Batman: Year One [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateurs: Sam Liu, Lauren Montgomery
Année: 2011
Classification: PG
Durée: 64 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929153602

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ducharme
31 octobre 2011

Créé en 1939 par Bob Kane, le personnage de Batman n'a jamais cessé d'évoluer selon les époques. Originalement dépeint comme un héros milliardaire qui aimait passer son temps à jouer les justiciers, ce dernier s'avérait superficiel à tout point de vue. Tout en s'attardant sur le meurtre de ses parents dans le premier numéro, le bédéiste présentait cet événement davantage comme un fait divers que comme étant un élément important dans la transformation de Bruce Wayne en Batman. Au fur et à mesure que les bandes dessinées défilaient, notre héros favori traversait les époques tout en s'éloignant de ses traumatismes d'enfance afin de devenir un personnage arborant un large sourire. À l'image de la série "Batman" mettant en vedette Adam West, les péripéties prenaient une tangente davantage humoristique et encore moins profonde que par le passé. Devenant de moins en moins intéressantes, le tout changea dans les années 70-85 sous la tutelle de Dennis O' Neil et de Neal Adams qui proposaient une tendance plus sombre et même plus violente. Grâce à ses histoires complexes, le personnage de Batman reprenait lentement le chemin des ténèbres afin de devenir l'être torturé tel qu'on le connaît aujourd'hui. Toutefois, le résultat final de cette transformation se fit principalement ressentir dans la bande dessinée "Batman: Years One" de l'écrivain Frank Miller. Celui-ci reprenait l'univers de Bob Kane afin de destituer tout empreinte d'espoir, autant au niveau du contenu qu'à celui du contenant. Devenu le créateur d'une nouvelle Gotham City dépourvue de justice et animée de personnages torturés par leur propre existence, cette nouvelle vision de cette franchise contrastait avec doigté, la superficialité présentée auparavant. De nos jours, cette dernière est reconnue comme un incontournable aux yeux des amateurs, mais également à ceux des artisans qui travaillent dans l'ombre de la chauve-souris.

Fraîchement arrivé à Gotham City, le détective Jim Gordon doit composer avec la corruption qui hante les rues et même le service de police. Tout en tentant de mettre de l'ordre, autant dans sa vie personnelle que professionnelle, il devra malheureusement vivre avec les conséquences de son honnêteté. Heureusement pour lui, notre policier favori pourra malgré tout s'améliorer par l'arrivée d'un nouveau justicier portant le nom de Batman. Tout d'abord ennemis, ceux-ci verront naître au fil du temps, une amitié qui érigera une barrière à toute forme d'injustice.

Le film "Batman: Years One" s'avère une reproduction plan par plan de l'œuvre originale. Par son traitement aussi sombre et violent que celui retrouvé sur papier, ce dernier se détache énormément des productions habituellement produites par Bruce Timm dû à son aspect particulièrement adulte. À ce jour, ceci fut rarement exploité dans l'univers de Bob Kane, cette nouvelle aventure plonge notre héros dans le monde de la prostitution ainsi que dans les coins les plus sombres de la ville. Par ses éléments sexuels et sanglants, cette dernière n'est certainement pas conçue pour les enfants. Tout en retrouvant Selina Kyle en prostituée et Jim Gordon vivant une aventure extra-conjugale, le thème de l'amour et tous les sentiments positifs prennent un sens complètement pessimiste. Par l'entremise de cette manière brutale de raconter l'origine de Batman, Frank Miller avait offert à ce héros une raison d'être et un prétexte pour faire régner la justice à même un moyen drastique. Toutefois, afin que cette nouvelle forme d'héroïsme soit crédible, le concepteur devait plonger ses personnages dans un état d'esprit de souffrance pour les pousser vers des solutions peu orthodoxes. Par ce procédé, le personnage de Bruce fut dorénavant dépeint comme un être qui lutte contre un événement dans lequel il se sentait impuissant. Afin de contrer cette souffrance, ce dernier choisit de se lancer dans des situations semblables, mais cette fois en plein contrôle des événements. De son côté, Jim Gordon est démontré comme une personne qui a perdu foi en la vie et semble dépassé par le monde qui l'entoure. Face aux gens peu recommandables avec lesquels il travaille, celui-ci préfère mettre sa confiance en un homme qui s'habille en chauve-souris une personne de son entourage. Malgré le respect offert à l'œuvre originale, le film d'animation "Batman: Years One" n'arrive pas toujours à nous captiver. Étant aux prises avec une adaptation mot pour mot de la bande dessinée, cette production paraît superficielle surtout si on prend le fait que la lecture de ces deux médiums demeure extrêmement différente. Pendant que l'œuvre sur papier illustre davantage les émotions de ses héros par des dessins, la version cinématographique tente de son côté de les transmettre par des dialogues qui ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Pire encore, ceux-ci enlèvent parfois toute la poésie et la complexité que cette épopée présentait originalement aux lecteurs. Néanmoins, certaines scènes demeurent tout de même divertissantes et l'interprétation vocale des comédiens efficace. Pourtant, cela reste décevant aux yeux d'un véritable amateur de Batman, puisque cette adaptation transpose difficilement les émotions vécues par les personnages. Sans être mauvais, ni très bon, le film "Batman: Years One"apparaît comme étant un divertissement inégal qui ne parvient en aucun temps à reproduire l'intérêt véhicule par la bande dessinée dont il s'inspire.

