Adam & Steve
TLA Releasing

Réalisateur: Craig Chester
Année: 2006
Classification:
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
1er avril 2007

Les productions indépendantes ont certainement de plus en plus de mal à se démener dans un paysage cinématographique où dominent les gros studios. Heureusement, des compagnies telles que TLA Releasing et ses partenaires continuent de nous proposer ces petits films qui sont loin des budgets d'Hollywood. C'est avec plaisir que nous vous proposons, en collaboration avec TLA Releasing, de découvrir régulièrement ces productions qui recèlent assez souvent de belles surprises. J'en profite aussi pour remercier la compagnie TLA Releasing de la confiance qu'ils veulent bien nous donner en nous permettant de recevoir leurs titres. Pour les reconnaître, regardez simplement le nom de l'éditeur sous le titre du film, en haut à gauche de la page de la critique.

"Adam & Steve" est une histoire d'amour assez chaotique, mais qui pourrait facilement arriver avec les relations furtives et les rencontres d'un soir qui sont de plus en plus présentes. À la fin des années 80, Adam est un jeune homosexuel mal dans sa peau et surtout à la recherche d'une identité. Un soir, il rencontre un danseur de boîte disco, Steve, qui a certainement plus d'atouts virils que de perfection dans ses mouvements sur scène. Intoxiqués d'alcool et de drogue, la rencontre se terminera abruptement quelques heures plus tard dans l'appartement d'Adam (je vous passe les détails digestifs de la raison). Ayant utilisé des noms d'emprunt, ils ne se connaissent pas. Mais la situation ayant été tellement embarrassante, ils n'ont certainement pas envie de se revoir de sitôt.

Dix-sept ans ont passé. On retrouve Adam sur la même musique que ce fameux soir. Les tenues ont changé, les coupes de cheveux aussi. Mais Adam ne semble pas plus fixé sur son existence. Un jour, il blesse son chien avec un couteau. Il court, en slip avec l'animal dans les bras, jusqu'au premier hôpital qu'il trouve. Un beau chirurgien acceptera de s'en occuper et les deux hommes vont découvrir une autre passion entre eux: l'amour. Et c'est comme s'ils étaient faits l'un pour l'autre. Les jours, les semaines et les mois s'écoulèrent tranquillement jusqu'à cette promenade sur le pont de Brooklyn qui va leur rappeler à tous les deux une fameuse soirée d'il y a bien longtemps. Sans le savoir, Adam et Steve s'étaient bien retrouvés et ils ne s'étaient pas reconnus. Le passé aura-t-il main mise sur le présent?

Peut-être un peu invraisemblable, cette histoire n'est pas forcément mauvaise. La vie new-yorkaise est certainement assez stressante pour qu'on dévisage chaque personne que l'on croise. Les seconds rôles sont tenus ici par des acteurs plus connus, tels que Parker Posey (Superman Returns), qui nous gratifie au début d'un personnage plus rondouillard, grâce à une tenue en latex, mais aussi Chris Kattan (Saturday Night Live), Julie Hagerty (Airplane!) et Paul Sand, un habitué des séries télévisées.

L'édition que nous propose TLA Releasing est relativement complète et de bonne qualité. Les images au format panoramique manquent peut-être un peu de précision et les scènes sombres le sont justement un peu trop. Mais dans l'ensemble, c'est convenable pour un film tourné en 16 mm. Les pistes sonores sont agréables, surtout la version 5.1 pour les scènes musicales. La page de menu principal est animée avec des extraits et sonorisée, alors que les pages secondaires sont fixes et muettes.

En guise de suppléments, nous avons tout d'abord une piste de commentaires avec le réalisateur Crag Chester (qui joue aussi Adam), l'acteur Malcolm Gets et le producteur George Bendele. Malgré un petit problème de qualité sonore qui oblige à tendre l'oreille pour comprendre les dialogues, cette piste nous apporte plusieurs anecdotes supplémentaires. Bien entendu, on sera curieux d'en apprendre un peu plus sur "la" fameuse scène dans l'appartement et les procédés utilisés pour son tournage, somme toute plutôt simples, mais du genre efficace à l'image. On peut ensuite visionner un documentaire de production "The Making of Adam & Steve". La première remarque qui m'est venue en tête concernait l'image de Chester et Gets, qui paraissent bien différents que dans le film, qui a été tourné il y a à peine trois ans. De toute évidence récent, ce petit film nous les montre pas mal plus vieux, avec une barbe pour l'un (Chester) et des cheveux courts châtain foncé pour l'autre (Steve). Certes, ils ne vont pas toujours ressembler à leurs personnages, mais ça surprend un peu. Pour le reste des 25 minutes du documentaire, nous avons droit à de nombreuses scènes de derrière la caméra, mais aussi des interventions d'autres membres de l'équipe.

S'en suivent plus de 17 minutes de scènes supprimées. Leur importance est dans l'ensemble négligeable, quoiqu'il puisse être intéressant de les rapprocher de leur point d'insertion pour en juger efficacement. Mais mis ainsi bout à bout, sans identification, il est un peu difficile d'en juger. Une piste de commentaires du réalisateur est optionnelle sur ce supplément. On poursuit avec environ sept minutes de scènes ratées, principalement composées de fous rires. Même si l'intérêt est toujours très limité, le rire est toujours un peu communicatif. Pas dans toutes les scènes par contre. Un dernier supplément qui en intéressera peut-être plusieurs parmi vous, c'est tout simplement une vidéo pour apprendre la danse du "Shit Happens", une des scènes importantes du film, où Adam et Steve s'opposent dans une danse carrée très country. Le chorégraphe Troy Christian nous montre, en privé pour commencer puis avec toute la troupe ensuite, le pas qu'il faut exécuter pour réussir cette danse. Le documentaire se poursuit par les séances de répétitions puis du tournage. Il y a aussi la bande-annonce originale.

"Adam & Steve" est un film intéressant à découvrir, à condition que ce type d'histoire et surtout le type de relation ne nous rebute pas. Il n'y a rien de bien méchant malgré tout, à part l'histoire dans son ensemble qui pourrait faire sourire ou réfléchir. Appuyé par des seconds rôles de bonne facture, voilà un petit film indépendant qui n'a rien à envier à certains titres plus connus.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo7
Audio8