Blood+
Part One
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Junichi Fujisaku
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 619 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Japonais (DDST), Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 6 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 mars 2008

Peu importe l'émission, les séries auront toujours l'avantage sur les films qui en sont dérivés. Non seulement le nombre d'épisodes permet de mieux développer l'intrigue et les personnages, mais il y a un attachement qui se crée après plusieurs heures de visionnement. C'est justement le cas du dessin animé "Blood+".

Au départ, il y avait un long-métrage plutôt ordinaire, Blood : The Last Vampire, réalisé par Hiroyuki Kitakubo en 2000. Cette animation de moins de 50 minutes s'intéressait à Saya, une vampire qui combattait des démons peu avant la guerre du Vietnam. Si les scènes d'action en mettaient plein la vue, la profondeur du récit laissait parfois à désirer. Le succès critique et surtout populaire était néanmoins au rendez-vous. Une excellente nouvelle, surtout pour les amateurs qui attendaient désespérément une suite. Cette dernière arrive en 2005 par l'entremise d'une série de 50 épisodes. Afin d'initier l'émission à un public occidental, la compagnie Sony Pictures a décidé de commercialiser "Blood+ : Part One" qui regroupe les 25 premiers segments. Puisqu'une aventure s'échelonne sur environ 24 minutes, les spectateurs auront droit à plus de 619 minutes réparties sur six DVD.

L'histoire tourne toujours autour de Saya. Ignorant tout de son passé, elle habite au sein de la demeure familiale de son père adoptif George en compagnie de ses frères Kai et Riku. Un tueur en série sévit sur l'île d'Okinawa et les militaires américains ne peuvent l'arrêter. Des gens sont retrouvés morts, vidés de leur sang. Lorsqu'une créature - appelée chiroptère - s'en prend à Saya, son protecteur Hagi apparaît pour l'aider et lui faire découvrir ses pouvoirs cachés. Plus la principale intéressée se questionne sur son identité, plus elle sera plongée dans des soubresauts inquiétants qui ont des répercussions dans plusieurs pays. Afin de faire toute la lumière sur cette sombre affaire, l'inquiétant David (un clone de David Bowie) et ses coéquipiers de l'organisation Red Shield interfèrent pour escorter en lieu sûr les enfants et leur paternel...

Cette animation japonaise réalisée par Junichi Fujisaku mélange adroitement les genres, que ce soient l'horreur, le suspense, le drame d'espionnage et même la chronique sociale. Le récit ne bénéficie pas seulement de très belles scènes d'action. L'emphase est plutôt mise sur cette prémisse qui tient constamment en haleine et de ce scénario riche en rebondissements. Les dialogues, pas trop appuyés par des lourdes morales, examinent l'état de la planète dans une société mondialisée contrôlée par les États-Unis, s'exprimant au passage sur les raisons des combats incessants et le sort lié à la guerre.

Nul besoin d'avoir vu préalablement le tome d'introduction tant le rythme est fascinant et efficace. La progression de l'intrigue s'intéresse autant à ces gentils qui doivent courir qu'à ces méchants qui préparent des plans diaboliques, s'attardant au passage à la quête de vérité d'un journaliste en herbe. Au sein de ces multiples personnages, il y aura toujours quelques individus plus séduisants que d'autres. C'est justement le cas de cette héroïne qui rappelle étrangement celle du mythique Escaflowne.

Le dessin mélange le réalisme de circonstance à des moments plus imagés, comme ces larges effusions de sang que n'aurait pas renié Quentin Tarantino. Les couleurs, suffisamment appuyées, savent être très précises, à l'image de cette définition des contours qui ne tachent jamais. Lors de retours dans le passé, des séquences sont parasitées par du grain et c'est voulu ainsi. S'il est un peu bizarre qu'une luminosité blanchâtre soit souvent omniprésente, cela ne gâche jamais la fluidité de l'animation qui arrive rapidement à en mettre plein la vue. Au fil des épisodes, des transitions noires apparaissent et c'est tout à fait normal. Il s'agit des endroits où une publicité apparaissait lors de la diffusion à la télévision.

Les pistes sonores en anglais et en japonais bénéficient d'un soin exemplaire - malgré qu'elles soient en Dolby Digital 2.0 - et ces dernières sont plutôt actives. Périodiquement, des sons de craquements, d'explosions et de cris stridents sortent des différents haut-parleurs, faisant sursauter au passage. Il n'y a toutefois rien pour entraver les dialogues. Si la traduction dans la langue de Shakespeare est loin d'être mauvaise, la richesse des expressions nipponnes s'avère tout à fait suaves. Le public français et coréen pourra même insérer de très beaux sous-titres jaunes parsemés d'allusions savoureuses, comme "bon sang", le leitmotiv du personnage de David. Outre ces effets sonores plus que séduisant, la série bénéficie d'une riche musique produite par le vénérable Hans Zimmer et concoctée par un Mark Mancina qui s'en donne à cœur jouer dans la création de thèmes intenses et d'airs angoissants.

La présentation est un des points les plus impressionnants de "Blood+ : Part One". Le boîtier noir touche le sublime, avec cette figure dessinée en blanc et ce titre en rouge sang. À l'intérieur se trouvent quelques pages d'une manga qui proposent un terrible combat, et surtout un très beau gilet à l'effigie d'un des principaux héros. Les menus principaux des DVD présente le regard possédé de Saya, avant de laisser toute la place à un montage rapide de scènes. Ce montage, interactif au possible, est bercé par une mélodie impériale qui met sur le garde-à-vous.

En tout, il y a trois pochettes comportant chacun deux disques. Les cinq premiers, DVD présentent les 25 segments, alors que le sixième est entièrement consacré aux suppléments. Outre quelques bandes-annonces d'animations diverses, les bonus se limitent à 55 minutes d'entrevues. En tout, dix individus qui prêtent leurs voix aux personnages défilent devant la caméra. Le montage présente une question écrite qui apparaît directement à l'écran, suivie d'une réponse généralement bien développée. Ce procédé, s'il s'avère un peu répétitif, demeure clair, et il est possible d'en apprendre davantage sur les impressions de la série des principaux intéressés et leurs scènes préférées. Sans doute que les documentaires avec le scénariste et le réalisateur se retrouveront sur la prochaine édition. Et pourquoi ne pas inclure quelques pistes de commentaires au passage?

Sans être aussi déstabilisant et intrigant que Paranoia Agent, "Blood+ : Part One" demeure une des meilleures séries japonaises à avoir vu le jour au cours des dernières années. Entre l'action et l'humour se trouve une histoire incroyablement fouillée et une douzaine de personnages au destin chavirant. Un seul épisode et c'est l'accoutumance. En espérant ardemment que les 25 dernières émissions seront bientôt disponibles en format DVD.


Cotes

Film8
Présentation10
Suppléments5
Vidéo8
Audio8