Adam Resurrected
Mongrel Media

Réalisateur: Paul Schrader
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 19
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159042312

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 avril 2010

Transposition casse-gueule d'un roman jugé inadaptable de Yoram Kaniuk, "Adam Resurrected" du cinéaste Paul Scharader fascine et rebute tout à la fois, présentant un Jeff Goldblum au sommet de son art qui n'est toutefois pas capable de faire oublier certaines lacunes du scénario.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Adam Stein (Goldblum) était un artiste de haut niveau qui s'occupait d'un cirque à Berlin. Maintenant en 1961, il se retrouve dans un hôpital psychiatrique qui aide les survivants de l'Holocauste à se rétablir. Toujours aussi populaire au sein de son entourage, l'homme repense à son passé, à sa famille et aux traitements infligés par le Commandant Klein (Willem Dafoe).

Il y a parfois des livres qui ne devraient jamais être adaptés au cinéma. "Adam Resurrected" est un de ceux-là tant le passage entre les époques se veut omniprésent. En plus de s'intéresser aux terribles répercussions de ce conflit, l'histoire pénètre la tête de son héros, lui faisant revivre maintes souffrances. Cela donne justement au récit un côté onirique, une étrangeté qui est la bienvenue. Cette hallucination dynamise les situations, évitant généralement les nombreux sentiers battus qui sont presque inhérents au genre.

Pourtant, à mi-chemin, l'ensemble s'enlise quelque peu. À force d'user de métaphores et de symboles, le long-métrage ambitieux explore un peu maladroitement une proposition qui en fera parler plus d'un, osant comparer des prisonniers à des chiens, montrant comment ce traitement aura de fâcheuses conséquences. Tout cela n'est que de la fiction, bien évidemment, mais l'idée est loin d'être saugrenue. Sauf que cet aspect est utilisé un peu inégalement, par la bande plutôt que d'y aller de front et de traiter autre chose par la suite. Une mini déception, car la mise en scène de Schrader s'avère solide, tout comme l'interprétation d'ensemble (Dafoe, Derek Jacobi, Moritz Bleibtreu, etc.) qui est dominée par Jeff Goldblum qui trouve aisément un de ses meilleurs rôles en carrière.

La belle partition musicale de Gabriel Yared mélange les cordes aux notes de piano, demeurant parfois un peu trop présente. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 restitue aisément quelques bruits communs, dont les grognements canins et les applaudissements d'une foule. Les voix s'entendent sans difficulté, et il y a de corrects sous-titres blancs en anglais ou en espagnols qui se perdent parfois à l'écran. L'image tend à être blanchâtre, envahie par le grain ou le blocage. Cela n'empêche pas les couleurs de séduire par leur côté vieillot et les contrastes de s'avérer juste malgré leur imperfectibilité. Lors des ellipses chronologiques, le noir et blanc impressionne par sa définition.

La pochette blanche surplombée par l'emblème nazi présente quelques protagonistes. Le menu principal du DVD offre un montage de scènes sur une mélodie sobre. Si l'ouvrage est loin d'être aussi mémorable qu'espéré, les suppléments le sont. Il y a tout d'abord un intéressant documentaire de 24 minutes sur le tournage où le réalisateur et les comédiens abordent leurs personnages et leurs motivations, levant le voile sur des trucages et même une journée au quotidien. Il y a ensuite près de 10 minutes de moments retranchés. Ces séquences se veulent beaucoup plus explicatives, quoique leur usage ne soit pas réellement nécessaire. Une longue session questions/réponses de 72 minutes provenant du Festival international de Haifa permet à Paul Schrader, à Yoram Kaniuk et au producteur Ehud Bleiberg de discuter en détail des thèmes, de l'apport au réel et de la difficulté de passer de la littérature au septième art. Le tout est complété par une bande-annonce une très détaillée piste de commentaires du cinéaste qui, sans nécessairement suivre ce qui se déroule à l'écran, alterne anecdotes et informations essentielles. Des bonus en or comme il y en a trop peu sur les éditions régulières.

Plus une curiosité qu'un titre pleinement abouti, "Adam Resurrected" possède la matière première pour devenir un grand film. Surtout qu'il met en vedette un formidable Jeff Goldblum qui a littéralement l'œuvre sur ses épaules. Bien que sa prestation soit exemplaire, la progression ne tient pas toutes ses promesses, donnant au final un récit imparfait mais pas dénué d'intérêt, qui mérite peut-être d'un vu, mais surtout d'être lu.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments9
Vidéo6
Audio7