21
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Robert Luketic
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 123 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 juillet 2008

La quête du bonheur et le rêve américain sont les enjeux principaux de "21", un film où les cartes, le casino, les amis, l'amour et les trahisons font partis du quotidien. De quoi grandir plus vite que son ombre au sein d'une œuvre généralement divertissante et trépidante.

Ben (Jim Sturgess) est un petit génie. Il est habile avec les chiffres tout en étant capable de cacher ses émotions. Ce n'est donc pas par hasard qu'il est approché par un populaire professeur (Kevin Spacey) pour devenir un tricheur professionnel. En compagnie de camarades de classe, le jeune adulte est envoyé à Las Vegas pour jouer au black-jack, compter les cartes et remporter le gros lot. Moralement, ce nouveau boulot n'est pas toujours défendable. Sauf que le principal intéressé a besoin d'énormément d'argent pour suivre son cours de médecine à Harvard...

"21" ressemble à beaucoup de ces productions qui débutent en trombe sur l'avion le plus rapide du monde pour passer très lentement le fil d'arrivée. De quoi être déçu à la toute fin après un départ aussi canon. D'ici là, il faudra toutefois se rappeler la turbulente première moitié... Narration dès l'introduction, réalisation mouvementée à la Ocean's Eleven, présentation rapide des personnages et des enjeux: tout pour intéresser le plus rapidement possible. Surtout que la musique ne manque pas de dérider les tympans, comme en fait foi l'utilisation plus que réussie d'un tube de Peter Bjorn and John.

Lorsque la caméra s'attarde aux séquences de jeu et aux confrontations, le rythme ne subit aucune baisse de tension. Ce n'est toutefois pas le cas à l'extérieur du casino où l'intrigue - à l'instar de celle de Lucky You et des autres œuvres du même genre - ne peut échapper aux lieux communs. Le héros va passer à un doigt de perdre son âme pendant que ses relations familiales, amicales et amoureuses seront réduites en miettes. Même son avenir risque de passer dans le tordeur s'il ne modifie pas son comportement. À partir de là, la sauce commence à coller, devenant indécrottable à la toute fin. Après un revirement de situations attendu, les dialogues moralisateurs scellent le tout, ce qui est toujours un peu regrettable.

Ce nouveau film de Robert Luketic (gentil Legally Blonde) comporte cependant un as caché. Même s'il a joué dans des titres plus oubliables, Kevin Spacey n'a jamais été vraiment mauvais pendant toute sa carrière. Il vole ici la vedette en professeur charismatique qui devient presque un gourou devant ses étudiants. Le comédien multiplie les sourires en coin et les clins d'œil cachés, passant rapidement de Dieu à Satan en un court laps de temps. Sa performance n'entache cependant pas celle de Jim Sturgess qui en avait déjà épaté plus d'un sur le psychédélique Across the Universe. Personne n'arrivera à se positionner entre ses deux hommes. Ni une Kate Bosworth plus jolie que crédible ni un Laurence Fishburne qui passe son temps à froncer les sourcils.

Les éléments techniques ne déçoivent pratiquement jamais. L'image est claire, les contrastes pleinement pertinents, le choix des couleurs tout à fait acceptable et le mini blocage qui peut exister se fait éclipser par des éclairages presque stylisés. La musique, variée et accessoire, se permet d'enterrer les voix. Au moins, il y a de très beaux sous-titres jaunes en français, en anglais et en espagnol pour remédier à la situation... et même faire oublier la pénible traduction dans la langue de Molière. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 proposent des bruits de cartes, d'élans musicaux, d'argent qui s'écoule d'une machine à sous et d'écho de voix afin de recréer le faste de Las Vegas.

Le boîtier retient les différents protagonistes qui figurent sur un as ou un joker. Le menu principal du DVD, bien fait quoiqu'attendu, multiplie la monnaie, les jetons et les cartes dans un solide montage de scènes bercées par une musique de circonstance. En guise de suppléments, il y a près d'une vingtaine de publicités variées. Plus pertinents sont ces trois documentaires sur le tournage. Le premier explique les règles du black-jack, le second s'intéresse aux dimensions physiques de l'ouvrage (les vêtements, les lieux, les couleurs) et le dernier, plus long (25 minutes) et significatif, se veut un journal de bord où le réalisateur relate le sujet et le choix des comédiens. Clinquant. Tout autant que la piste de commentaires où le cinéaste Robert Luketic et les producteurs Dana Brunetti et Michael De Luca traitent de leur passion pour le jeu et le septième art. Des anecdotes parfois drôles et irrésistibles qui, sans donner beaucoup de profondeur à l'histoire, se permettent de l'agrémenter au passage.

Au sein de ses multiples invraisemblances et de son scénario pas toujours inspiré, cette adaptation du roman de Ben Mezrich arrive à remporter la mise grâce à sa mise en scène vivante et surtout le jeu plus qu'adéquat de ses deux vedettes masculines. Ce n'est pas Rounders, mais ce n'est pas dénué d'intérêt pour autant.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio7