American Hustle
Les Films Séville / Entertainment One

Réalisateur: David O. Russell
Année: 2013
Classification: 14A
Durée: 138 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51), Anglais (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212108464

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
12 mars 2014

Même s'il est reparti bredouille de la dernière cérémonie des Oscars, "American Hustle" n'en demeure pas moins un film très intéressant, supérieur à la grande majorité des productions américaines qui prennent l'affiche à chaque année.

Dans le New Jersey de la fin des années 70, deux escrocs (Christian Bale, Amy Adams) n'ont aucun autre choix que d'aider un agent du FBI (Bradley Cooper) qui cherche à coincer le maire de la ville (Jeremy Renner) qui n'a pas toujours les mains blanches.

Une année à peine après avoir offert la brillante et disjonctée comédie "Silver Linings Playbook" (mettre un lien vers mon texte), le talentueux cinéaste David O. Russell change son fusil d'épaule et lorgne du côté du cinéma de Martin Scorsese pour offrir un nouveau long-métrage intriguant. Aux premiers abords, "American Hustle" n'est qu'un simple divertissant réussi dans la lignée de The Sting. Des dialogues brillants, une mise en scène inspirée et des personnages savoureux incarnés par d'excellents comédiens (mention spéciale à Jennifer Lawrence qui vole constamment la vedette dans un rôle secondaire) se fondent au sein d'un récit inutilement compliqué, au rythme qui aurait pu être resserré, certes, mais qui comporte plusieurs surprises et de nombreux fous rires.

L'essai va cependant plus loin que ça. On sent le rêve américain se briser en morceaux au sein de ces destins malheureux. Tous les personnages aspirent à mieux et il est difficile de rester insensible à cette mélancolie ambiante. À ce chapitre, la première scène résume parfait les enjeux. On y voit un Christian Bale qui fait de la calvitie et qui est dans un état pitoyable. Pourtant, il arrive à s'arranger et à se mettre sur son 31. Ce jeu constant sur les désirs et les apparences affecte bien entendu la trame narrative, mais surtout ces êtres en trois dimensions qui auront considérablement changés d'ici la tombée du générique.

Pour faire revivre ces années folles où les décors, les costumes et les coupes de cheveux en mettent plein la vue, un grand soin a été apporté aux images. La palette de couleurs semble à priori terne, mettant en valeur le jaune, le brun et le noir. Il s'agit évidemment d'un choix esthétique qui se bonifie dans la durée. Au même titre que la définition des contours qui demeure assez détaillée et les contrastes imparfaits qui ne manquent pas de séduire. La musique si agréable à entendre annonce généralement l'état d'esprit des antihéros. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont immersives et bien qu'elles ne soient pas des références, les enceintes ne se font pas prier à faire ressortir des bruits de radios et de mélodies. Les voix demeurent toujours audibles et en cas de besoin, il y a de très visibles sous-titres blancs et un doublage français.

La pochette noire et jaune à l'effigie des cinq personnages les plus importants est stylisée à souhait. Le menu principal du DVD reprend à son compte un astucieux montage de scènes tout en y intégrant un enveloppant air musical particulièrement rétro. Les trop rares suppléments comportent 25 minutes de séquences allongées ou retranchées qui permettent d'encore mieux cerner certains enjeux et un documentaire de 17 minutes qui offre l'opportunité au réalisateur de parler des thèmes en place.

Plus profond et intelligent que ne le laissait deviner sa prémisse, "American Hustle" rappelle qu'il ne faut jamais se fier aux apparences et encore moins prendre pour acquis ce qui s'offre à nous. La démonstration est possiblement un brin surestimée, mais elle s'avère particulièrement jouissive.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments3
Vidéo7
Audio7