l'illustre Terry Gilliam) se souviennent de l'impact du film sur leurs carrières respectives et Harryhausen raconte la création d'un tel objet cinématographique. Un segment explique le processus de colorisation et les choix originaux de la version en noir et blanc (pour une multitude de raisons, dont le faible budget). La séquence la plus fascinante est facilement la longue discussion entre Harryhausen et Tim Burton. Les deux créateurs ont beaucoup d'admiration l'un pour l'autre et cela ressort aisément de leurs conversations qui sont loin d'être un cours théorique. Une entrevue avec l'actrice Joan Taylor permet d'en savoir davantage sur la carrière de celle qui a incarné la mémorable Carol Marvin dans Earth vs the Flying Saucers. Une autre section est consacrée à la trame sonore. Le producteur musical David Schechter raconte comment les mêmes thèmes étaient utilisés encore et encore et que cette récupération était à peine voilée. Rigolo et instructif. Tout autant que ce petit tour d'horizon des différentes affiches et documents publicitaires sortis à cette époque. Il est également possible de consulter une bande dessinée sur le sujet, de naviguer au sein de quatre galeries de photos et de regarder les bandes-annonce des nouvelles éditions de Dark Crystal et de Labyrinth.

Contrairement à la collaboration future de Juran et Harryhausen en The 7th Voyage of Sinbad, "20 Million Miles to Earth : 50th Anniversary Edition" ne comporte aucune histoire digne d'intérêt. Pire, tous les éléments sont mis en place pour valoriser les effets spéciaux qui, un demi-siècle plus tard, ne peuvent qu'avoir pris un sérieux coup de vieux. La horde de suppléments s'avère toutefois des plus appréciables, surtout pour les fans de ce plaisir mignon et/ou destructeur.


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments10
Vidéo7
Audio6