The Apartment
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Billy Wilder
Année: 1960
Classification: 14A
Durée: 125 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 février 2008

Comédie cynique à souhait qui sait dompter sa part d'ombre avant de se faire asservir par elle, "The Apartment" est l'exemple par excellence du film qui prend de plus en plus de valeur avec le passage du temps. 48 années après sa sortie, le long-métrage de Billy Wilder semble encore plus frais qu'à sa sortie.

Bud Baxter (Jack Lemmon) sait exactement quoi faire pour être populaire... et pour gravir rapidement les échelons au sein de son travail. Il prête son appartement à ses supérieurs afin qu'ils puissent avoir du bon temps auprès de leurs maîtresses, et ce, loin de leurs femmes. Un jour, le grand patron de l'entreprise (Fred MacMurray) lui demande les clés de sa résidence pour pouvoir y amener la jolie Fran (Shirley MacLaine). Or, il s'agit justement de cette demoiselle qui fait battre le cœur de Baxter. Mais que fera bien ce dernier, timoré entre l'amour de sa vie et son obéissance aux règles en place?

Billy Wilder a réalisé son lot de petits classiques en puissance : Double Indemnity, Some Like It Hot et bien entendu son remarquable Sunset Boulevard. Un de ses opus les plus populaires est "The Apartment" qui a pris l'affiche en 1960 et qui a remporté cinq Oscars (dont celui du meilleur film). En apparence, il s'agit d'une des œuvres les plus légères d'un des cinéastes les plus emblématiques de sa génération. L'humour y fait rage et le rire se veut omniprésent. Les situations sont loufoques sans se prendre très au sérieux et il y a plusieurs scènes irrésistibles qui restent gravées en tête, dont celle où le protagoniste fait du spaghetti avec sa raquette de tennis.

Pourtant, le mélange de drames y est omniprésent, amenant l'entreprise sur des chemins rarement défrichés. Au milieu de l'essai, Fran cherche à s'affranchir de sa souffrance et le résultat aurait pu être tragique. Les personnages y sont tous tristes et mélancoliques, en proie à l'amertume la plus prononcée. Derrière une facette un peu facile et simplette se cache des ombres incroyablement ténébreuses. Il y a même des références au régime de Castro! Heureusement, le récit ne chute pas dans le mélo pour autant, et les performances de comédiens talentueux apportent ces chauds rayons de soleil si prononcé. En héros qui aimerait bien retrouver le confort de son chez soi, Jack Lemmon est charismatique à souhait. Tout le contraire d'un Fred MacMurray qui aura rarement été si imbu de lui-même. Au centre de ces hommes se retrouve la flamboyante Shirley MacLaine qui n'en met jamais trop.

La réalisation et le rythme confortables de Wilder lui permettent de soigner au maximum sa bande son, baignant son récit dans des airs latins et jazz qui sont généralement efficaces. Les différents timbres vocaux s'entendent sans aucun problème et il y a de très visibles sous-titres jaunes qui sont disponibles. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 demeure intéressante, quoiqu'un peu inégale, ne faisant ressortir qu'avec parcimonie des bruits de machines à écrire et des sonneries de téléphone des multiples haut-parleurs. Outre du léger blocage, les images demeurent aussi splendides que magnifiques. Le noir et blanc est incroyablement soigné, tout comme la perfectibilité des contours et l'épaisseur des contrastes. L'absence d'égratignure est également une autre excellente nouvelle.

La pochette ne casse rien. Elle montre les trois personnages principaux, sourire aux lèvres, dans un enrobage graphique rappelant le trou d'une serrure. Le menu principal du DVD est nettement plus soigné. Les dessins en mouvement mélangent des photographies et des croquis stylisés, superposant quelques pièces de casse-tête qui s'emboîtent parfaitement. Et il y a une belle mélodie douce pour agrémenter la navigation. Au total, il y a trois suppléments. Le plus significatif est la piste de commentaires narrée de la voix de l'historien Bruce Block. Il décortique le film sans émotion, multipliant les détails (le nombre de journées de tournage, les autres titres proposés, etc.) en demeurant constamment objectif. Sa façon de rejeter les idées préconçues et les rumeurs sur le tournage font sourire. Pour en savoir beaucoup sur une œuvre en particulier, il faut vraiment s'adresser à lui. Il y a ensuite un reportage assez pertinent sur la production. Shirley MacLaine et des producteurs racontent le parcours de Billy Wilder, abordant sa façon de faire des films, revenant sur les sujets chauds (l'infidélité d'hommes mariés) qui ont fait scandale à l'époque. Le dernier segment, trop peu nuancé, s'attarde à la carrière de Jack Lemmon, démontrant son impact sur le cinéma américain en personnifiant ce "gars d'à côté". Divertissant à défaut d'être très instructif.

Sans être le meilleur opus de Billy Wilder, "The Apartment" sait mélanger adroitement le drame et la comédie. À tel point que l'un ne peut exister sans l'autre. Mené par le charme palpable de Jack Lemmon, voilà un long-métrage aussi romantique qu'indémodable, qui devient de plus en plus mélancolique avec les années qui s'écoulent. La recette miracle pour rire beaucoup tout en réfléchissant au passage.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments5
Vidéo8
Audio7