Alpha Dog
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Nick Cassavetes
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 118 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 mai 2007

Nick de la célèbre famille Cassavetes adapte un fait divers morbide en combinant un peu maladroitement humour et tragédie. Extrêmement brouillon et légèrement bizarre, son "Alpha Dog" se regarde à petite dose.

En 1999, le vendeur de drogue Johnny Truelove (Emile Hirsch) et sa gang adolescente kidnappent le jeune Zack (Anton Yelchin) dans l'espoir que son frangin Jake (Ben Foster) rembourse une dette. Au départ, tout le monde est très gentil envers la victime et la gave de stupéfiants et de filles. Mais plus le temps passe et plus la tension augmente, jusqu'au moment où l'irrémédiable se produit.

La lassitude sociale est une thématique familière chez les Cassavetes et c'est cet aspect que le fils de John a voulu explorer à travers ce drame véridique. Sujet explosif s'il en est un que ces grands enfants sans morale qui passent leur temps à s'éclater au détriment de parents absents et égoïstes qui les encouragent très souvent dans cette mauvaise voie. Pour éviter les lieux communs, la facture visuelle s'avère branchée avec des découpages de plans ingénieux, un aspect documentaire et une trame narrative aux multiples ellipses. Un choix qui ne convient pas toujours bien au synopsis qui se perd dans ce flot de personnages secondaires et de répliques douteuses.

Les situations, souvent tirées par les cheveux, empruntent les conventions du film destiné aux 14 à 19 ans avec un langage extrêmement vulgaire (il faut compter le nombre de fois que le mot "fuck" est utilisé), du sexe qui n'est jamais montré et de la violence tempérée. Étrangement, le tout aurait peut-être mieux fonctionné en tant que critique humoristique. L'humour, omniprésent, fait souvent rire de gaucherie, tandis que le drame tourne en rond pour ne jamais s'avérer très crédible. La résolution de l'intrigue provoquera une surprise chez les gens qui ignorent que le tout est tiré d'une histoire vraie, mais la conclusion, inutilement longuette, aurait pu être rétrécie.

L'attrait ou la dérision du spectateur portera sur les épaules d'un Justin Timberlake qui prend des risques pour son image en incarnant un malfrat charismatique. Pourtant, il offre une des meilleures interprétations de ce long-métrage inconsistant qui mélange du potable à du très ordinaire. Dans la première catégorie, Anton Yelchin s'en sort aisément sans forcer la dose. Tout comme les vieux routiers Bruce Willis et Sharon Stone qui sont d'une nature cosmétique. Le reste, terriblement quelconque, mélange cabotinage à outrance (Ben Foster) et froideur sans réelle colonne vertébrale (Emile Hirsch).

La trame sonore est tout aussi attendue. La musique omniprésente mélange plusieurs genres, du hip-hop au techno, avec un résultat qui n'épate pas toujours la galerie. La piste sonore francophone et anglophone en Dolby Digital 5.1 est correcte, sans plus. Des bruits d'oiseaux, de cigales et des coups de fusil peuvent s'échapper des différentes enceintes sans jamais offrir la totale aux tympans. La traduction dans la langue de Molière est très honnête et les voix s'entendent généralement bien, sauf qu'elles auraient pu être un peu plus élevées. Ce n'est pas grave, de très visibles sous-titres blancs en anglais, en français et en espagnol compensent cette petite faiblesse.

L'utilisation de séquences vieillies en introduction peut être trompeuse, car il n'y en aura pas d'autres par la suite. La photographie délibérément sombre offre des teintes de couleurs foncées. Heureusement, les contrastes sont judicieux, ce qui permet d'observer la multitude de détails qui s'affichent à l'horizon. Un léger blocage peut toutefois s'afficher sur les objets un peu trop lumineux et il est impossible de ne par les remarquer.

La pochette du film est assez révélatrice. Il y a une succession de carreaux à l'effigie des personnages et la notation "Suspect" ou "Témoin" pour catégoriser la personne disparue. Dès l'insertion du DVD, des bandes-annonces d'œuvres intéressantes ou non s'affichent. Une succession d'images amène au menu principal du DVD, qui comporte trois photos statiques et une mélodie assez musclée.

Les suppléments ne sont qu'un duo. Il y a tout d'abord un documentaire de onze minutes sur le tournage. Les acteurs parlent de leurs personnages, le producteur aborde l'histoire et le réalisateur traite des auditions. Vers la fin, à peu près tout le monde évoque les brios de Nick Cassavetes. Les éléments les plus pertinents demeurent les dires de Sharon Stone qui évitent généralement la redite. La dernière option est une grille où figurent les 38 témoins. Il est possible d'obtenir leur déposition écrite et en sélectionnant une case, leur présence dans le long-métrage apparaît.

"Alpha Dog" (ou sa traduction française un peu quelconque "Mâle Alpha") est une œuvre moyenne qui aurait mérité plus. À condition d'avoir choisi de meilleurs comédiens, des dialogues plus élaborés et une trame sonore mémorable. C'est suffisamment étrange pour attirer l'attention, mais c'est loin du délire à la David Lynch qu'offrait le mémorable Brick.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio7