Baby Mama
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Michael McCullers
Année: 2008
Classification: PG
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui / Non
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
20 septembre 2008

Habituellement, les comédies ayant trait avec la naissance ne sont qu'un pamphlet moralisateur sur la société de consommation. Celle-ci... surprise, ne déroge pas du tout de la règle d'un iota. Du début cauchemardesque au dénouement prévisible et sans intérêt, on se retrouve dans la mélasse sirupeuse de bons sentiments flirtant avec la capacité d'un Ed Wood en son temps. Malheureusement, Ed Wood avait ceci de plus: la sincérité qui offrait une aura spéciale à chacun de ses films, tout navet fût-il. À lire dans les éphémérides, chronique d'une comédie morte-née.

Dans le genre pitre, on fait difficilement mieux. Demandez-le à la pauvre Kate (belle à craquer Tina Fey): femme d'affaire de 37 ans au succès indéniable, elle ne parvient tout simplement pas à réaliser son rêve: celui d'être enceinte (et elle est célibataire? Non mais, des soucoupes volantes attaquant la Terre constitueraient un scénario plus probable que ça!!). Elle fait donc appel, après plusieurs tests infructueux (et sa découverte qu'elle ne peut mettre d'enfant au monde), à une agence de mères porteuses. Elle rencontre alors Angie (comique et très à l'aise Amy Poehler), une femme qui est son opposé: désordonnée, chialeuse, colérique, tout pour qu'un bébé ne puisse venir au monde de façon réglo quoi. Kate n'a cependant pas dit son dernier mot. Elle prend sous son aile la future porteuse de son enfant, mais le tout sera plus compliqué que prévu (ben voyons). Nul besoin d'ajouter que la demoiselle se trouve un mec, que le spectateur le plus crétin saurait reconnaître sans problème sans qu'il ait dit un traître mot et ce, dès son entrée en scène.

"Baby Mama" se veut avant tout une comédie. La preuve est cette panoplie d'humoristes venus faire un petit bout de chemin avec Tina Fey dont Amy Poehler et Steve Martin. Ça devrait être drôle, non? Hé bien c'est tout le contraire. Quelques situations font lever un sourire sans plus. Les moments sont clichés au paroxysme du mot. On a droit à un pamphlet moralisateur sur les naissances et le bienfait de savoir se tenir. Révoltant. Nous sommes en 2008, pas à la classe maternelle, enfin! C'est ce que je devrais montrer à mes enfants dans l'avenir? On peut peut-être dire du réalisateur de Knocked Up qu'il est fendant à toujours utiliser les mêmes acteurs et faire les mêmes films, mais il a cette sincérité qui se dégage de chacun de ses projets. Ici, on n'a que dalle à se mettre sous la dent sinon les courbes de Tina Fey... ce qui n'est pas suffisant pour sauver le film de sombrer dans le marasme néo-commercial. Reste les interprètes qui livrent leurs dialogues avec le minimum d'honnêteté requis... et les courbes de Tina Fey (que dites-vous? que je la trouve de mon goût? Mais qu'allez-vous croire!?). Ne parlez pas non plus du rythme, qui est complètement inexistant. La pochette nous vend qu'on rit sans arrêt... j'ai hâte de simplement commencer.

Les suppléments proposent, pour rattraper le ratage quasi-total, une finale alterne, des scènes coupées, quelques revuettes, le tout sous fond complètement publicitaire. Tout le monde est beau, bon et c'est le meilleur film qui n'ait jamais été tourné. Oubliez Citizen Kane, brûlez Kagemusha et dites adieu à Lawrence of Arabia, car "Baby Mama" est là! Dans cette époque post 11 Septembre, difficile de croire que tout ce que les étasuniens ont pu en retirer c'est de faire encore pire qu'avant (c'est à se demander si l'alzheimer ne vient pas de chez-eux...). Ça se congratule à tout vent, on se croirait dans un congrès de Scientologie.

Qui dit mauvais film dit bon transfert, cela va sans dire. Et "Baby Mama" ne fait pas exception à la règle. Des couleurs saturées au maximum pour accentuer l'effet kitsch du film, une palette de teintes chaude pour que l'on sache qu'il ne s'agit pas d'un drame (c'est pas comique non plus... c'est quoi alors?), et des gestes et actions très bien transférées sans incident. Aucun défaut de compression ne se voit mis à part dans quelques scènes nocturnes ou lorsque les ombres sont trop apparentes. Pour le son, c'est également une bonne note puisque les enceintes (tiens donc... le thème du film a un lien avec le son!!) dégagent leur puissance de façon très adéquate. En séparant de manière judicieuse les chaînes et en étalant aussi intelligemment les effets sonores et dialogues, on est presque forcés de se demander comment ils ont pu faire un scénario aussi foireux. En cas de pluie, en cas de peine, en cas de kitsch à combler, "Baby Mama" s'adresse pour ce public. Sinon, passez votre tour, ça vaudra mieux. Une cote de cinq (dont quatre vont à Tina Fey).


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio8