Alice Doesn't Live Here Anymore
Warner Home Video

Réalisateur: Martin Scorsese
Année: 1974
Classification: PG
Durée: 112 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 33
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
21 août 2004

Martin Scorcese est surtout reconnu pour ses films décrivant des êtres marginaux vivant des fruits d'activités illégales dont l'action se passe généralement dans les rues de New York. D'ailleurs, les Taxi Driver, Mean Streets et Goodfellas en sont des exemples probants et sont devenus au fil des années ses films de signature.

En 1975, Martin Scorcese réalisa un petit "Road Movie" qui prend racine dans le Sud-ouest américain et qui est diamétralement opposé au genre qui a rendu le cinéaste emblématique. "Alice Doesn't Live Here Anymore" raconte l'histoire d'une femme, d'Alice Hyatt (Ellen Burnstyn), qui se retrouve du jour au lendemain confrontée à une nouvelle réalité. Suite au décès tragique de son mari contrôlant et abusif, elle devra donner un sens à sa vie, trouver des rentrées d'argent pour subvenir à ses besoins et celui de son jeune fils. Elle sillonnera les chemins du Sud-ouest américain à la recherche d'un boulot, préférablement de chanteuse, et tentera ainsi de concilier rêve et réalité. Elle connaîtra une expérience douloureuse en entamant une relation avec un homme marié (Harvey Keitel) expérience qui nous rappelle que l'apparence est souvent trompeuse. Elle dénichera finalement un travail de serveuse chez "Mel's Diner" et fera la rencontre de David (Kris Kristofferson). L'heure des décisions sonnera et elle devra choisir comment concilier toutes les variables de l'équation de sa vie.

Nous reconnaissons la griffe du réalisateur dans sa façon de filmer. Ses plans de caméra de 360 degrés et ses longs plans où on suit les comédiens déambulant dans des corridors ou circulant dans des pièces sont toujours présents. La distribution est encore une fois de première et une mise en scène sobre et efficace nous relève l'immense talent d'Ellen Burnstyn. Ce film est lent et nous donne la latitude nécessaire pour mieux cerner le personnage central. Son voyage à travers les routes du Nouveau-Mexique et de l'Arizona est un pèlerinage vers la découverte d'elle-même et nous permet de constater le changement qui s'exerce subtilement. Cet exercice aurait pu être aride, mais le réalisateur a su greffer des personnages secondaires intéressants ce qui donne des passages vraiment hilarants. À cet effet, l'équipe de serveuses du restaurant est plus encline à vous servir un rire qu'un repas.

L'image de ce film a certes été rematricée, car on a droit à une pellicule exempte de poussières et égratignures et que les couleurs sont belles et nettes, quoiqu'un peu fades. Aucun artéfact de compression n'est apparent sur ce transfert qui se veut une belle réussite. L'audio nous propose deux trames stéréo, soit en anglais et en français. Le débit sonore passe strictement par les canaux avant. Les enceintes arrière et le canal d'extrême basse ne sont absolument pas sollicités. Les dialogues sont facilement audibles et, Dieu merci, l'accent sud-américain n'est pas trop prononcé.

Le menu est statique, sur fond musical et sans grande originalité. La navigation entre les différentes options est élémentaire. En guise de suppléments, on a droit à une trame de commentaires partielle formulée par le réalisateur, Kris Kristofferson, Ellen Burnstyn et Diane Ladd. On apprend comment ce projet est né, l'implication de Mme Burnstyn dans le développement du projet et du casting fait par Martin Scorcese. Diane Ladd nous dévoile ses sources d'inspirations pour son rôle de serveuse, de sa croyance aux miracles avec la naissance de sa fille et sa nomination aux Oscars. Mme Ladd offre de loin les commentaires les plus intéressants de cette trame. Un documentaire intitulé "Second Chance", d'une durée de 24 minutes, reprend un peu les propos couverts dans la trame de commentaires. Il est intéressant de voir comment Martin Scorcese en est arrivé à diriger ce film et de la très grande influence qu'a eue d'Ellen Burnstyn dans tous les aspects du film. La bande-annonce du film complète ce volet.

"Alice Doesn't Live Here Anymore" est un beau film qui n'a pas obtenu le mérite auquel il avait droit. Il est un des premiers à axer son personnage principal sur la femme, à dénuder son âme et nous l'exposer dans sa fragilité et sa complexité et de nous montrer l'immense instinct de survie qu'a le genre féminin. Tantôt dur, tantôt drôle et toujours intéressant, ce film saura plaire aux amateurs d'étude de mœurs et de drame psychologique. Quant aux fanatiques de films d'action, tournez-vous plutôt vers Goodfellas du même réalisateur qui, tout comme celui-ci, vient d'être édité en DVD et qui peut être acheté individuellement ou à même le coffret The Martin Scorcese Collection.


Cotes

Film8
Menu3
Suppléments6
Vidéo7
Audio6