Afterwards
E1 Entertainment / Les Films Christal

Réalisateur: Gilles Bourdos
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212100413

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
10 novembre 2009

La mort est le personnage principal de "Afterwards" ("Et après" en version originale), un drame beaucoup trop romancé et kitch qui comporte cependant de très belles images et une exquise trame sonore.

Un avocat influent de New York (Romain Duris) est entraîné dans une quête existentielle par un médecin (John Malkovich) qui est capable de prédire la mort des gens. S'il ne le croit pas lors de leurs premières rencontres, le jeune homme se rend à l'évidence que son nouvel ami dit vrai, ce qui l'obligera à faire passer sa famille avant son travail en retournant au bercail pour prendre soin de sa fille et de son ancienne femme (Evangeline Lilly).

En compagnie du scénariste et cinéaste Michel Spinosa (auteur de l'excellent Anna M.), le réalisateur Gilles Bourdos a pondu une histoire surnaturelle, sorte de récit de Cassandre des temps modernes où le héros se sent impuissant devant le décès des gens qui l'entourent. Cette trame narrative aurait pu fonctionner dans des mains plus habiles. Malheureusement, ce n'est pas le cas ici. La progression est lourde, répétitive et moralisatrice, et les comédiens pas toujours bien dirigés semblent terriblement s'ennuyer (pauvre John Malkovich qui baille aux corneilles, alors que Romain Duris n'aura jamais aussi ressemblé à Melvil Poupaud). Surtout que le traitement du metteur en scène, ponctué d'ellipses temporelles et de ralentis, cherche ardemment à soutirer des larmes dans les dernières séquences. C'est manipulateur, jamais très subtile et cela ne fonctionne pas!

En revanche, il a fait appel au talentueux cinématographe Mark Ping Bing Lee qui soigne à l'excès sa photographie, créant de la poésie et de l'art à partir d'un sujet dont la proposition aurait pu être beaucoup plus riche et puissante. Comme le précédent Inquiétudes du même Bourdos, la beauté picturale prend rapidement le dessus sur le reste, ce qui se répercute sur les images extrêmement détaillées, les très jolies couleurs et les contrastes pas trop sombres. Du blocage subsiste, ce qui est toujours un peu dommage.

Les splendides airs mélodiques de piano d'Alexandre Desplat sont utilisés avec beaucoup trop de sirop, devenant rapidement collants. Les pistes sonores audio, efficaces dans leur façon de faire ressortir des cris d'oiseaux et des bruits de métros ou de klaxons, ne passeront pas à l'histoire. Elles n'entravent jamais trop les voix qui auraient pu être un poil plus élevées. Bien que le protagoniste ne maîtrise pas toujours les mots Shakespeare, mieux vaut regarder le tout dans la langue originale anglaise (et insérer de très jolis sous-titres blancs au besoin) puisque la traduction francophone n'est pas toujours à la hauteur.

La pochette extrêmement kitch donne rapidement le ton avec ses halos blancs qui entourent les différents personnages. Le menu principal du DVD superpose un langoureux montage de scènes à une douce mélodie. Encore une fois, le trop plein de bons sentiments se fait ressentir. Aucun supplément n'est disponible, hormis quelques bandes-annonces variées.

"Afterwards" peut rappeler l'ennuyant et prétentieux Meet Joe Black, ce qui n'est jamais une bonne chose. Le pensum aimerait tellement toucher une corde sensible chez le spectateur qu'il en devient lourd. Surtout que son pseudo suspense ne fonctionne guère et que le sujet ne semble jamais habiter les comédiens. Reste des images jolies, mais vides, qui représentent peut-être cette éternité lorsque le corps passe de vie à trépas...


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments1
Vidéo8
Audio7