America, America
Warner Home Video

Réalisateur: Elia Kazan
Année: 1963
Classification: PG
Durée: 168 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883929158256

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
27 février 2011

L'Amérique! Depuis toujours symbole de liberté, terre d'opportunité et rêve de toute une partie moins aisée de la planète pour qui la vie est certainement plus difficile. Et bien que ce mythe soit encore très présent dans le cœur et l'esprit de millions de personnes, jamais il n'aura aussi important qu'au début du 20e siècle alors que des bateaux amenaient quotidiennement des immigrants par centaines. Des gens qui avaient quitté leur terre natale pour venir tenter leur chance dans ce pays de toutes les possibilités. Des gens qui souvent ne parlaient pas un mot d'anglais, qui ne savaient pas lire ou qui n'avaient aucune idée de ce qui les attendait.

Pour le réalisateur de On the Waterfront et A Streetcar Named Desire Elia Kazan, lui-même fils d'immigrants ayant concrétisé leur propre rêve américain, cette histoire avait toujours tenu une place importante dans le folklore familial. En 1963 il décida finalement de raconter sa version en adaptant des récits de son oncle venu de Turquie. Le résultat, "America America", est un film assez naïf, mais plutôt prenant sur les sacrifices que durent faire ces hommes et ces femmes pour se faire une nouvelle vie dans un pays inconnu.

Il raconte l'histoire du jeune Stavros (Stathis Giallelis, un inconnu dont c'était le premier film, comme c'est le cas avec la quasi-totalité de la distribution) un adolescent grec vivant avec sa famille dans la campagne turque à qui son père donne toute la fortune de la famille pour l'envoyer à Constantinople (le Istanbul moderne) faire fortune avec un oncle tenant un commerce florissant. Mais le jeune homme est naïf et la route est longue jusqu'à la capitale du royaume Ottoman. En chemin il rencontra voleurs, menteurs, assassins et corruption. Aussi racisme et injustice. Arrivé à destination il verra bien que son oncle est sur le point de faire faillite et que tout ça n'était qu'un autre mensonge. Il décide alors de partir pour l'Amérique là où tout est mieux! Mais les options pour parvenir à ramasser le montant du billet ne sont pas simples. Travail peu payant, vol, mariage à un bon parti? Déterminé à réussir, Stavros devra décider...

"America America" est sans contredit un excellent film qui jette un regard à la fois dur et plein de compassion sur le sort de ces pauvres gens qui rêvaient d'un avenir meilleur pour eux et leur famille. Bien que la majorité des acteurs soient des non professionnels, ils s'en tirent aussi assez bien. Le récit est long et lent, les paysages superbes et les personnages variés. Là où le film pêche, c'est par sa naïveté face à l'Amérique et ce qu'elle représente. Kazan, bien qu'il relate la vision de son oncle, nous présente aussi la terre nouvelle comme un paradis en oubliant de montrer ou de parler des nombreux échecs et désillusions d'une bonne quantité de ces immigrants. Ce qui d'ailleurs est un problème encore actuel. Beaucoup d'immigrés s'étant fait une image dorée des États-Unis s'aperçoivent à leur arrivée que la situation est beaucoup plus noire pour eux. Et comme le reconnaître ou rentrer au pays serait un aveu d'échec et un dur coup pour leur orgueil, ils envoient de nouvelles embellies à leur famille, perpétuant ainsi le mythe. Ce qui est aussi le défaut majeur du film de Kazan.

Comme toujours avec des films datant d'une autre époque, la qualité vidéo et audio laisse souvent à désirer. La copie maîtresse datant du milieu des années soixante, les limitations techniques des moyens de l'époque sont ici assez apparentes. Tons noir et blanc ternes et image délavée et un son trop cassant. Si on y ajoute la détérioration normale due à l'archivage de plus de quarante ans, on se retrouve avec quelques sauts dans l'image ou quelques déchirures et poussières momentanées. Heureusement, on a su faire un bon travail de nettoyage et de restauration, améliorant sensiblement le tout. En supplément on retrouve un commentaire audio de l'historien Foster Hirsch.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments7
Vidéo7
Audio7