August: Osage County
Les Films Séville / Entertainment One

Réalisateur: John Wells
Année: 2013
Classification: 14A
Durée: 121 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51), Anglais (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212105814

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
11 avril 2014

Avec son casting cinq étoiles, "August: Osage County" attirera à coup sûr les regards. Même si le résultat n'est pas à la hauteur des attentes, il y a suffisamment de prestations mordantes et de dialogues acidulés pour mériter qu'on s'y attarde.

Lorsque le patriarche (Sam Shepard) disparaît sans laisser de trace, la famille se regroupe autour de la mère (Meryl Streep), une femme émotivement fragile qui commence à dire ses quatre vérités à son entourage.

Inspirée d'une pièce à succès de Tracy Letts (qui signe le scénario de ce film), "August: Osage County" est d'abord et avant tout un projet pour acteurs. La mise en scène académique de John Wells (qui s'y connaît en théâtre et qui a offert il y a quelques années le solide The Company Men) ne sort guère du lot, empêchant souvent le sujet d'être transcendé par quelque chose de plus grand.

Cet inconvénient est racheté en partie par ses bons comédiens. La distribution, étincelante dans ses personnages secondaires (Ewan McGregor, Chris Cooper, Benedict Cumberbatch, Abigail Breslin, Juliette Lewis, Dermot Mulroney), s'articule principalement autour de femmes fortes. Meryl Streep en fait beaucoup trop, mais elle laisse une grande impression, Julia Roberts trouve là son meilleur rôle en carrière, alors que les présences des trop peu connues Julianne Nicholson (la sœur frêle), Margo Martindale (la tante qui n'a pas la langue dans sa poche) et Misty Upham (celle qui aide et qui fait les repas) se font immédiatement ressentir.

Le scénario qui ne lésine pas sur les secrets et les révélations se veut parfois trop mélodramatique, présentant pratiquement le pire de ce qui peut arriver. Le traitement de ce simili Who Afraid of Virginia Wolf? du 21e siècle aurait pu ressembler au chef-d'œuvre Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin, mais en cours de route, il a bifurqué un peu vers la voie de la facilité, rassemblant par moment à la vieille série québécois Terre humaine. Un humour noir et salvateur aère heureusement les enjeux.

La superbe photographie est magnifiée par des images étincelantes, à la palette de couleurs vives, aux teintes soignées et aux contrastes précis. La musique variée accompagne bien les situations. Dommage que les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 manquent de finition, n'utilisant que trop rarement les enceintes à leur juste mesure. Les voix sont heureusement claires et il y a de visibles sous-titres blancs et un doublage francophone.

La pochette assez laide montre les visages de Meryl Streep et de Julia Roberts. Le menu principal du DVD a la bonne idée d'offrir un montage de scènes et une douce mélodie. Les suppléments comprennent cinq scènes supprimées de qualité, un documentaire de 16 minutes sur le tournage qui abordent les thèmes et les personnages, un segment beaucoup trop court sur le scénario et une piste de commentaires généralement intéressants, mais un brin trop techniques du cinéaste John Wells et du directeur de la photographie Adriano Goldman.

Pas aussi sirupeux qu'attendu, mais moins mémorable qu'il n'aurait dû être, "August: Osage County demeure un drame de classe, vieillot, mais interprété avec vigueur. Le type de long-métrage dont raffolent généralement les académiciens des Oscars... mais pas cette année, puisqu'il a été boudé (sauf Meryl Streep et Julia Roberts qui ont été mises en nomination). Ce sera pour une prochaine fois.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio6