Batman: The Killing Joke [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Sam Liu
Année: 2016
Classification: NR
Durée: 77 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-25 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929542451

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
4 septembre 2016

Sortie en 1988 afin de préparer les gens au premier opus de Tim Burton, la bande dessinée Batman: The Killing Joke avait pour but de redéfinir la relation entre Batman et le Joker. Tout en mettant en lumière les origines de l'ennemi juré de la chauve-souris, cette œuvre transformait ce criminel en véritable psychopathe. On reléguait alors son aspect comique pour mettre l'emphase sur sa folie. Un fait qui poussait notre héros aillé à prendre un caractère plus sombre. Suite à cet épisode, le ton des aventures de Batman est devenu plus glauque et psychologique rendant ainsi "Batman: The Killing Joke" un incontournable pour la série. Sans compter que son succès critique en fit l'une des bandes dessinées les plus appréciées de l'industrie littéraire. C'est pourquoi son adaptation se montre un événement en soi. Après plusieurs mois d'attente, le film d'animation "Batman: The Killing Joke" est finalement arrivé sur nos tablettes pour le plus grand plaisir des amateurs du chevalier noir.

Après s'être échappé de l'asile d'Arkham, le Joker se donne l'objectif de prouver à tous que n'importe qui peut sombrer dans la folie après un traumatisme. C'est alors qu'il choisit comme bouc émissaire le commissaire Gordon qui, par sa droiture et ses valeurs, semble être le spécimen parfait pour mener son expérience. Entre la torture autant physique et que psychologique, l'homme de loi devra s'armer de sang-froid pour garder tous ses esprits. Une tâche qui s'avéra difficile puisque Batman tarde à le trouver, malgré ses efforts.

Réalisée par Sam Liu, l'adaptation animée "Batman: The Killing Joke" tente de retracer fidèlement le récit initial en s'accordant une certaine marge de manœuvre. Étant une histoire relativement courte, les artisans ont décidé de l'étoffer en y ajoutant une intrigue entourant la fille du commissaire, Barbera Gordon alias Batgirl. Un personnage dont le sort finira malheureusement entre les mains du Joker. Bien que cette partie serve uniquement à le prolonger, celle-ci demeure la plus grande faiblesse de la production. Nonobstant le fait qu'elle permet de mieux connaître l'héroïne, celle-ci se retrouve un peu dénaturée par l'insertion inutile d'une aventure amoureuse avec Bruce Wayne. Un fait qui change complètement les rapports entre Batman et Batgirl. Sur papier, Barbara Gordon a toujours eu une attirance pour Dick Crayson alias Robin et Nightwing. Tandis que Bruce Wayne la perçoit plutôt comme sa fille spirituelle. Le fait que l'on y insère une idylle devient ridicule. D'autant plus que l'on affirme par sa ligne directrice que le sort atroce de l'héroïne est collatéralement dû au fait qu'elle ne pouvait plus travailler avec l'homme qu'elle aime. Cela ajoute un aspect sexiste à l'histoire et transforme Barbara Gordon en véritable stéréotype de la fille qui couche avec son patron. Un aspect qui contredit la véritable nature de la femme. Sur papier, celle-ci avait mis fin à sa relation avec Dick Crayson afin de se concentrer sur sa carrière de justicière. Par cette première partie, l'adaptation animée de "Batman: The Killing Joke" devient une déception en soi. C'est seulement une fois que cette intrigue soit terminée que l'on réussit à prendre un peu plus de plaisir à le visionner. Au cours des trente dernières minutes, la production nous présente une parfaite transposition de la bande dessinée. La seule différence, c'est l'ajout d'une chanson sordide chantée par le Joker, ce qui permet de bien cerner la folie obscure dont il est atteint. Donc, après une première moitié superficielle des plus décevantes, la seconde retrace parfaitement l'aspect psychologique de l'aventure imaginée par Alan Moore. De cette façon, on reste mitigé face au produit final. On se dit que les producteurs auraient dû demander à l'écrivain de la bande dessinée d'écrire la première partie. Au moins, la différence de qualité entre les deux parties aurait été moins flagrante. Malgré la perplexité que la production nous laisse ressentir, on demeure tout de même heureux de retrouver Kevin Conroy et Mark Hamill dans leur rôle de Batman et du Joker.

Au niveau technique, l'image proposée se montre dans l'ensemble excellente. Doté de couleurs qui nous offrent des jeux d'ombres bien imagés, le tout est mis sur pied afin de recréer le côté sombre de la bande dessinée originale. Grâce à sa parfaite combinaison entre sa belle animation et son aspect technique irréprochable, cette histoire voit toute sa violence et sa noirceur mise à jour. Un fait qui rend son écoute inaccessible pour les enfants.

La section des suppléments nous soumet un documentaire riche en informations sur la transposition de "Batman: The Killing Joke". Tout en mettant à l'avant tout l'enjeu de sa transformation en film d'animation, les artisans nous offrent une analyse intéressante sur l'œuvre d'Alan Moore. Ainsi, on apprend à quel point l'histoire a transformé non seulement la face de la série de Batman, mais également, celle de l'industrie au grand complet. Le tout est suivi par un épisode de Batman The Animated Series ainsi qu'un autre de "The new Batman adventures". Le tout se conclut par un cours segment intéressant entourant la composition de la musique du film ainsi que diverses bandes-annonces.

Par sa première moitié sexiste, laquelle dénature complètement le personnage de Batgirl, l'adaptation animée de "Batman: The Killing Joke" se révèle décevante. Bien que la seconde moitié se montre des plus réussies, l'histoire d'amour entre Barbara Gordon et Bruce Wayne rend le sort de la jeune femme un peu stupide. Ce n'est pas que le film est totalement raté, mais certains choix demeurent dérangeants pour une personne qui connaît particulièrement bien la série de bandes dessinées. Je vous suggère plutôt de lire sa version papier qui demeure en définitive plus plaisante à découvrir.


Cotes

Film6
Présentation8
Suppléments7
Vidéo9
Audio9