50/50
Entertainment One / Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Jonathan Levine
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212001116

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
24 janvier 2012

Tout est une question de dosage et de justesse et en ces termes, 50/50 est certainement une grande leçon non seulement d'humanité, mais de réussite d'un point de vue cinématographique. Bien sûr, il faudra adhérer à cet humour pas toujours subtil et se laisser transporter par le réalisme du récit, mais en tout point, pour une "comédie" dramatique sur le thème houleux du cancer, voilà un projet qui fonctionne à plein régime et qui est particulièrement prêt à renvoyer au loin tous ceux qui seraient prêts à le condamner avant même de l'avoir visionné.

Si l'approche humoristique du sujet demeure, on se trouve face à un film qui n'a toutefois rien à voir avec le français Le bruit des glaçons. Délaissant l'idée d'absurdité du cousin français, le film du talentueux Jonathan Levine n'en est pas moins un hymne à la vie poignant, nécessaire et essentiel. Tout comme il l'avait démontré dans son rafraîchissant The Wackness, il prône ainsi l'idée d'"amitiés inattendues" en tant que force principale pour traverser les épreuves plus difficiles. Bien sûr, le malaise est également généré tout du long par le biais de diverses situations, mais c'est cette façon de tout laisser s'enchaîner avec signification que le film trouve sa plus grande force.

Après tout, sorte de remède parfait pour mieux surmonter une dure épreuve avec une légèreté typique au cinéma (rien de vraiment grave ne s'y produit), on se place carrément dans le peau du protagoniste qui vit petit à petit chaque stade psychologique et émotif de sa situation, en plus de devoir jouer avec ses multiples relations personnelles qui tournoient autour de lui, de son meilleur ami à sa mère, en passant par son père souffrant, sa psy et sa copine distante. Pour tout ce beau monde, on doit lever notre chapeau à l'excellente distribution qui a été assemblée alors que chaque rôle est défendu avec brio, en commençant par le surdoué Joseph Gordon-Levitt qui prouve à nouveau l'étendue de son talent qu'il sait toujours nuancé avec génie. Anna Kendrick détonne dans un rôle loin des névrosées auxquelles elle nous a habitué, ici tout en douceur, alors que Bryce Dallas Howard confirme que lorsqu'elle joue les vilaines, clin d'oeil au récent The Help, elle se montre beaucoup plus convaincante et à l'aise que pour des rôles plus.. humains disons.. Pour les autres, si Anjelica Huston aux premiers abords méconnaissables est tout simplement extraordinaire dans le rôle de la mère, c'est décidément Seth Rogen, également producteur, qui vole la vedette à plus d'un moment en recyclant son personnage malfamé qui fait ici contrepoids de façon détonante, mais essentielle, dans un type de film qui dans toutes autres occasions probablement, n'aurait jamais eu l'audace de l'intégrer.

Ajouter à cela le regard acéré du réalisateur qui sait capter à hauteur d'homme et de sensation, autant que par un montage subtil et une trame sonore diversifiée et impeccable qui se marie à l'ensemble parfaitement "indie" prédominé, tout autant que la douce trame sonore de Michael Giacchino ou même les savoureux dialogues de Will Reiser qui s'est par ailleurs inspiré de sa propre expérience pour pondre le film, et vous obtenez ce qui pourrait bien être un film à toute épreuve.

L'image, soignée, n'est ainsi jamais tape-à-l'œil et toujours prête à apporter une part de clarté dans chaque scène, chaque situation. L'éclairage, d'un naturel foudroyant, facilite le regard et éveil notre esprit à s'attendrit subtilement, alors que la piste audio capture tout avec sensibilité, l'excellente trame sonore en premier, prenant soin de tout mélangé sans trop de confusion.

Pour la présentation, c'est typique, mais rassembleur, alors que plusieurs images du film présentant les personnages sont assemblées à l'arrière et que l'image choisit pour la couverture, quoique pas nécessairement transcendante, attire le regard par le biais du geste (le jeune homme qui se rase la tête) et les regards ambigus des deux hommes. Le menu animé du DVD joue dans la même veine de simplicité et d'efficacité.

Pour les suppléments, une belle sélection allant de séquences d'entrevues à des scènes supprimées. Rares toutefois sont les scènes tranchées qui auraient mérité de rester dans le film, alors que les segments d'entrevue valent surtout la peine pour palper la véritable complicité qui unit les véritables amis (Seth Rogen, Will Reiser et Evan Goldberg) qui sont ici autant acteur, producteur que scénariste selon leur rôle. À ce titre, la piste de commentaire audio à laquelle s'ajoute le réalisateur, montre de beaux moments de folies et de franche camaraderie alors qu'à travers de nombreuses anecdotes de tournage qui dévoilent des changements et des idées pertinentes ou intéressantes pour quiconque cela peut intéresser, se pointe également beaucoup beaucoup de niaiseries qui peuvent autant être hilarantes qu'à prendre ou à laisser.

Au final, 50/50 va certainement au-delà du simple "feel-good movie". C'est un film à la justesse impeccable et à la maîtrise beaucoup plus importante qu'elle n'osera jamais le prétendre. Fait avec peu de moyens, mais avec beaucoup de volonté, voilà un petit film qui fait beaucoup et qui répercussionne longtemps et auquel la multiplication d'écoute ne fait qu'en enrichir la portée. À voir et revoir pour tomber continuellement sous le charme.


Cotes

Film9
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio8