ATL
Widescreen Edition
Warner Home Video

Réalisateur: Chris Robinson
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 107 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espangnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
30 juillet 2006

La vie est remplie de pièges. L'existence de la jeunesse est difficile et en déroute. Il faut faire des choix pour survivre et il ne faut surtout pas les regretter. Revenir en arrière pose souvent des problèmes, mais il faut assumer les conséquences de ses gestes. C'est à ce genre de réflexions que sont confrontés les protagonistes de l'académique "ATL".

L'existence de jeunes afro-américains d'Atlanta est racontée à travers les yeux de Rashad (Tip Harris). Étudiant au collège, ce garçon qui est presque un homme courtise une jolie demoiselle (Lauren London) tout en motivant ses amis à s'entraîner encore plus férocement afin de remporter un concours de patins à roues alignées. Il doit également veiller à ce que son jeune frère Ant (Evan Ross) ne se mette pas dans le trouble. Ce dernier hésite justement à poursuivre ses cours ou à tout abandonner pour faire de l'argent facilement. Un moyen pas très légal qui risque de lui amener son lot de problèmes.

"ATL" a tout du conte urbain parfaitement prévisible. Des héros au cœur gros, des situations parfois problématiques, une franche camaraderie, un flirt malhabile qui flotte dans l'air, le goût de l'évasion et la nécessité d'une rédemption. Cependant, cette première réalisation de Chris Robinson se rapproche beaucoup trop du récent Roll Bounce. La trame sonore disco a seulement laissé la place à des rythmes hip-hop. Pour le reste, c'est presque du pareil au même.

L'histoire, écrite par Antwone Fisher, est souvent moralisatrice. Elle dicte ce qui est bon de ce qui l'est moins. Elle montre, à l'aide de nombreux exemples pas toujours subtils, qu'il faut continuer à étudier pour se sortir du marasme et de toujours multiplier les efforts. Il faut donc se tourner auprès des acteurs pour trouver un peu d'air frais. Les personnages sont chaleureux, sensibles, toujours crédibles. Sans exceller à outrance, la distribution s'avère suffisamment solide pour toucher et faire sourire. Surtout les figures plus secondaires, comme le membre du groupe d'Outkast Antwan André Patton en dealer de drogues et le troublant Keith David en riche homme altruiste.

La ville d'Atlanta devient presque un personnage à elle seule. Elle étouffe sa population tout en la revigorant au passage. Les gens veulent s'en émanciper, mais lorsqu'ils le peuvent réellement, c'est trop difficile de quitter un tel lieu aux souvenirs nombreux et évocateurs. La photographie la représentant est généralement somptueuse et précise. La luminosité utilisée est assez chargée. Il n'est pas rare que le blanc, le rouge et le vert dynamisent certaines scènes. L'image claire n'est toutefois pas exempte de défauts. Du blocage apparaît sur des barreaux ou des étagères. Les sous-titres anglais, espagnols et français blancs auraient également pu être encore plus visibles.

Faisant partie intégrante de son sujet, la musique rap et hip-hop sature les séquences, devenant un élément omniprésent du long-métrage. Les détracteurs ne vont pas trop rechigner: la trame sonore aurait pu être bien pire. La présence de la basse fera vibrer la plupart des haut-parleurs, récréant parfaitement l'atmosphère d'une discothèque. De ce côté, rien à redire. Avec tout ce soin apporté au son, il est presque anormal que les voix ne se fassent pas enterrer. Surprise, cela n'arrive presque jamais! Quelques expressions particulières peuvent faire sursauter, ce n'est toutefois pas la mer à boire. Pour éviter les excursions inutiles, un narrateur ramène tout le monde à l'ordre en arpentant le droit chemin.

La pochette de cette œuvre éphémère n'est pas réellement reluisante. Elle montre plusieurs personnes se tenir près d'une voiture, danser sur une scène ou s'embrasser. Des clichés un peu gros. Le menu principal immobile fige les quatre protagonistes devant un mur aux multiples graffitis. Seule une pièce hip-hop viendra égayer le tout. Le principal attrait des suppléments est ce documentaire de 29 minutes sur le tournage. Le réalisateur, le producteur et plusieurs comédiens évoquent leurs rôles, le sujet, le choix de la ville, le traitement très personnel apporté à l'histoire, le soutien de la musique, les thèmes universels comme l'amitié et l'amour, les entraînements intensifs pour réussir à danser convenablement, etc. Un beau petit tour d'horizon. Le reste est plus accessoire. Le vidéoclip de Tip Harris "What You Know" se regarde une fois pour satisfaire la curiosité. Tout comme les six scènes retranchées à la fois courtes, inutiles et ridicules. Quant à cette bande-annonce, elle raconte pas mal tout ce qui va se dérouler.

Des films comme "ATL", il y en a des dizaines. De bons acteurs cherchent à sauver un scénario limité prêchant la vie et condamnant le vice. Cela ne vole pas très haut et il sera pratiquement impossible de se rappeler très longtemps les situations. Sauf que l'enthousiasme des gens présents est transcendante et l'alliage de la ville difficile à la musique rythmée pourra sans doute satisfaire - mais pendant combien de temps? - les amateurs du genre.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments5
Vidéo7
Audio8