Around The World in 80 Days
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Frank Coraci
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 120 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51) Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
4 novembre 2004

Les romans de Jules Verne semblent intemporels et leur passage au grand écran est souvent annonciateur d'un fabuleux spectacle. Around The World in 80 Days a été porté au grand écran (et au petit) plusieurs fois, mais ce sera surtout la version de 1956, de Michael Anderson avec David Niven, qui reste la plus intéressante, car proche du roman original. Les Studios Disney nous proposent de découvrir la version 2004, légèrement détournée des écrits de Verne. Si les personnages de Philéas Fogg (Steve Coogan) et Passepartout (Jackie Chan) sont toujours là, l'histoire est partiellement différente et un troisième personnage, Monique Laroche (Cécile de France) sera du voyage au complet.

Jackie Chan ne pouvait pas faire mieux que d'inclure une petite aventure asiatique de son cru. Ici, Passepartout, Français à l'origine, est en fait un Chinois venu à Londres pour récupérer un trésor local volé à son village natal. La rencontre avec Fogg et l'idée du voyage sont une excellente occasion pour ramener le trésor sans que le doute ne s'installe. En chemin, nos deux compagnons rencontrent à Paris Monique, une jeune femme qui rêve d'une autre vie que la sienne. Accompagner nos deux voyageurs serait donc pour elle l'opportunité de découvrir le monde. Mais la route est longue et surtout semée d'embûches, la plupart semées par le directeur de la Royal Academy of Sciences de Londres, qui est le principal visé dans cette gageure de Philéas Fogg. Et quand on est mauvais perdant, tous les mauvais cous sont bons pour faire échouer l'adversaire.

Même si ce film nous transporte dans beaucoup de pays différents, les amateurs d'anecdotes ne manqueront pas d'apprendre qu'en fait la majeure partie du film a été tournée en Allemagne pour les scènes sensées se dérouler à Londres, Paris, Istanbul, San Francisco et New York. Pour la Chine, il s'agit en fait de la Thaïlande et enfin l'ouest américain pour les scènes de ... l'ouest américain! Nous noterons tout de même que Steve Coogan a réellement marché sur la Grande Muraille de Chine pour la scène en question (et qu'il est d'ailleurs le premier acteur à être filmé ainsi). D'autres plans ont été filmés dans les villes concernées, mais sans réels plans avec les acteurs. Reste qu'avec le talent des décorateurs et des spécialistes en effets spéciaux, le dépaysement est total et surtout l'illusion est parfaite.

Ce film comporte un nombre plutôt impressionnant d'apparitions surprises (cameos) d'acteurs bien connus ou d'illustres personnages se prêtant au jeu du cinéma le temps d'une séquence ou même d'un simple plan. Ainsi, dans le désordre, à vous de retrouver: Kathy Bates (qui nous fait une Reine Victoria plus vraie que nature), Luke Wilson, Owen Wilson (le frère de), Arnold Schwarzenergger, Rob Schneider, Mark Addy, Richard Branson (Monsieur Virgin, ici parfait dans un rôle d'aérostier qui lui colle à la peau, mais certainement pas dans celui d'un Français avec sa façon de parler la langue de Molières), John Cleese, Macy Gray, Will Forte (de l'émission Saturday Night Live), Sammo Hung et le réalisateur lui-même, Franck Coraci, qui se prend presque pour Alfred Hitchcock avec une apparition percutante (pour Fogg en tout cas).

Comme on est en droit de s'y attendre, les Studios Disney nous offrent un produit bien fini. La qualité de l'image est excellente avec une superbe palette de couleurs, qui évolue en fonction des pays et des situations. Un grand regret, celui de la bande sonore française, qui est seulement en Dolby Stéréo. Disney nous a habitués à nous donner la plupart du temps des versions Dolby Digital 5.1. Mais pas cette fois-ci. On pourra toujours apprécier la très dynamique piste anglaise avec les sous-titres français. Les menus sont aussi très réussis, avec des effets d'animation, de transitions et des musiques qui nous rappellent les pays traversés par notre équipage en folie.

Du point de vue des suppléments, nous avons droit à une version du film comportant un début différent (et somme toute intéressant pour comprendre une scène se déroulant à Paris), une piste de commentaires du réalisateur Franck Coraci et de l'acteur Steve Coogan (uniquement sur la version avec le début différent). On trouve aussi huit scènes supprimées, avec une introduction du réalisateur et un commentaire optionnel sur chacune d'elles. Elles ne sont pas, pour la plupart, très importantes, mais ce sont souvent des gags supplémentaires. Le vidéoclip de la chanson du générique de fin, interprétée par Dave Stewart (ex Eurythmics), est présenté ainsi que plusieurs bandes-annonces de films à venir au cinéma et en DVD.

Finalement, deux documentaires de productions sur le tournage nous en font connaître un peu plus. Nous pouvons malgré tout regretter le manque de rigueur dans la production de ces deux derniers suppléments. Ainsi, le documentaire de production "Discovering Around The World in 80 Days", le plus long et non moins intéressant des suppléments, ne comporte aucune incrustation nous permettant d'identifier l'intervenant à l'écran (parmi ceux que nous ne connaissons pas, bien entendu). Par contre, le documentaire "Around The World of Jackie Chan", plus court et limité comme son titre le laisse supposer, est quant à lui parfaitement complet avec les noms des intervenants. Pourtant, ce deuxième documentaire a tout simplement été fait avec les mêmes entretiens et avec le même montage que le documentaire principal. Alors, nous pouvons nous demander pourquoi une telle différence dans la présentation. Autre petit bémol: l'impossibilité de pouvoir passer d'une langue à l'autre sans faire un passage obligatoire par le menu principal. Heureusement, nous pouvons revenir directement à la position laissée dans le film. Reste que cette procédure est contraignante, surtout quand la technologie permet le changement directement pendant la diffusion.

La participation de Jackie Chan, surtout en tant que producteur, nous explique rapidement le nombre de scènes de combats "asiatiques". D'ailleurs, c'est son nom qui apparaît en gros sur l'affiche. Les scènes se déroulant dans le village natal de son personnage ne sont pas sans rappeler certaines productions chinoises de l'acteur, surtout avec la présence de son acolyte Sammo Hung. Reste donc à concilier l'esprit de Jules Verne avec quelques légendes chinoises pour apprécier ce long métrage. C'est un bon divertissement même s'il peut paraître loin de l'œuvre originale. Nous aurions peut-être plus aimé voir l'inventeur anglais sortir de son chapeau un petit peu plus d'inventions de son cru. Quoi qu'il en soit, il en reste un film pour toute la famille. Et n'oubliez pas que le roman original est disponible partout, même sur Internet!


Cotes

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