The Adventures of Sherlock Holmes' Smarter Brother
20th Century Fox

Réalisateur: Gene Wilder
Année: 1975
Classification: G
Durée: 91 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 avril 2006

Dans sa première réalisation intitulée "The Adventure of Sherlock Holmes' Smarter Brother", le tonitruant Gene Wilder offre une comédie burlesque incroyablement absurde qui laisse toutefois un peu sur sa faim. Si l'ensemble de la distribution s'amuse comme des petits fous, le rire n'est pas toujours au rendez-vous. Pour les personnes qui l'ignorent, Sherlock Holmes (Douglas Wilmer) a un petit frère prétentieux, rouspéteur et imbu de lui-même. Lorsqu'il doit s'éclipser mystérieusement, c'est au tour du frangin Sigerson Holmes de mener l'enquête. Avec l'aide d'un assistant à deux personnalités (Marty Feldman), il cherche à voir plus clair au sein de tous les mensonges racontés par une femme aguichante (Madeline Kahn) qui dit toujours le contraire de ce qu'elle pense. Il doit cependant faire vite, car l'ignoble Moriarty (Leo McKern) et ses scribes sont également à ses trousses.

Après avoir tenu le premier rôle de Young Frankenstein et Blazing Saddles, deux des comédies les plus hilarantes jamais tournées par Mel Brooks, Gene Wilder a cherché à imiter son maître dans une œuvre où il agit en tant qu'héro, réalisateur et scénariste. Tout est prétexte à la farce dans "The Adventure of Sherlock Holmes' Smarter Brother". L'histoire est joyeusement inexistante, les comédiens en font beaucoup trop, les gens se mettent à danser n'importe quand et le langage outrancier est abondant. En multipliant des bonnes idées saugrenues, le film surprend presque à chaque moment. Il y a une machine pour se pratiquer à l'escrime, une poursuite se termine par un combat de mains et de pieds géants, alors que la finale offre des instants de bonheur où le décor prend le bord dans un combat entre le bien et le mal. Il va sans dire que les acteurs s'amusent comme dans une confiserie. Gene Wilder se met en colère pour rien, Madeline Kahn maîtrise sa superficielle Jenny avec une rare maestria et Marty Feldman est particulièrement désopilant avec ses yeux très expressifs.

Pourtant, ce long métrage n'offre pas toujours les instants de bonheur escomptés. Si le sourire apparaît sournoisement, le rire se fait souvent attendre. Des scènes sont étirées pour rien, l'humour tombe parfois à plat et les personnages s'amusent à rire sans raison évidente. Les acteurs se défoncent au service d'un scénario qui ne va pas assez loin. Les éléments comiques sont abondants, mais seulement peu utilisés. Après une difficile entrée en matière, la pâte lève pour ensuite presque se désintégrer au fil d'un rythme inégal. Quelle chance que la verve revient à la toute fin pour laisser des souvenirs positifs.

Le rôle de la musique n'est pas négligeable dans toute cette galère. Elle est souvent typée pour annoncer l'horreur, elle suit les comédiens pas à pas et sa façon de toujours bien décrire les actions la rend irrésistible. Surtout que son utilisation n'est jamais trop élevée et qu'elle n'enterre pas les voix des protagonistes. Avec quatre pistes audio, le choix est abondant. Il n'y a rien pour vraiment utiliser les haut-parleurs à leur plein potentiel, mais ce n'est pas trop catastrophique. Si la traduction française s'avère parfois pénible, les chansons ne sont, heureusement, pas totalement traduites. Les aspects vidéo sont cependant moins réussis. Plusieurs saletés apparaissent à l'écran pour rappeler que le tout a été crée en 1975. Il y a des grains, des ombrages, des brûlures et beaucoup de blocage. En dépit d'images sombres et précises, les textures demeurent par moment floues. Même les sous-titres blancs ne sont pas évidents à lire. Pour combler un maximum de personnes, une version panoramique se trouve d'un côté du DVD et de l'autre, c'est le plein écran usuel.

Il est étrange de constater qu'un bon élément semble toujours suivi d'un plus ordinaire. Par exemple, la pochette est assez réussie. Elle montre les trois personnages principaux qui vont bientôt tomber dans un piège. Les figures ressemblent à un dessin animé, la pose est humoristique et les couleurs sont plutôt attrayantes. En revanche, le menu principal est d'une laideur extrême. Il est composé de la figure de Gene Wilder qui est orné d'une texture brunâtre. Cela ressemble à du sang ou ... à du chocolat. Peut-être est-ce un clin d'œil au merveilleux Willy Wonka and the Chocolate Factory qui mettait en vedette le même Wilder, mais ce choix est douteux. À défaut d'être abondants, les suppléments demeurent indéniablement sympathiques. Il y a une bande-annonce, trois publicités de films du même genre et une excellente piste de commentaires avec le réalisateur. Sur un ton enfantin, Wilder plaisante en parlant d'éléments superflus qui font sourire. Il a beaucoup de plaisir à revoir son film et ses anecdotes sont souvent rafraîchissantes.

Petite comédie moyennement réussie, "The Adventure of Sherlock Holmes' Smarter Brother" n'est pas non plus un échec. Peu importe tous les défauts, la bonne humeur des interprètes et les nombreuses surprises (tordante chanson sur les kangourous) font passer un moment léger et agréable.


Cotes

Film6
Présentation2
Suppléments5
Vidéo6
Audio7