Alexander the Great
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Robert Rossen
Année: 1956
Classification: G
Durée: 136 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Français (Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais, Chinois, Coréen, Thaïlandais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
16 octobre 2004

Le cinéma américain des années cinquante fut l'âge d'or du péplum. Nous n'avons qu'à penser à des superproductions cinématographiques tels Samson and Delilah (1949), Quo Vadis (1951), Julius Caesar (1953), The Robe (1953), Ben-Hur (1959), la liste n'en finit plus.

"Alexander the Great" raconte l'histoire d'Alexandre III le Grand, fils d'Olympias et de Philippe II de Macédoine. Né en 356 avant Jésus-Christ, il était surnommé Iris en raison d'une évidente hétérochromie, c'est-à-dire une différence de couleur entre l'iris des deux yeux. Dès son jeune âge, il reçoit une solide formation tant militaire que politique, faisant de lui l'un des premiers grands chefs militaires et des plus illustres tacticiens de l'histoire. Il est aussi initié à la pensée grecque par le philosophe Aristote qui le nourrit d'Homère et d'Euripide. Puis il part à la conquête du monde et ne subira jamais la défaite. Le 13 juin 323 av. J.-C., à l'âge de 32 ans, alors qu'il projette de nouvelles conquêtes, il est emporté par une crise de malaria. Après avoir régné pendant 13 ans sur le monde, ce rude et habile guerrier avait créé le plus vaste empire jamais conquis et diffusé la culture grecque dans tout le monde connu.

Richard Burton est épatant dans ce rôle d'Alexandre le Grand et démontre qu'il était définitivement la nouvelle grande figure d'Hollywood des années cinquante. Les autres acteurs sont également excellents. À commencer par la magnifique Claire Bloom (Barsine) qui nous livre une composition très juste et émouvante. Fredric March (Philippe II de Macédoine) démontre pareillement un talent inouï, il est dramatique et prenant. Il ne faudrait pas oublier non plus la comédienne française Danielle Darrieux (Olympias) dans toute sa splendeur, Peter Cushing (Memnon) célèbre acteur de films d'épouvantes, Harry Andrews (Darius) magnifiquement théâtral, Stanley Baker (Attalus) en soldat laconique et Peter Wyngarde (Pausanias) acteur fort populaire de la télévision britannique, vedette de Department S et Jason King, et qui avait également auditionné, sans succès, pour le rôle principal d'Alexandre, les producteurs estimant Richard Burton plus adéquat pour le rôle.

Réalisé en 1956 par Robert Rossen "Alexander the Great" est un grand film épique qui a un peu mal vieilli. La violence est concrète bien que minimisée par la maladresse de Rossen où nous sentons une certaine gaucherie dans les séquences d'action qui sont banales et très mal chorégraphiées, le transformant plutôt en une grosse production excessivement théâtrale. Robert Rossen s'est attaqué au mythique Alexandre le Grand avec un manque de rythme flagrant. Le verbiage pompeux noie la cadence de cette histoire fabuleuse et nous donne souvent l'envie de sauter certains chapitres monotones.

Cette superproduction renoue avec l'antiquité, non par un procédé numérique, par ordinateur, tel qu'on le voit aujourd'hui, mais avec les moyens de l'époque. On recrée littéralement les décors grandeur nature, étincelants de richesse et on emploie des milliers de figurants. La majeure partie du budget est donc engloutie dans la verticalité vertigineuse de ces monuments beaucoup trop somptueux, qui écrasent les acteurs tout comme ils écrasent les spectateurs. Les figurants, tous magnifiquement costumés, y sont très nombreux, mais malheureusement mal exploités par le réalisateur puisque la plupart du temps ils ne font que parader et demeurant droits comme des piquets, devant la caméra.

L'interpositif utilisé pour ce transfert est relativement en bonne condition, mais sans plus. Certains plans paraissent plus doux que d'autres. Le niveau des textures manque parfois de finesse et de netteté. Cependant, ce problème est relativement mineur, puisqu'il n'affecte que les plans d'ensemble. Les gros plans demeurent convenablement définis. La photographie est splendide. Les couleurs ont une apparence naturelle, mais manquent légèrement de brillance et de saturation. Les teintes de peau ont également une apparence naturelle. La luminance est stable et correctement ajustée, par contre les contrastes manquent légèrement de mordant et auraient gagné à être accentués. Les teintes de peau demeurent en permanence justes et naturelles. Les parties sombres, abondantes dans le film, sont impeccables et bien dégradées, alors que les noirs sont solides et profonds. Aucune trace de fourmillement n'est perceptible.

Le dynamisme sonore du film en monophonique est limité, mais malgré cela, les dialogues sont bien rendus et toujours intelligibles. Au niveau des suppléments, c'est le strict minimum, en la présence d'une bande-annonce typiquement de l'époque avec de gros titres très ronflants et mélodramatiques.

"Alexander the Great" est une édition DVD de bonne qualité technique dans son ensemble, la restauration de l'image et du son s'avère fort satisfaisante pour un film de 1956. Certes le film de Rossen manque de magie, engoncé dans des palabres peu passionnantes qui n'en finissent plus. Un grand classique du cinéma qui n'a pas répondu à mes attentes, mais qui répondra peut-être aux vôtres si vous aimez l'action statique et les contenus bavards.


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