The Aviator
2-Disc Widescreen Edition
Warner Home Video / Miramax Films

Réalisateur: Martin Scorsese
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 170 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
29 mai 2005

Quand on s'appelle Martin Scorsese, on peut être sûr d'une chose, celle de voir chacun de nos films enrobés d'une attente démesurée et d'être scrutés à la loupe par les critiques et les fans dès sa sortie au grand écran. Ce New-Yorkais d'origine continue, après plus de trente ans de carrière, d'offrir aux cinéphiles du monde entier de petits bijoux qui portent tous sa signature. Le défunt cinéaste Jean-Pierre Melville (Le cercle rouge) disait qu'avec l'expérience, un réalisateur devenait de plus en plus classique sur la forme sinon il n'était pas un professionnel. Avec "The Aviator", Martin Scorsese rejoint les pensées du cinéaste français, car sous une apparence intérieure qui apparaît formatée pour les besoins de la production, il nous livre une œuvre unique et personnelle qui ne trahit pas son histoire ni ses personnages.

"The Aviator" raconte l'histoire d'Howard Hugues, une des plus grandes personnalités américaines du 20e siècle, sur une fenêtre de temps avoisinant une vingtaine d'années soit entre 1925 et la fin des années 1940. L'histoire débute alors que ce philanthrope, séducteur, cinéaste et constructeur d'avions est en train de tourner son film intitulé Hell's Angels, sa première percée dans l'univers très clos et fauve d'Hollywood. Puis, il ira de quelques autres productions cinématographiques dont certaines choqueront les yeux prudes et les âmes chastes du comité de la censure du cinéma américain. Puis sa passion pour l'aviation prendra petit à petit, le dessus sur celle du cinéma. Il achètera la compagnie TWA et tentera de rivaliser avec la compagnie Pan-Am dans le transport aérien international et il se retrouvera impliqué dans une commission d'enquête publique qui cherchera à l'éclabousser. En amour, il ira de conquête en conquête ayant notamment fréquenté Katharine Hepburn et Ava Gardner. Pendant toutes ces années, on assiste au développement de sa maladie d'origine mentale et qui le pousse à voir des microbes et des bactéries partout ce qui le force à s'isoler du monde.

Martin Scorsese signe un remarquable film qui nous permet de revivre les années d'or du cinéma à Hollywood et le génie visionnaire d'Howard Hugues pour l'aéronautique. La cinématographie et l'esthétisme apportés au film est à couper le souffle et son directeur de la photographie, Robert Richardson a d'ailleurs remporté l'Oscar pour la meilleure cinématographie. L'utilisation des effets spéciaux dans les scènes aériennes est redoutablement efficace surtout lors de l'écrasement de l'avion d'Howard Hugues dans le quartier de Beverly Hills. La façon que le film est monté nous permet de connaître l'histoire de ce richissime homme tout en nous permettant de connaître une page d'histoire de l'Amérique des années folles. Bref, une belle façon de s'instruire et de se divertir en même temps, chose qui est plutôt rare dans le cinéma de nos jours, et qui est signée Thelma Schoonmaker, la collaboratrice de longue date de Martin Scorsese, et qui s'est également vu décerner l'Oscar pour le meilleur montage. Quant à la distribution, elle est de première et Leonardo DiCaprio campe un Howard Hugues avec énormément de crédibilité. Sa façon qu'il a de crisper le visage, de sourire et surtout de se gratter la jambe en fait un clone du philanthrope. Seul, l'éternel visage d'adolescent du comédien vient un peu jurer quant à l'apparence physique du personnage, mais c'est un détail que l'on oublie vite. Cate Blanchett incarne également à la perfection une Katharine Hepburn de par les mimiques, sa gestuelle et par sa façon de s'exprimer. D'ailleurs, elle est repartie avec la statuette remise à la meilleure actrice dans un rôle de soutien lors de la dernière remise des Oscars. La reconstitution d'époque et des costumes est également à couper le souffle ainsi que la sublime musique signée Howard Shore qui est de service à l'histoire et non à l'avant-plan de celle-ci. À noter qu'une portion de ce film fût tournée à Montréal, notamment les scènes qui se passent au "Cocoanut Grove" et qui nous laisse entrevoir le comédien Yves Jacques.

Le rendu visuel de cette édition DVD est simplement merveilleux. Nous avons droit à une image très détaillée qui renferme de splendides couleurs très riches et naturelles, mais parfois volontairement sursaturées. Aucun artefact de compression ou autre défaut n'est apparent sur ce très imposant transfert vidéo. L'audio n'est pas en reste et propose une trame Dolby Digital 5.1 qui est très vivante et qui utilise adéquatement tous les canaux du cinéma maison. La seule chose qu'on peut reprocher à cette trame est son manque de dynamisme. Les dialogues sont parfaitement audibles et l'omniprésente musique vient parfaitement se mixer à la piste sonore. Un menu très concept illustrant le devant d'un avion à moteurs et présentant en arrière-plan les principaux personnages du film, le tout sur une belle musique, est une belle façon de nous accueillir et sa navigation se veut élémentaire.

