Adventures of Priscilla Queen of the Desert
Extra Frills Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Stephan Elliott
Année: 1994
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51), Fraçais (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
3 juin 2007

Que diriez-vous de vous divertir les yeux et l'esprit? C'est exactement ce que nous allons faire ici, car certaines œuvres doivent être regardées au-delà du sujet qu'elles arborent. Sans contexte, "The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert" doit entrer dans cette catégorie. Et quelle que soit la vie que nous menons, nous avons tous un besoin d'aventure et de redécouverte de soi.

"The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert" est un film australien de 1994, réalisé et écrit par Stephan Elliott. Ne cherchez pas beaucoup ses réalisations, elles sont limitées depuis ce film. En 1999, il nous a pourtant offert Eye of the Beholder avec Ewan McGregor. Il s'est remis à la réalisation en 2007 avec deux productions à venir. Pour revenir au film qui nous concerne ici, il raconte l'histoire de trois homosexuels (deux drags queens et un transsexuel), artistes de cabarets, qui vont se retrouver embarqués dans un voyage au centre du pays afin d'aller voir des spectacles dans un hôtel tenu par l'ex-femme de l'un d'eux. Le voyage sera surtout l'occasion de regarder la vie différemment, de rencontrer d'autres personnes et peut-être de commencer une autre vie. Rien de tel qu'un bon "road trip" pour se changer les idées.

Anthony "Tick" Belrose (Hugo Weaving) est plus connu dans le métier sous le pseudonyme de Mitzi DelBra, une chanteuse travestie que l'on aperçoit dans certains cabarets homosexuels de Sydney. Tick n'est apparemment pas très heureux de son existence. Un jour, il reçoit un appel téléphonique de Marion, son ex-femme qu'il a cachée à tout le monde. Elle gère un grand hôtel casino à Alice Springs, en plein cœur du continent, dans le désert. Mitzi téléphone alors à Ralph (Terence Stamp), qui ne se fait appeler que par Bernadette Bassenger. C'est un transsexuel en phase finale. Un malheur vient d'arriver dans sa vie. "Trompette", son ami de cœur, vient de mourir bêtement. Il est désespéré. Malgré la douleur, il accepte de partir avec son ami Tick. C'est alors qu'un troisième personnage est dévoilé: Adam Whitely (Guy Pierce), de son nom de scène Felicia Jollygoodfellow. Exubérant et complètement extraverti, c'est l'opposé complet de Bernadette et les étincelles fuseront, du moins au début. Mais Adam a de riches parents. Il va acheter un vieil autobus qui va être leur moyen de transport et logement durant le long voyage de plusieurs milliers de kilomètres. Et ce sera aussi le moyen de se comprendre et de se découvrir. Ils traverseront des paysages fabuleux, des villages très rustiques et feront la rencontre d'êtres beaucoup moins superficiels que les habitants de la grande ville de Sydney. Tick retrouvera son ex-femme et son fils, Bernadette retrouvera l'amour et Adam, lui, restera Adam!

Si Hugo Weaving, désormais célèbre dans le monde entier par ses rôles dans les trilogies de The Matrix et de The Lord of the Rings, et Guy Pierce, lui aussi maintenant reconnu suite à L.A. Confidential et Memento, se fondent bien dans leur personnage de drag queen un peu déjantée, la surprise vient très certainement de Terence Stamp, à mille lieues de ce type de rôle. Et pourtant, il s'en sort très bien. Trop bien peut-être. À sa sortie, le film a créé comme une énorme frénésie, notamment à Cannes. S'il est l'un des plus gros succès du box-office australien, il le doit peut-être aussi à son Oscar pour les meilleurs costumes, qu'il mérite amplement. Il est impossible de décrire l'imagination débordante de Lizzy Gardiner et Tim Chappel sans le voir. Que dire de cette robe que porte Mitzi lors d'une descente de magasinage, entièrement faite avec des "gougounes" (des tongues, pour nos lecteurs hors du Québec)? Stupéfiant! Ne serait-ce que pour les costumes, le film vaut déjà d'être vu. Sans oublier les nombreuses plages musicales du répertoire disco. Depuis, il est devenu comme une sorte de référence dans le milieu du cinéma, et pas seulement du cinéma gay.

