A Boy and His Dog
First Run Features

Réalisateur: L.Q. Jones
Année: 1975
Classification: NR
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 21
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
20 décembre 2003

CHIEN, n. (lat. canis): mammifère pas si domestique, doté d'une course rapide (quand ça lui chante), d'un excellent odorat et d'une intelligence supérieure, qui communique par télépathie, connaît le latin, manie l'ironie, le sarcasme, et dont la spécialité consiste à détecter de possibles partenaires sexuels pour son maître.

Non non, cette définition n'est pas du Petit Larousse, mais de votre humble serviteur et elle décrit à merveille Blood, non seulement le compagnon quadrupède, mais aussi le mentor de Vic, dans le film culte post-apocalyptique de L.Q. Jones, qui a par la suite influencé d'autres productions du genre, telles Mad Max et The Road Warrior.

En 2024, quelque temps après que la quatrième guerre mondiale eut dévasté la planète, Vic (Don Johnson), un jeune homme qui a constamment les hormones en folie et Blood (Tiger dans The Brady Bunch) son chien télépathe, mènent au jour le jour une existence précaire qui consiste essentiellement à chercher de la nourriture et des femmes sur qui Vic pourrait assouvir ses bas instincts, tout en évitant de se faire trucider par les bandes rivales qui écument ce désert sans lois. Quand Vic rencontre la séduisante Quilla June (Susanne Benton), son entrejambe prend le dessus sur son cerveau et, ignorant les avertissements de Blood, il suit celle-ci dans la colonie souterraine de Topeka, une communauté totalitaire bizarre, sorte de croisement entre Norman Rockwell et The Twilight Zone, dirigée par Craddock (Jason Robards) et son "Comité". Les hommes de Topeka étant stériles, Craddock annonce à Vic qu'il n'est pas là par hasard, mais qu'il a été choisi pour féconder 35 jeunes femmes. Vic trouve que c'est une sacrée bonne idée jusqu'à ce qu'il se retrouve attaché, "l'outil de travail" connecté à une machine. Pendant ce temps, Blood lui, attend patiemment au-dessus.

Il aura fallu cinq ans à L.Q. Jones, beaucoup plus connu comme acteur (The Mask of Zorro, mais surtout par ses collaborations avec Sam Peckinpah) que comme directeur, pour mener ce projet à terme. Pas d'orgie d'effets spéciaux, décors extérieurs minimalistes, petit budget donc, d'où la nécessité d'un scénario efficace basé sur l'histoire et les personnages principaux. Puisque l'intérêt découle presque entièrement de la relation entre Vic et son chien "parlant", il faut y croire dès les premières minutes et ça marche, on est immédiatement accroché. Don Johnson est enthousiaste et convaincant dans son rôle d'ado grossier et immoral qui ne pense qu'au sexe et Blood (la voix de Tim McIntyre acteur/musicien qui a aussi composé et qui interprète la chanson thème) est étonnant. Il bouge et agit comme s'il conversait vraiment avec Vic et on ne le voit jamais chercher son dresseur de l'oeil. Ce dernier doit donc être félicité pour son travail remarquable. Les dialogues truculents entre Vic et Blood (bien qu'adaptés par L.Q. Jones) font honneur à l'humour corrosif et à la plume mordante de Harlan Ellison, enfant terrible de la littérature américaine, auteur de 75 livres, et de plus de 1,700 nouvelles, essais et articles de journaux. Il suffit de voir la scène où Blood, étendu sur le dos, passe le temps en conjuguant d'une voix désabusée le verbe copuler pendant qu'à côté, Vic s'adonne à une partie de jambes en l'air. Hilarant. Il ne fait aucun doute qu'ici, Blood est le plus intelligent des deux. Malheureusement, la force du film est aussi sa faiblesse et celui-ci s'essouffle dans le dernier tiers, malgré la présence allumée de Jason Robards (de qui on doit la participation à la "connexion Peckinpah"), à cause de l'absence de Blood à Topeka.

Techniquement parlant, la présentation vidéo laisse à désirer. Les couleurs, surtout dans les scènes extérieures ont souvent un aspect délavé et la pellicule comporte de nombreuses taches et égratignures. Il s'agirait ici du même transfert utilisé précédemment pour le laserdisc. La bande sonore en Dolby Digital stéréo est adéquate, sans plus. Les menus, simples et faciles à naviguer, sont accompagnés de la chanson thème du film.

Comme suppléments, on retrouve une piste de commentaires fort intéressante avec comme protagonistes, le réalisateur L.Q. Jones, le directeur photo John Morrill et le critique du L.A. Times Charles Champlin. Jones en particulier, est un fin raconteur et son propos mélange adroitement anecdotes et détails sur la production. Le DVD comporte aussi la très bizarre bande-annonce originale du film (qui fait penser à The Clockwork Orange), ainsi que celle plus conventionnelle et réalisée plus tard, qui capitalise sur le succès culte du film.

Donc, pour paraphraser Jones, "A Boy and His Dog" n'est pas le meilleur ni le pire film de science-fiction jamais réalisé. Il est cependant l'un des plus distinctif et original et mérite sa place au sein du panthéon des films cultes. Ce à quoi Blood répondrait sûrement "wouf!". Désolé, il n'y a que Vic qui pourrait traduire.


Cotes

Film7
Menu6
Suppléments6
Vidéo5
Audio6