A Man Called Peter
20th Century Fox

Réalisateur: Henry Koster
Année: 1955
Classification: G
Durée: 119 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 septembre 2005

Parfois, il ne faut pas se fier au dessin qui orne la pochette d'un DVD. Sinon, c'est facile de passer à côté d'une œuvre étonnante. Prenez par exemple "A Man Called Peter", où une image d'un prêtre semble prendre toute la place. Rien pour favoriser l'achat ou même la location du film en question. Pourtant, c'est loin d'être un long métrage totalement raté et inintéressant. Même que plusieurs personnes risquent d'y trouver leur compte.

Inspiré d'un fait vécu, cette biographie tourne autour de Peter Marshall (Richard Todd), un Écossais qui a trouvé la célébrité aux États-Unis. Après son immigration, il est devenu docteur en théologie, pour ensuite tenir différentes messes. C'est à cette période qu'il rencontre la jeune et jolie Catherine (Jean Petters), qu'il épousera très rapidement. Déménagé à Washington, il sera le pasteur d'une Église très importante, qui comptera de nombreux fidèles. Réputé pour ses discours peu orthodoxes (il s'attirera les foudres de certaines personnes plus conservatrices), ses sermons trouvent un écho favorable chez les gens de plusieurs religions différentes. Même si sa vie professionnelle semble être une réussite et que la naissance de son garçon s'est bien déroulée, l'existence sera tout de même difficile pour cet homme à la foi inébranlable.

Réalisé en 1955 et se déroulant dans les années trente et quarante, "A Man Called Peter" retrace les évènements importants d'une personne qui a inspiré une génération. Si ce procédé peut s'avérer anecdotique (comment résumer une vie entière en l'espace de deux heures?), l'histoire a tendance à s'éparpiller et même à se répéter dans la dernière demi-heure. En fait, après une prémisse prometteuse où une romantique histoire d'amour se développe, le reste assomme littéralement par la lourdeur de ses propos. Ceux-ci, naïfs, idéalisés et très patriotiques, sont soulignés au crayon gras sans la moindre once d'ironie. Comme si le sort des immigrants devait absolument passer par l'Amérique pour être pavé de succès.

Film sur la foi de l'être humain envers Dieu, le travail du réalisateur Henry Koster pour ne pas ennuyer s'avère colossal. Malgré son sujet sérieux et très aride, le traitement se veut assez accessible. Pas besoin d'être croyant pour apprécier la fine mise en scène, qui construit des bases solides à une œuvre qui en avait bien besoin. Sauf que, cinquante années plus tard, le message ne passe plus de la même façon. Ce n'est donc pas surprenant que les rires fusent ici et là (la façon dont les deux protagonistes tombent amoureux est d'un kitch absolu), alors que le discours sur les femmes libérées se voulait plus utopique qu'autre chose.

Dans le difficile rôle titre, Richard est correct, sans plus. Il s'acquitte parfaitement de ses discours et ressemble beaucoup au vrai Peter Marshall, mais l'émotion passe rarement. Elle est beaucoup plus présente chez sa collègue Jean Peters, qui doit toutefois défendre beaucoup moins de scènes. Le reste de la distribution n'étonne guère non plus, car il n'y a aucun personnage qui se démarque du lot.

Le transfert du film sur DVD a été très soigné. Les images sont belles, les détails sont nombreux et les sous-titres, impeccables. La seule zone grise survient entre le passage de quelques séquences. Trop souvent, une belle scène devient subitement imparfaite lorsque la scène suivra embarque. Bien entendu, il faut être attentif à ces détails qui ne nuisent en aucun cas au déroulement de l'histoire. De son côté, la qualité sonore est très intéressante. Les voix et la musique ne sont ni trop élevées ni trop basses, alors que la combinaison des deux ne porte jamais de l'ombre à l'une ou à l'autre. Les paroles se font toujours bien entendre même si elles sont prononcées sur des airs musicaux et vice-versa. La trame sonore réalisée par le génial Alfred Newman souligne bien les actions et elle ne se veut pas trop encombrante.

Avec sa pochette repoussante et son menu principal orné d'une vulgaire photographie du film, la présentation est assez pauvre. Au moins, il y a quelques options pour essayer de faire avaler la pilule. Entre les différentes bandes-annonces et un mini-documentaire sur la première du long métrage, les plus téméraires pourront se rabattre sur un sermon du vrai Peter Marshall, où sa voix solide est bercée par des images fixes du film. Original pendant la première minute et lassant le reste du temps. Surtout qu'au début de cette option, les gens sont encouragés à donner de l'argent à une de ses fondations...

Petite curiosité religieuse qui risque de séduire autant que répugner, "A Man Called Peter" se regarde un sourire aux lèvres. Voilà un DVD tout indiqué pour les gens qui ont perdu la foi et qui se demandent jusqu'où un film sur le sujet peut aller.


Cotes

Film5
Présentation1
Suppléments5
Vidéo7
Audio8