Awake
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Joby Harold
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 83 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 mars 2008

Les bons suspenses se font rares. Il faut souvent en visionner une vingtaine avant qu'un titre intéressant et original sorte du lot. Avec sa prémisse claustrophobe, "Awake" aurait pu être une de ces œuvres qui tient en haleine. Ce n'est malheureusement jamais le cas. Pire, ce premier film de Joby Harold insulte l'intelligence par ses nombreuses séquences tirées par les cheveux.

Clayton (Hayden Christensen) est né dans une bonne famille riche et il n'a jamais manqué de rien. Ses journées, il les occupe à travailler, entre ses escapades de pêche avec son ami médecin (Terrence Howard) et ses parties de jambes en l'air avec la belle Sam (Jessica Alba). Il aimerait bien épouser cette dernière, mais sa propre mère (Lena Olin) n'est vraiment pas chaude à l'idée. Après un mariage secret, son cœur flanche. Transporté sur une table d'hôpital pour une transplantation risquée, Clayton résiste à l'anesthésie chirurgicale et il est conscient de toute l'opération qui est en cours. Préférant s'envoler auprès de ses souvenirs d'enfance, le jeune homme découvre qu'un complot se trame et que sa vie est en jeu. Mais comment se battre et résister si le corps ne peut fonctionner?

Avec son thème médical, "Awake" devait mettre les sens à l'épreuve. En effet, les nombreuses scènes d'opération donnent froid dans le dos avec ces couteaux qui lacèrent la peau, ce sang qui gicle, ce cœur qui est palpé et ce sentiment d'urgence. Ces anesthésies conscientes existent réellement et la recréation sur grand écran met rapidement le cœur en bouillie. Surtout que la caméra suit continuellement le principal protagoniste, s'enfermant avec lui comme un cercueil sous la terre.

Une fois passées ces électrochocs, il y a une œuvre qui ne tient pas ses promesses. L'introduction faisait pourtant penser le contraire. Des personnages qui semblent développés, des sentiments qui ne s'appuient pas trop dans le gâteau au sirop et des performances solides. Autour d'un toujours aussi perdu Hayden Christensen se trouve une attrayante Jessica Alba, une désespérée Lena Olin et un Terrence Howard qui ne cesse d'user de son charisme pour s'avérer sympathique. Rien pour crier au loup, mais des appréhensions qui fondent rapidement comme neige au soleil.

Deux gros problèmes handicapent gravement le long-métrage. Le premier correspond à toutes ces invraisemblances qui surviennent dans le dernier tiers. Dès que les motivations sont connues, la logique et l'intérêt prennent le bord. À tel point que l'intrigue balance dans la farce, devenant une ombre gênante au déjà ordinaire Malice. Ces rires constants et gênants sont moussés par des dialogues un peu boiteux qui deviennent beaucoup trop prétentieux avant la tombée du générique. En effet, le scénariste et réalisateur Joby Harold se permet des discussions avec l'au-delà, saupoudrant ces instants d'un ton sérieux particulièrement risible. Un peu de retenue n'aurait pas fait de mal.

Les qualités techniques n'arrivent pas à faire oublier ces terribles défauts. Contrairement à ce qui est inscrit sur le boîtier, la piste sonore francophone n'est pas en Dolby Digital 5.1, mais bien en Dolby Digital 2.0. Les enceintes sont cependant intrigantes, reléguant élégamment des sons diffus de mouettes, de sirènes et de cacophonies vocales. Les voix s'entendent sans aucun problème et les sous-titres blancs en anglais et en espagnol sont particulièrement aisés à lire. La musique qui berce le tout demeure douce et triste, quoi qu'un peu trop présente par endroits. Les images s'acclimatent au sujet clinique, multipliant les belles couleurs froides, des reflets séduisants et une utilisation intéressante de la lumière. Les contrastes, si importants dans ces confrontations entre le noir et le blanc, s'en tirent haut la main.

Avec une thématique aussi peu vendeuse, ce n'est pas la pochette qui va arranger les choses. Elle montre simplement les visages des trois principaux comédiens et des scènes qui semblent haletantes et inquiétantes. Beaucoup plus sobre est le menu principal du DVD. Celui-ci débute sur le visage de Christensen, le montrant sur une civière, des médecins en arrière-plan. Puis déroule un habile montage sur une mélodie assez inspirante.

Afin de faire oublier le traitement un peu quelconque de l'essai, il y a des suppléments qui s'avèrent souvent plus intéressants que le produit fini. La piste de commentaires du cinéaste en est un bon exemple. Joby Harold sait être à la fois drôle et sérieux. Il parle beaucoup, de tout et de rien, sans jamais se perdre dans des explications sommaires. Presque aussi réussi est ce documentaire sur le tournage. Même s'il dépasse à peine les 13 minutes, ce segment offre la chance à différentes personnes (réalisateur, producteur, acteurs) de s'expliquer sur le script et la mise en scène. Et entendre des docteurs discuter de l'anesthésie consciente se veut plutôt rassurant. Il y a ensuite sept scènes supprimées qu'il est possible de visionner avec les propos du scénariste. Ces moments s'avéraient cependant peu pertinents et beaucoup trop longs pour être inclus dans le montage ultime. Le tout se termine par la bande-annonce originale et une comparaison entre les croquis et le résultat final. De quoi apprécier le travail colossal effectué entre les dessins et l'écran.

"Awake" ne peut faire le mort devant son scénario sans queue ni tête et son ton présomptueux. Qu'une bonne idée ne tienne pas en haleine ou qu'une distribution ne soit pas utilisée correctement peut arriver aux meilleurs réalisateurs. Mais de là l'affubler de rebondissements pompeux et de morales abjectes sur le sens de la vie? Non merci!


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio7