The Adventurers
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Lewis Gilbert
Année: 1970
Classification: 14A
Durée: 177 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
26 juillet 2005

"The Adventurers" est une longue saga qui se déroule en partie au Corteguay en Amérique du Sud. Au fait, si vous cherchez ce pays dans un livre de géographie vous ne le trouverez jamais puisqu'il n'existe pas. C'est l'histoire d'un jeune garçon appelé Diogenes Alejandro 'Dax' Xenos (Bekim Fehmiu) qui échappe de justesse à la mort en se cachant, mais en même temps il sera témoin du cruel assassinat de sa mère (Roberta Haynes) et de sa sœur Rosa (Zienia Merton). Plus tard, ce sera autour de son père Jaime Xenos (Fernando Rey) d'être tué sur l'ordre d'un ami, le président Rojo (Alan Badel). Le jeune gamin grandira avec la vengeance dans la peau, il sera protégé une bonne partie de sa vie par Fat Cat (Ernest Borgnine), un homme qui lui est totalement dévoué. Dax Xenos partira par la suite vers l'Europe et deviendra l'un des play-boys les plus en vue de l'aristocratie européenne...

Ce film est tiré d'un récit d'Harold Robbins, un auteur très imagé dans sa forme d'écriture ce qui est un atout énorme pour tout réalisateur lorsque vient le temps de mettre sur pellicule les nombreuses phrases du livre. D'ailleurs, il a écrit beaucoup de best-sellers qui ont fait l'objet de plusieurs productions cinématographiques dont notamment Never Love A Stranger mettant en vedette John Drew Barrymore et Steve McQueen, King Creole, une histoire extraite du roman A Stone for Danny Fisher où le personnage est celui d'un boxeur plutôt que d'un chanteur de cabaret, interprété avec brio par Elvis Presley qui joue ici l'un des plus beaux rôles de sa carrière. Et que dire de son The Carpetbaggers dont l'un de ses personnages appelé Nevada Smith est joué par Alan Ladd et qui deviendra à son tour un film des plus populaires en 1966 , mettant en vedette encore une fois le grand Steve McQueen.

Mais revenons à nos moutons, le roman de Robbins The Adventurers publié en 1966 est une histoire très captivante remplie de rebondissements. Malheureusement, le réalisateur britannique Lewis Gilbert n'a pas été en mesure de capter convenablement sur pellicule toute la profondeur des manigances politiques, le désarroi du jeune homme et sa vengeance qui le tiraille intérieurement que nous retrouvons si explicitement dans ce livre. La mise en scène grossière de Gilbert, amalgamée à la piètre performance des comédiens, nous amène à mieux comprendre aujourd'hui le cuisant échec commercial de cette production cinématographique lors de sa sortie en 1970.

Néanmoins, ce film possède un générique riche en noms, voyez par vous-même... l'acteur yougoslave Bekim Fehmiu devenu internationalement connu en 1968 grâce à sa magnifique prestation d'Ulysse dans la minisérie italienne Odissea, Candice Bergen, Charles Aznavour, Ernerst Borgnine, Alan Badel, Fernando Rey, Olivia de Havilland, Rossano Brazzi, John Ireland et j'en passe. Malgré cela, tous ces acteurs prestigieux n'ont pas réussi à sauver de la dérive ce film qui avait pourtant beaucoup de potentiel.

Toutefois pour moi ce film est raté. Le montage est inexistant, on assiste à un défilement de segments épisodiques sans âme tout au long du récit. C'est ainsi que les péripéties des héros sont plus incongrues les unes des autres. Le spectaculaire et le romanesque sans réflexion aboutissent à un usage malsain et racoleur de l'histoire et ne parviennent même pas à reproduire une once de la tension dramatique du fabuleux roman d'Harold Robbins.

La qualité d'image est douteuse, le transfert a été réalisé à partir d'un interpositif de qualité médiocre amenant comme résultat des taches et des égratignures plus qu'apparentes sur la pellicule. La définition est acceptable, sans toutefois être optimale. De façon générale, les détails sont assez bien rendus, par contre, certains arrière-plans souffrent de netteté. Les couleurs ont une apparence naturelle, mais celles-ci manquent légèrement de brillance et de saturation. Les teintes de peau ont relativement une apparence naturelle mais tendent parfois vers le pastel ce qui donne de temps à autre un rendu fade. La bande-son anglaise Dolby Digital 5.1 est en fait un re-mixage produit à partir de la matrice originale. Ce nouveau mixage confère à l'espace sonore une spatialité et un dynamisme acceptable, sans plus. Les dialogues sont nets et intelligibles.

En somme, ce très long film du réalisateur anglais Lewis Gilbert, connu pour son extraordinaire travail dans d'innombrables productions cinématographiques de la série James Bond, rate vraisemblablement son coup avec "The Adventurers", et ce, malgré la présence d'acteurs de talents et d'un budget considérable. La conclusion est simple, un film trop long et une histoire affreusement ennuyante qui semble mener nulle part. Un film à éviter.


Cotes

Film4
Présentation1
Suppléments-
Vidéo5
Audio5