Andromeda Strain
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Réalisateur: Robert Wise
Année: 1971
Classification: G
Durée: 131 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca
Le livre sur lequel ce film est basé est disponible chez : Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
30 avril 2003

Les auteurs d'oeuvres de science-fiction ont pour principe d'extrapoler des concepts scientifiques bien réels afin d'en découler une histoire fictive, mais plausible dans un futur plus ou moins rapproché. En général, la science qu'on se plaît à extrapoler est la physique, ou plus précisément l'astrophysique, ce qui est extrêmement fâcheux pour les experts de cette discipline, qui ne peuvent s'empêcher de noter toutes les incongruités. Il est donc extrêmement rafraîchissant de voir des films de pure science-fiction se baser sur une toute autre science, comme c'est le cas pour "Andromeda Strain", avec la biologie.

Sous un semblant de fait vécu, le film nous raconte les évènements vécus par quatre scientifiques lors de la découverte d'un parasite extra-terrestre qui menace la vie sur Terre. Ce dernier, ramené de l'espace par un satellite tombé de son orbite, annihile complètement la population d'un village, à l'exception d'un vieillard et d'un bébé. Craignant une contamination plus grande, les scientifiques ramènent le satellite et les deux miraculés dans une base secrète, construite expressément pour ce genre de situation. Une fois aux confins de ce complexe, ils peuvent s'adonner à une batterie de tests pour étudier le parasite, et éviter qu'il ne contamine la Terre.

Bien qu'"Andromeda Strain" est nettement plus poussé du côté scientifique que la plupart des films de ce genre, on ne peut s'empêcher de constater un manque flagrant de rigueur de la part des personnages, résultat direct du fait que Michael Crichton soit un médecin. Ainsi, les expériences présentées pendant le film sont toutes dans une optique d'étude clinique empirique, alors qu'une situation du genre aurait nécessairement requis une approche biologique théorique, voire même biochimique. Bien entendu, le fait que le film s'adresse à un public général, et à non-pas à des scientifiques, justifie ce genre de simplifications. Néanmoins, l'effort est louable, et le résultat n'en est pas moindre. De toute façon, la mise en scène soignée de Robert Wise fait en sorte qu'on oublie rapidement ces petits détails techniques qui n'enlèvent rien au drame. L'aspect visuel du film est lui aussi remarquable; le choix des décors, des couleurs et des accessoires accentuent vraiment l'atmosphère du film.

L'image présentée est d'une qualité douteuse. Tout le long du film, on observe énormément d'imperfections de la pellicule, plus que certains films plus vieux ou de la même époque. Aussi, les couleurs, si importantes dans l'aspect visuel du film, manquent de vivacité, et semblent toujours fades et délavées. Il en est de même pour les noirs, qui n'atteignent jamais une profondeur acceptable. Par contre, on ne note pas vraiment de défauts de compressions, même causés par les irrégularités sur la pellicule; la mauvaise qualité de l'image est donc due entièrement à la piètre qualité du matériel source. Le fait que ce soit la deuxième édition sur DVD de ce film laisse croire qu'il n'existe pas de meilleure source pour le transfert et que le seul moyen d'améliorer la qualité visuelle est le nettoyage numérique (probablement trop coûteux pour la faible popularité du film).

La piste sonore vaut la peine d'être analysée techniquement. Originellement mixée en mono, elle nous est présentée ici en format Dolby Digital 2.0 Mono. Cette étrange appellation est fort probablement dû au fait que la piste mono est simplement séparée en deux signaux identiques et encodés sur deux canaux différents (le lecteur DVD détecte donc un signal Dolby Digital Stéréo 2.0). Notons que ce type d'encodage a pour résultat de ne solliciter que le haut-parleur central, s'il est décodé en ProLogic, ce qui revient exactement au même qu'un encodage Dolby Digital 1.0. Bref, la raison derrière ce choix d'encodage est nébuleuse. L'écoute en mode stéréo, sans ProLogic, semble d'ailleurs plus agréable, à cause de la largeur évidente de l'image "monophonique". Pour ce qui est de la qualité de la piste sonore, elle est aussi un peu décevante. Par endroits, les dialogues deviennent un peu flous, du fait de la faible largeur en fréquence; par contre, ce problème très mineur est passager et n'empêche pas la bonne compréhension du film. Le haut-parleur d'extrême grave est quant à lui rarement sollicité. L'excellente trame sonore de Gil Mellé, elle aussi victime des coupures en fréquences, représente exactement le style visuel employé dans le film, en plus de soutenir efficacement le sentiment de crise que le film transpire.

Comme suppléments, on nous offre un excellent documentaire d'une trentaine de minutes sur la production du film. On y présente les effets spéciaux, les décors, ainsi que les acteurs. Ce qui est particulièrement intéressant dans le documentaire est l'inclusion de plusieurs séquences d'un documentaire de production réalisé à la sortie du film. On nous propose aussi un documentaire biographique d'une quinzaine de minutes sur Michael Crichton, écrivain du livre Andromeda Strain sur lequel le film est basé. Ce documentaire est lui aussi pertinent, puisqu'il permet de connaître les détails de la genèse de l'oeuvre. La section de suppléments est complétée par une bande-annonce et des suggestions de films.

Cette réédition DVD nous permet de voir dans des conditions optimales (selon les moyens disponibles!) un vrai classique de la science-fiction, oeuvre d'un excellent réalisateur. Les extras présentés permettent aussi une meilleure compréhension du film, ce qui donne à cette édition un excellent rapport qualité-prix.


Cotes

Film8
Menu2
Suppléments6
Vidéo5
Audio5