Beowulf
Director's Cut
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Robert Zemeckis
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 114 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
15 mars 2008

Depuis le succès phénoménal de son film d'animation précédent, Le Boréal Express, le réalisateur Robert Zemeckis s'était mis en tête de remettre ça. Des années plus tard, il accouche finalement d'un deuxième film réalisé grâce à sa méthode d'animation utilisant des acteurs vivants sur lesquels des ordinateurs dessinent ensuite le film. En utilisant cette forme de dessins plus près de la réalité, on permet ainsi aux animateurs de puiser dans une matière brute de qualité (mais coûteuse si on regarde la brochette d'acteurs et d'actrices présents : Ray Winstone, Angelina Jolie, John Malkovich, Anthony Hopkins, Crispin Glover, Robin Wright et Brendan Gleeson!). Comme toutes les séquences sont d'abord jouées par des comédiens professionnels, le réalisme des émotions, des mimiques et du langage corporel des personnages est ainsi plus puissant que lorsqu'on utilise seulement des voix sur lesquelles on invente ensuite des formes.

C'était la technique utilisée sur son film précédent, mais d'autres l'avaient expérimentée avant lui. Un des résultats les plus probants fut sans doute le film Le seigneur des anneaux de Ralph Bakshi, la grande saga inachevée de 1978 (il réussit à financer seulement le premier film, équivalent à la moitié des trois tomes de l'œuvre de Tolkien, laissant malheureusement le deuxième au stade de projet).

Le problème avec cette version du célèbre poème épique anglo-saxon (la première version écrite date du onzième siècle, mais cette légende était déjà racontée oralement depuis le septième siècle!) se situerait plutôt dans le scénario que dans le style de l'animation. Bien que Neil Gaiman et Roger Avary soient, malgré leur jeune âge, tous les deux de vieux pros à raconter des histoires (l'un en bande dessinée et l'autre en cinéma), il semble que le mythe de Beowulf leur ait passablement échappé cette fois-ci. Peut-être est-ce la minceur relative du sujet qui ne permettait pas de faire un film de presque deux heures, ou bien leur désir de faire de Beowulf une saga héroïque d'action en laissant tomber le côté social de l'œuvre originale, mais toujours est-il que le film manque singulièrement d'intérêt. Les personnages unidimensionnels ne nous émeuvent point et l'action continue et sans but précis en vient rapidement à nous lasser. En voulant trop changer la matière originale (ténue il est vrai) du poème, et en essayant de l‘étoffer à la mode XXIe siècle, les deux scénaristes se sont perdus dans un dédale sans fin de séquences prévisibles et souvent inutiles. Dommage de gâcher tant de talent pour un scénario si pitoyable.

Heureusement, on a eu la bonne idée d'inclure une pléiade de suppléments sur le disque nous permettant ainsi de comprendre la technique utilisée pour animer les comédiens. Les nombreuses revuettes sont toutes intéressantes et nous procurent plus de plaisir que le film lui-même. Dans la revuette sur la production, on suit le processus complexe du tournage en vidéo à douze caméras où chaque comédien est habillé dans une combine de néoprène recouverte de points électroniques qui sont ensuite lus par un ordinateur qui modèle instantanément le mouvement et le reproduit. De là, on construit les personnages en gardant l'acteur ou l'actrice comme référence. Ainsi, le grassouillet et quelconque Ray Winstone devient le musclé géant Beowulf tombeur de femmes et terreur des dragons! Les autres revuettes parlent du design des différents monstres vus pendant le film et de la direction artistique en général. On retrouve aussi une série de séquences supprimées qui ont été jouées et filmées, mais dont l'animation n'a été complétée que jusqu‘à un certain degré, moins réaliste que le résultat final du film lui-même.

Au niveau visuel, le côté sombre et lourd de l'animation a bien été reproduit lors du transfert DVD. Les différents niveaux de gris et de noir sont distinctement reconnaissables, ajoutant ainsi en majesté au côté terrible des personnages. Le réalisme de l'animation (que je trouve personnellement laide, mais ça c'est mon problème!) doublé du rythme rapide du montage est aussi bien servi par la qualité générale de l'image. Le scintillement de la peau dorée de la mère de Grendel, la démone Angelina Jolie, est un bel exemple des nombreuses nuances de tons qu'on a réussi à reproduire habilement pour le DVD.

Pour l'audio, comme pour l'image, on a préféré faire en quantité qu'en qualité. Trop de basse, trop de bruit, trop de musique pénible et pas assez de détail et de subtilité dans les ambiances sonores. Ceci dit, le transfert est impeccable et bien pesant. Les variations des fréquences sont nettes et bien découpées. Les voix sont relativement bien définies et la situation spatiale du Surround 5.1 est parfaite.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7