Animal House
30th Anniversary Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: John Landis
Année: 1978
Classification: 18A
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
29 octobre 2008

Comédie irrésistible dont l'influence n'a jamais été aussi importante aujourd'hui, "Animal House" célèbre ses 30 ans dans une édition anniversaire aux suppléments plus ou moins convaincants. Ce n'est pas grave, car le film fait toujours aussi rire.

En cette année 1962, les rivalités de fraternités sont toujours aussi vives. Avec l'appui de la direction, les parfaits Omega tentent par tous les moyens de faire expulser les Delta qui passent leurs journées à boire de l'alcool, à fumer de la marijuana et à séduire la gente féminine. Mais les principaux intéressés ne l'entendent pas ainsi. L'organisation, qui peut compter sur des leaders charismatiques aux comportements bizarres (le plus inquiétant est ce Bluto incarné avec désinvolture par le regretté John Belushi), décide toutefois de se rebeller dans une confrontation finale haute en couleur.

Depuis plusieurs décennies, deux films américains se sont séparés du lot, décrivant avec acuité, humour et fantaisie l'adolescence de jeunes collégiens et universitaires qui sont prêt à tout pour devenir des hommes... un jour ou l'autre. Il y a l'inoubliable American Graffiti de George Lucas et le plus léger "Animal House" de John Landis. Ce dernier titre est souvent oublié de la part des cinéphiles, car l'intrigue ne tient pas debout deux secondes et que la succession de gags fait passer le tout pour un plaisir coupable.

En y regardant de plus prêt, ces scènes de beuveries, ces dialogues outranciers et cette mince histoire d'amitié, n'est-ce pas des thèmes empruntés par tous les longs-métrages pour adolescents des 10 dernières années? Les American Pie, Road Trip, House Bunny, les essais des frères Farrelly, des Wayans de Judd Apatow et compagnie: l'inspiration est flagrante et aucune des productions n'arrivent à la cheville de ce petit film culte.

En privilégiant le n'importe quoi, le "slapstick" et le langage à connotation sexuelle, le ton était lancé à une sévère et désopilante introspection des années 1950, le tout étant altéré par un filtre cynique d'une époque qui a connu Richard Nixon. Tout peut arriver, ce n'est pas toujours de bon goût, mais les comédiens épousent parfaitement leurs personnages, ce qui les rend d'autant plus crédibles et authentiques. Au sein de ces visages connus (Kevin Bacon, Karen Allen, Donald Sutherland), c'est surtout la prestation de John Belushi qui branche directement le propos sur le 220 volts, avec ces scènes inoubliables (la mort du cheval) et une finale baignant dans une joyeuse anarchie.

Le soin apporté aux images est palpable. Le niveau des détails est plus qu'appréciable, les couleurs demeurent justes et le rendu, réaliste. Si le grain peut apparaître lors d'un ou deux moments plus foncés, la profondeur des contrastes permet au contraire de tout bien saisir lorsque les protagonistes se trouvent dans la pénombre. Les différentes pistes sonores s'avèrent convenables, sans plus. Les multiples haut-parleurs ne sont généralement utilisés que pour laisser échapper des élans des mélodies choisies, alors que les traductions laissent parfois à désirer. Il en va de même pour les très visibles sous-titres blancs. Pourquoi l'expression "Foodfight" devient dans la langue de Molière "Tarte à crème"? Étrange. En revanche, les voix s'entendent généralement parfaitement, et la musique retenue fera immédiatement danser l'amateur de rock'n'roll.

La pochette représente une maison, une voiture et quelques personnes qui semblent bien s'amuser. Le ton est lancé même si le tout aurait pu être un peu plus inspiré. Le menu principal du DVD offre une succession de scènes en mouvement sur une musique populaire. Encore une fois, le manque d'originalité se fait un peu ressentir. Les bonus, peu nombreux, s'étirent sur deux disques. Outre le récit final, le premier comporte également une bande-annonce, des questions accompagnées d'extraits visuels et un documentaire de 24 minutes qui retrouve les héros et héroïnes trois décennies plus tard. Cocasse sans être très profond. Le second DVD est composé d'un seul segment de 45 minutes retraçant la création du projet, l'élaboration du scénario à plusieurs mains, le choix des comédiens, les risques du studio, le style de John Landis et l'aura de John Belushi. Si les sources sont nombreuses (le cinéaste, le producteur Ivan Reitman, les scénaristes Chris Miller et Harold Ramis, une bonne partie de la distribution, etc.), une piste de commentaires aurait été très appréciée.

Sans être une œuvre maîtresse du septième art, "Animal House: 30th Anniversary Edition" se trouve au sommet d'un genre de films très particulier: celui où des adolescents décident de faire la fête et de s'aider tout en découvrant leur sexualité et le monde qui les entoure. Il n'y a rien de trop sérieux là-dedans, que des farces souvent jouissives qui font oublier ce rythme pas toujours maîtrisé et la trop longue durée de l'entreprise. L'idéal pour savoir comment organiser des soirées en toges romaines et d'impressionner son entourage par des expressions savoureuses.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio7