The Adventures of Baron Munchausen
20th Anniversary Edition
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Terry Gilliam
Année: 1988
Classification: PG
Durée: 127 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Portugais (DD51), Japonais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Portugais, Japonais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
4 mai 2008

Après Time Bandits (1981) et Brazil (1985), le cinéaste Terry Gilliam réalise "The Adventures of Baron Munchausen", le dernier volet d'une trilogie non officielle qui représente les trois étapes de la vie (la jeunesse, l'âge adulte et le vieillissement) et l'impact de l'imaginaire sur chacune d'elle. Le film est devenu célèbre à cause des nombreux problèmes qu'il a connus pendant le tournage à Rome: dépassements de budget, chaise musicale des producteurs et changements à la tête du studio Columbia. Le nouveau régime, ne voulant pas être associé au précédent, a tenté "d'enterrer" le film, enfin complété après de nombreux reports et interruptions, et il n'a bénéficié que d'une sortie en salles limitée.

L'Âge de la Raison. Un mercredi. Basé sur une légende européenne, le récit fantaisiste nous fait suivre les aventures improbables du Baron Munchausen (John Neville), un aristocrate vieillissant du 17e siècle. Avec l'aide de ses acolytes aux talents surprenants et d'une petite fille (Sarah Polley), il tentera de sauver une ville attaquée par les Turcs. En cours de route, ils seront avalés par un monstre marin, feront un voyage sur la Lune, rencontreront le dieu Vulcain (Oliver Reed) et sa ravissante épouse Vénus (Uma Thurman), et tenteront d'échapper à la faucheuse (la mort)!

Étrange, drôle et fascinant, "The Adventures of Baron Munchausen" n'est pas un film pour tout le monde, mais il séduira l'enfant qui sommeille en chacun de nous si on le laisse se réveiller! Tout au long du récit, la réalité se confond avec l'imaginaire et Terry Gilliam utilise les aventures rocambolesques du Baron pour aborder les thèmes de la guerre, de l'amour, de la foi, de l'innocence et de la perte des illusions. Le rêve et la fantaisie s'opposent à la science et au pragmatisme et on se demande si une bonne part d'imaginaire n'est pas nécessaire pour nous réconforter et nous faciliter l'existence dans un monde moins que parfait. Excellente leçon de philosophie.

Terry Gilliam a toujours eu un sens visuel hors du commun et il réussit à créer un univers riche en trouvailles de toutes sortes (par exemple, une montgolfière faite de sous-vêtements féminins!). Les effets spéciaux paraissent parfois un peu ridicules, mais grâce à la fabuleuse direction artistique de Dante Ferretti et à des personnages tout aussi colorés qu'attachants, la magie s'installe et le spectateur se laissera transporter par un récit qui déborde d'imagination. John Neville (surtout connu au théâtre) brille dans le rôle du Baron, mélangeant avec subtilité, charisme, classe, envolées romanesques et ce brin de folie qui rend son personnage si délicieux. Il est entouré d'une foule d'acteurs de talent (Eric Idle, Oliver Reed, Jonathan Pryce, Uma Thurman et même Robin Williams en Roi de la Lune), qui semblent tous prendre un malin plaisir à camper des personnages aussi loufoques. Quant à la jeune actrice canadienne Sarah Polley, qui n'avait que neuf ans à l'époque, elle est tout à fait convaincante dans la peau de Sally Salt, la petite fille en quête d'émerveillement, qui suivra le Baron et sa bande dans leurs aventures.

Cette édition 20e anniversaire propose un excellent transfert. L'image est claire et presque entièrement exempte de taches et d'égratignures. Les couleurs sont vibrantes et le niveau des contrastes et des détails est solide. La piste audio remastérisée n'est pas des plus dynamique, mais elle est tout de même équilibrée, les enceintes arrière s'activant aux moments opportuns pour venir appuyer l'action. Les dialogues sont clairs et s'harmonisent parfaitement avec la musique et les effets sonores.

La présentation et les menus sont standards et quelques suppléments intéressants sont offerts. En deçà de l'informative piste audio de commentaires incluse sur le premier disque (avec Terry Gilliam et le coscénariste Charles McKeown), la pièce de résistance se retrouve sur le second disque. Il s'agit d'un documentaire de 72 minutes intitulé "The Madness and Misadventures of Munchausen", une rétrospective exhaustive qui aborde tous les aspects de la production, des jeux de couloirs et de la guerre de pouvoir entre le réalisateur, les différents producteurs et le studio, en passant par les difficultés rencontrées pendant le tournage, la distribution, la direction artistique, les costumes, les effets spéciaux et l'écriture du scénario. On retrouve également des scénarimages et quelques scènes coupées avec les commentaires optionnels du cinéaste.

Dans une scène du film, le Baron déplore le fait qu'il n'y ait plus de place dans la société moderne pour des "océans remplis de vin". Métaphore empreinte de tristesse et reflet d'un monde où le rêve est écarté par la logique et la raison. Morale de l'histoire, il ne faut pas sous-estimer la puissance du rêve!


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments7
Vidéo8
Audio7