Du côté technique, le format Blu-ray de cette nouvelle adaptation d'une œuvre de DC Comics nous propose une qualité visuelle impeccable. Principalement composé d'une reproduction de très bonne qualité des couleurs et des détails, l'image semble dépourvue de défauts. Cependant, les spectateurs seront davantage charmés par la bande sonore DTS-HD Master Audio 5.1 qui soutient particulièrement bien l'action présentée à l'écran. Dotée d'une reproduction naturelle des dialogues. La profondeur audio se laisse surtout ressentir grâce à la qualité des sons ambiants qui réussissent à retransmettre toute la violence des combats.

La section des suppléments nous propose le court métrage "DC Showcase - Catwoman" dans lequel nous accompagnons la célèbre héroïne poursuivant un voleur de bijoux. D'une durée de 14 minutes, cette production s'avère parsemée de violence et d'éléments sexuels. Malgré l'intérêt que nous éprouvons envers le personnage principal, cet épisode nous déçoit par son manque évident de scénario. Avant tout, mis sur pied pour donner un prétexte d'offrir à Catwoman et à un autre personnage féminin la chance de présenter un striptease d'une durée de plus de trois minutes, le tout semble très bancal. À moins de posséder le fantasme de voir cette héroïne se dévêtir sous vos yeux, cette aventure est à oublier. Ce fait est encore plus vrai pour les enfants. Des segments davantage promotionnels sur les films "Justice League: Doom" et "All-Star Superman" ainsi que deux épisodes de l'excellente série "Batman: The Animated Series" sont également accessibles. Toutefois, les mordus de bandes dessinées porteront principalement leur attention sur les segments "Discussions with DC Comics: Featuring the 2011 Batman Creative Team" et "Hearts of Vengeance: Returning Batman to His Roots". Dans le premier, on nous propose une analyse approfondie de l'évolution de Batman depuis sa création. Tout en se démontrant intéressant et informatif, il permettra aux moins connaisseurs de mieux comprendre les différentes phases vécues par la bande dessinée depuis plus de cinquante ans. Le second segment se centre surtout sur le scénariste Frank Miller ainsi que sur l'apport qu'il apporte au personnage de Batman. Tout en proposant une analyse de la carrière de l'artiste, ce dernier nous permet de mieux comprendre en quoi cet homme a transformé, non seulement le monde de Bob Kane, mais l'industrie de la bande dessinée à part entière. Pour les curieux qui possèdent la version Blu-ray, ceux-ci auront la chance de comparer le film "Batman: Years One" avec le premier numéro de l'œuvre sur papier en version digitale.

Sans être mauvaise en soi, cette adaptation d'une aventure clé de cette franchise ne répond malheureusement pas à nos attentes. Par sa difficulté à retransmettre clairement les émotions vécues par ses protagonistes, cette production laisse glisser entre ses doigts l'élément le plus important de l'œuvre de Frank Miller. À moins de n'avoir jamais lu la version sur papier ou n'avoir aucune attente face à cette transposition, cette aventure de Batman aura une grande chance de vous laisser sur votre faim.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo9
Audio9