Les suppléments sont nombreux et sont répartis sur les deux disques. Sur le disque renfermant le film, nous avons droit à une trame de commentaires faite par Martin Scorsese, Thelma Schoonmaker et le producteur Michael Mann. L'encyclopédie qu'est Martin Scorsese se vide encore le "buffer" en nous donnant une pléthore de renseignements sur le tournage du film. Anecdotes, petits détails et le pourquoi du comment, tout y est. Les commentaires des deux autres participants sont intéressants, mais ils ne possèdent pas la connaissance du réalisateur et on s'en lasse à la longue. Le seul vrai bémol de cette trame est le fait que les participants ont été enregistrés séparément et qu'aucune chimie ne prend forme. Le deuxième disque contient des suppléments à ne plus savoir quoi en faire. En tout et partout, nous en avons pour presque trois heures. Alors, allons-y par ordre de présentation si vous voulez bien. Une scène retranchée montrant un accident de voiture qu'a subi Howard Hugues nous est présentée et il est bien dommage que cette scène fût retirée du film. "A Life Without Limits: The Making of the Aviator" est une regard en surface d'une dizaine de minutes sur le film est sert plus d'outil promotionnel qu'à d'autres choses. "The role of Howard Hugues in Aviation History" est une intéressante revuette surtout animée par Ralph Huddlestone, un féru d'aviation qui nous relate les faits d'armes d'Howard Hugues dans l'histoire de l'aviation civile américaine. "Modern Marvels: Howard Hugues - A History Channel Documentary" nous présente l'homme sous toutes ses coutures et s'il se veut quelque peu redondant avec la revuette précédente, on y apprend quand même une foule de petites choses sur cet homme. D'une durée excédant les 40 minutes, ce documentaire est la pièce maîtresse des suppléments. "The affliction of Howard Hugues: Obsessive-Compulsive Disorder" traite de la maladie qui a affligé l'homme tout au long de sa vie. Quelques témoignages de personnes souffrant de cette maladie nous permettent de mieux comprendre cette maladie et ses répercussions. "An Evening With Leonardo DiCaprio and Alan Alda" nous permet d'assister à une entrevue faite sous la forme d'un questionnaire lors d'un festival. Les deux comédiens se prêtent volontiers à ce jeu et il en résulte quelque chose d'animé et d'intéressant.

"The Visual Effects of The Aviator" nous est présenté par Robert Legato, le directeur des effets spéciaux et ce dernier prend un vilain plaisir à nous expliquer comment il s'y est pris pour recréer l'univers aérien du film. "Constructing The Aviator: The Work of Dante Ferretti" permet à l'architecte décorateur (production designer) de nous de nous expliquer comment il s'y est pris pour recréer le Hollywood des années 20. "Costuming The Aviator: The Work of Sandy Powell" nous parle des références utilisées pour reproduire l'univers vestimentaire du film. "The Age of Glamour: The Hair and Makeup of The Aviator" nous plonge dans l'univers du maquillage et de la coiffure nécessaire pour reproduire l'image des stars des années 20. "Scoring The Aviator: The Work of Howard Shore" nous immerge dans l'univers musical du film et de la façon dont le compositeur s'y est pris pour recréer l'ambiance des années folles d'Hollywood. "The Wainwright Family - Loudon, Rufus and Martha" nous relate l'expérience vécue par les membres de cette famille d'auteurs compositeurs pour reproduire l'univers des chanteurs de bals si populaires pendant ces années. Une galerie de photos et une capsule promotionnelle moussant la trame sonore du film complètent cette plus qu'exhaustive section. Il est juste dommage qu'aucun encart ou petit livret ne complète pas cette édition qui est tout de même de premier plan.

"The Aviator" fait partie des grands crus de l'année 2004 et malgré le fait que le film obtint sa large part d'Oscar, les prix les plus prestigieux, en l'occurrence ceux couronnant le meilleur film et le meilleur réalisateur échappement encore une fois à Martin Scorsese et à son film. Il est à se demander si l'establishment qui vote pour cette soirée aurait M. Scorsese en grippe, mais ceci dépasse le cadre de cette revue. Je vous recommande fortement de vous procurer cette édition DVD de première qualité qui vous procurera un divertissement de première et qui vous permettra d'en apprendre un peu plus sur l'époque des années folles et sur ce philanthrope qu'était Howard Hugues.


Cotes

Film9
Présentation6
Suppléments9
Vidéo9
Audio8