Bee Movie
A Very Jerry Seinfield 2-Disc Edition
DreamWorks Home Entertainement

Réalisateurs: Steve Hickner, Simon J. Smith
Année: 2007
Classification: G
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51), Espangol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 mars 2008

Signé du sceau Jerry Seinfeld un peu partout, "Bee Movie" n'aurait pu qu'être un banal véhicule crée pour ramener sous les projecteurs l'ancienne vedette de télévision et le toujours actuel "stand up comic". Il n'en est rien. Malgré de flagrantes baisses de régime dans la deuxième partie, l'animation s'avère plutôt réussie.

Dans les ruches, les abeilles ont des rôles pré-établis et nulle ne doit s'en écarter. C'est à la croisée des chemins, lorsqu'il doit choisir la tâche à effectuer pendant le restant de sa vie, que Barry B. Benson (Seinfeld) hésite. Ne voulant pas se laisser enfermer dans un travail quotidien et routinier, l'insecte volant décide de prendre ses ailes et d'explorer la ville. Sauvé de justesse par une humaine (Renée Zellweger), il deviendra justement ami avec cette fleuriste. Pour communiquer, pourquoi ne pas lui parler simplement, car elle semble très bien comprendre son langage. Ensemble, ils décideront de s'attaquer aux compagnies de miel qui exploitent les abeilles, les soumettant aux travaux forcés.

La première heure de "Bee Movie" est un ravissement pour les yeux et les oreilles. La ruche est scrutée à la loupe et les réalisateurs Stephen Hickner et Simon J. Smith ne manquent pas d'offrir une multitude de détails qui sont les bienvenus. Au passage, difficile de ne pas faire des parallèles entre la société humaine et celle des abeilles, des transpositions de régimes qui tendent vers le communisme. Cet univers particulier regorge de couleurs à déchirer la rétine. Lors de la sortie de la ruche, un profond sentiment d'évasion et de liberté apparaît et celui-ci ne se délogera pas avant la toute fin.

Ces images très réalistes offrent une animation riche, variée et vivante. Outre un léger blocage qui peut apparaître à quelques occasions, la définition des contours et la qualité des contrastes sont exemplaires, alors que les gags visuels abondent. Cet humour se veut également auditif, avec ces nombreux jeux de mots généralement réussis. De quoi réécouter le tout pour tout saisir. Il faudra toutefois éviter la traduction francophone - trop approximative et pas réellement conçue pour un public québécois - en y insérant, au besoin, de très beaux sous-titres blancs. Les différentes pistes sonores, intéressantes à défaut d'être des bourdonnements continus, mettent l'emphase sur les mélodies. La musique, entre description et émotion, saupoudre l'atmosphère à défaut de la marquer réellement.

Plus le récit avance et plus l'histoire qui semblait destinée aux adultes se transforme en métaphores un peu appuyées pour les enfants. Dans la dernière demi-heure, le ton se veut moralisateur et la charge pour la protection de l'environnement s'avère un peu insistante. L'humour très mordant des débuts, qui se moque de tout et de rien avec une verve incroyable, s'atténue considérablement, finissant presque par être totalement inoffensif.

Mais d'ici là, il y a une multitude de situations irrésistibles et de nombreux fous rires. Les gags ne passent pas par l'exagération. Ils naissent plutôt des constatations pas souvent élogieuses sur la société, se moquant gentiment des avocats et de personnalités hollywoodiennes tels Ray Liotta. Les voix sont également très bien choisies, dominées par Kathy Bates, Matthew Broderick, John Goodman et Chris Rock. La vedette est bien entendue Jerry Seinfeld, immédiatement reconnaissable à son ton particulier, ses mimiques imparables et son caractère égoïste. Aucune déception de ce côté, ses admirateurs seront comblés et sa "relation" avec le personnage de la fleuriste de Renée Zellweger offre facilement à l'animation ses moments les plus drôles et coquins.

Disponible en deux éditions, la version deux disques présente le héros regardant fièrement le spectateur. Les couleurs jaunes et noires sont bien entendu au rendez-vous. Après une multitude de publicités assez énervantes, le menu principal du DVD apparaît en toute simplicité. Dans une ruche, il n'y a que des icônes hexagonales avec une abeille et un air orchestral. Les suppléments, bien garnis, en intéresseront plus d'un. Sur le premier disque, il y a trois scènes perdues présentées avec une introduction de Jerry Seinfeld et des esquisses de dessins. Plus soutenues sont ces six fins alternatives qui passent du cynisme à l'ultra-kitch. Sur "TV Juniors", la vedette de l'animation propose seize courts reportages où il est montré aux studios de la compagnie Dreamworks. À la fois courts et nombreux, presque la totalité de ces bonus ne se regarderont qu'une seule fois. C'est le cas de ces deux bandes-annonces avec des humains, ce passage au Festival de Cannes, ces annonces diverses et ce segment de quinze minutes où les artisans du film parlent de leur rôle respectif. Même la piste de commentaires, narrée des voix de Seinfeld, d'un réalisateur, d'une productrice et d'un monteur, ne se veut pas particulièrement instructive. Les comparses rigolent en décrivant ce qui se déroule sous leurs yeux au lieu d'expliquer plus en détail les enjeux.

Le second DVD offre des suppléments tout aussi légers et peu développés que le précédent. Tout y est même divisé en deux, avec une possibilité de sous-titres. Une section est destinée aux enfants, avec des jeux et des liens électroniques. Il est possible d'en savoir davantage sur les abeilles, d'obtenir des conseils pour éviter d'être piqué, de répondre à un quiz, de déterminer l'emploi parfait pour ces insectes volants et de viser des cibles peu interactives. Une autre portion donne un peu plus d'informations sur les logiciels utilisés. Outre cette technique qui est finalement peu étayée, il y a un ridicule vidéoclip de la chanson "We Got the Bee", une séance de questions afin d'en savoir davantage sur le personnage principal et un juke-box permettant d'écouter des chansons des précédentes productions de Dreamworks.

Loin d'être un tiède dessin animé de série B, "Bee Movie" est plutôt une invitation au plaisir léger, celui qui se vit et s'oublie en moins de deux heures. Ce n'est peut-être pas du Pixar, mais quelques gags irrévérencieux le placent justement aux antipodes d'un Ratatouille, ce qui peut être une bonne nouvelle pour les gens exaspérés du consensus trop gentil instauré par Walt Disney. Imparfait et libérateur.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo9
Audio8