Anamorph
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Henry S. Miller
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ducharme
13 novembre 2008

Depuis toujours, le monde du cinéma a toujours été fasciné par les policiers. Par leur vie entourée de mystères et de crimes atroces de toutes sortes, ces derniers sont devenus au cours de l'histoire du septième art, ceux qui ont inspiré le plus grand nombre de scénarios à ce jour. Souvent démontrés comme des êtres à la limite du sociable et incapables d'entretenir une relation profonde avec leur entourage, le cinéma américain nous a habitué à nous proposer une perception très éloignée de la réalité de ces représentants de la loi. Plongés dans des enquêtes bien souvent odieuses, ces justiciers ne se sont jamais gênés d'enfreindre la loi qu'ils appliquent afin de résoudre les crimes. Par son interprétation trop souvent grotesque, ce métier est devenu au fil des ans un amalgame de clichés sur grand écran. Proposant toujours un enquêteur anti-sociable, le film "Anamorph" s'avère être un enchaînement de longueurs inutiles.

Le détective taciturne Stan Aubray verra son existence bouleversée par la découverte de corps reconstitués en une œuvre d'art par le procédé de l'anamorphose. Possédant un double message dans un seul meurtre, ce policier devra composer avec ses démons afin de comprendre le fonctionnement de l'esprit malade de ce psychopathe. Il se laissera graduellement plonger dans l'obsession par l'entremise des messages qui l'amèneront à reconnaître qu'il est l'engrenage central d'une machination qui va bien au-delà du meurtre.

Proposant un scénario qui mélange le drame policier et le film d'horreur, "Anamorph" s'avère être un film moyen autant du côté du contenu que celui du contenant. Par un scénario inégal qui se veut complexe, ce dernier traîne en longueur par des scènes bavardes qui n'apportent absolument rien de plus au récit. Présentant une histoire policière ordinaire, cette production n'arrive malheureusement pas à offrir une certaine surprise dans l'évolution des événements. Se contentant plutôt de nous offrir les ingrédients maintes fois utilisés à l'intérieur d'intrigues policières sur grand écran, "Anamorph" devient un film trop prévisible pour lui permettre de concevoir un climat de mystère. Malgré sa tentative de recréer une ambiance suffocante telle que représentée dans le film "Seven" de David Fincher avec un scénario qui emprunte divers éléments à d'autres productions à succès, celui-ci n'arrive pas à trouver sa propre personnalité. Centrée davantage sur l'obsession du détective Stan Aubray, l'enquête semble par moment prendre une seconde place mettant majoritairement sa faiblesse en avant-plan. Fondamentalement trop pauvre au niveau de la construction des personnages afin de les rendre intéressants, "Anamorph" nous fait plonger dans le cauchemar d'un policier duquel on nous donne que très peu d'information afin de mieux le connaître. Ayant un comportement trop secret envers son entourage ainsi que face à la caméra, ce trait de personnalité nuit fortement à l'ensemble de cette production en empêchant, non seulement de comprendre le cauchemar que vit ce personnage, mais également de le rendre attachant. Il aurait été préférable d'approfondir la relation entre le détective Stan Aubray et le meurtrier afin de donner davantage de profondeur aux personnages.

Sur le plan technique, l'image s'avère être chancelante. Procurant lors des plans d'ensemble une image légèrement floue, la qualité visuelle change selon le plan et le lieu dans lesquels la scène se déroule. Proposant des couleurs majoritairement délavées ce qui en résulte un manque de contrastes afin de bien distinguer chacun des éléments présentés à l'écran. Du côté son, la piste sonore Dolby Digital 5.1 originale anglaise n'apporte aucune profondeur au film par elle-même, mais s'avère être clairement audible malgré son aspect sec. Des sous-titres espagnols et anglais pour malentendants sont également accessibles. Du côté suppléments, le DVD "Anamorph" nous offre des scènes tranchées au montage ainsi qu'une revuette conventionnelle qui nous procure des informations qui englobent l'ensemble de la production en mettant l'accent sur les comédiens.

"Anamorph" se révèle comme étant un film décevant, notamment par une mauvaise conception du personnage qui semble être le point central sur lequel le scénario se repose. Nous présentant un récit maintes fois raconté, ce dernier n'arrive pas à trouver un rythme et un enchaînement de scènes qui parviennent à maintenir notre intérêt. Malgré la présence du comédien Willem Dafoe, celui-ci nous offre un jeu inexpressif qui nous empêche de nous attacher à son personnage donnant ainsi le ton au film.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments4
Vidéo5
Audio5