À l'occasion de cette nouvelle édition baptisée "Extra Frills Edition", MGM nous offre un produit qui fera certainement plaisir aux nombreux admirateurs et, je l'espère, permettra à ceux qui ne connaissent pas, de le découvrir. On notera un emballage de circonstance, avec un "o-ring" de carton où dominent des plumes d'autruche roses d'où n'émergent que des yeux fortement maquillés. Le nom de Priscilla est en relief et agrémenté de paillettes réfléchissantes. Une fois retiré cet emballage, on découvre un boîtier d'une rose fluo renfermant le disque et un petit livret de huit pages retraçant l'histoire du film. La qualité des images est bonne, sans être malheureusement excellente. Si l'ensemble est clair et plutôt bien saturé, on a parfois droit à des artefacts et des signes de compression, surtout dans les scènes très sombres. Du côté des pistes sonores, c'est presque un buffet. Mais il faut regarder sur le boîtier et non sur l'emballage de carton pour avoir le bon menu. Il y a bien trois pistes, dont deux anglaises (DTS et Dolby Digital 5.1). On appréciera surtout ces capacités sonores pour les parties musicales, car pour les autres scènes, les effets sont assez limités par le scénario. Pour ce qui est des menus, la page principale est animée par des rotations des personnages en costumes sur fond de désert australien, le tout accompagné d'une musique d'opéra. Les autres pages sont beaucoup plus simples.

Contrairement au petit autocollant que l'on peut trouver sur l'emballage, il n'y a quand même pas des "heures" de suppléments. On trouve quand même une piste de commentaires par le réalisateur Stephan Elliott. Ses propos font un peu double emploi avec une partie des suppléments, puisqu'il est pratiquement le seul présent dans ces bonis. On ne sera pas surpris de savoir que l'on apprend beaucoup de choses sur l'histoire du film et sur le tournage avec toutes ses interventions. Puis nous pouvons voir un documentaire de production, "Birth of a Queen". D'une durée d'environ 30 minutes, il s'agit plutôt d'un entretien filmé avec le réalisateur, entrecoupé de nombreuses séquences du film. Nous avons ensuite quatre scènes supprimées. Il s'agit la plupart du temps d'extensions de scènes existantes dans le film. Un court texte nous explique pour débuter pourquoi la scène n'est pas dans le film. Dans "Tidbits from the Set", nous devons choisir à partir d'une image certaines breloques portées par les personnages de la photo et nous avons alors l'un des membres de l'équipe (réalisateur, producteurs, acteurs) qui répondent à une question qui est écrite en surimpression. Ce sont des images qui datent du tournage du film. Si le réalisateur fait jeune, il n'avait que 28 ans au moment du tournage. Segment intéressant, mais beaucoup trop court. On ne peut passer à côté des scènes ratées. Avec une qualité d'image assez mauvaise, nous avons droit à une dizaine de minutes de scènes manquées ou pas retenues au montage. Et finalement, avant les bandes-annonces originales, un beau diaporama d'une soixantaine de photos prises lors du tournage. À regarder sur un grand écran pour bien les apprécier. Certaines sont vraiment très belles, et l'ensemble serait très bien dans un album. Il est un peu dommage que les autres acteurs ne soient pas présents dans ces suppléments, surtout qu'il s'agit selon moi d'un film important pour chacun d'eux.

Il faut savoir que Priscilla est en fait le nom qu'Adam a donné à l'autobus. Du coup, la traduction française du titre "Priscilla, la folle du désert" perd un peu de son sens comparé à "reine". Surtout lors de quelques scènes mémorables où Adam justement, juché sur le toit du véhicule, mime une musique d'opéra avec un immense voile satiné qui donne une sorte de magie à l'autobus qui roule dans le désert. Une vraie reine, mais pas une folle. Quant aux musiques, elles sont typiques de ce genre de film, d'"I Will Survive" aux succès d'Abba, n'en déplaise à Bernadette. Voilà un film qui se laisse voir et revoir facilement. L'évolution des personnages associée à des paysages grandioses qui invitent au voyage, tout y est bien stimulant. Un film qui pourrait faire remonter le sujet parfois tabou dans l'intérêt de plusieurs personnes. Finalement, on ne vous demande de porter une des robes. Quoique. Pour le fun...


Cotes

Film9
Présentation4
Suppléments6
Vidéo8
Audio9