Baby, the Rain Must Fall
Columbia TriStar Home Entertainment

Réalisateur: Robert Mulligan
Année: 1964
Classification: PG
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
9 mars 2004

Relâché sur parole après une bagarre au couteau, Henry Thomas (Steve McQueen) connu pour son extrême violence, retrouve peu après sa sortie de prison sa femme Georgette (Lee Remick) et sa fille Margaret Rose. Il gagne sa vie comme homme à tout faire durant la journée, mais retrouve sa raison de vivre en étant chanteur et musicien le soir afin de joindre les deux bouts. Henry loue une petite maison et tout se déroule parfaitement bien jusqu'au jour où sa mère adoptive vient faire de l'ingérence dans sa vie. Henry refuse de laisser cette femme qui ne l'a jamais compris, lui dicter sa conduite. À la mort de celle-ci, Henry se rend à ses funérailles, mais on le sent frustré et rongé par une rage intérieure qu'il arrive à peine à contrôler. Il décide d'aller prendre un verre afin d'oublier cette dame qui lui torture l'esprit. Puis il se rend à la maison de sa défunte mère, saccageant tout sur son passage, laissant exploser la violence qui l'habite et extériorisant ainsi la haine profonde qu'il éprouve envers celle qui a ruiné sa vie.

Le personnage d'Henry Thomas représente un être révolté et rempli d'ambiguïté. La superbe performance de Steve McQueen est à vous couper le souffle! Ce comédien légendaire aimait beaucoup camper des personnages complexes et des anti-héros. "Baby, The Rain Must Fall" prouve une fois de plus et sans l'ombre d'un doute l'immense talent de Steve McQueen. Comme le mentionnait l'auteur François Guérif, ce personnage est déséquilibré et vulnérable, taciturne et déchiré, chantant un rock désespéré dont les paroles affirment que ces orages ne peuvent être évités et que la pluie doit tomber. Il ne faudrait pas non plus que j'oublie le jeu sublime de la comédienne Lee Remick. Bref, deux grands disparus du cinéma américain qui sauront vous toucher au plus profond de vos émotions.

Le réalisateur Richard Mulligan nous a présenté par le passé l'extraordinaire To Kill A Mockingbird qui avait d'ailleurs procuré à l'acteur Gregory Peck un Oscar pour sa remarquable prestation. Il nous offre ici avec "Baby, The Rain Must Fall" un spectacle savoureux et plein de rebondissements, explorant un personnage central inadapté dans le monde des adultes, ainsi que les pièges des sentiments. Ce film sortit sur les grands écrans le 12 janvier 1965. La critique de l'époque ne l'accueillit pas très favorablement puisque les gens voulaient voir Steve McQueen cantonner des rôles plus physiques et moins obscurs, par exemple celui de Virgil Hilts dans The Great Escape. Mais aujourd'hui, ce drame psychologique qu'est "Baby, The Rain Must Fall" a repris ses lettres de noblesse et est considéré comme l'un des grands films des années soixante.

Les plans de caméra de Richard Mulligan sont fabuleux, ils sont à la fois très recherchés et très sobres. La caméra s'attaque à ses héros de façon conventionnelle en les filmant souvent en gros plan. Le générique du début est très agréable à regarder, l'animation visuelle donne le ton à ce film splendide.

La trame sonore d'Elmer Bernstein est magnifique et touchante, sa musique rehausse admirablement l'ambiance de ce drame. La bande sonore est ici offerte en format Dolby Digital 2.0 mono. Malgré les limitations de ce format, l'écoute est tout de même agréable. L'image du film est parfois floue, abîmée par des rayures et des points blancs parasites. La finesse des détails est un peu en retrait par rapport à certaines restaurations récentes, mais dans l'ensemble, le contraste est correct et la définition est bonne. La majeure partie du film se déroule dans une ambiance très sombre, les noirs n'ont pas tout à fait la profondeur voulue, mais sont néanmoins acceptables. En résumé, disons que l'image de cette édition DVD ressemble à celle offerte en format VHS avec ses imperfections. Cette piètre qualité de l'image ne devrait plus être présente sur un DVD produit en 2004, qui plus est, pour un film considéré comme un classique du cinéma américain.

Un détail important, vous trouverez indiqué sur la jaquette du DVD la présence de sous-titres français, malheureusement, il n'en est rien... les sous-titres sont disponibles uniquement en anglais, espagnol et même en japonais!!! Seules des bandes-annonces d'autres films The Bedford Incident, Fail Safe et In Cold Blood constituent l'ensemble des suppléments sur cette édition.

"Baby, The Rain Must Fall" n'a pas trop vieilli malgré ses 40 ans. Les chansons country-rock quelque peu rétro, sont interprétées par Steve McQueen lui-même. Il est intéressant de spécifier que le rôle d'Henry Thomas fut d'abord et avant tout proposé à Elvis Presley, mais son agent refusa la proposition par peur d'entacher à jamais l'image de son protégé. J'ignore si le scénariste et créateur de cette histoire Horton Foote a voulu y faire un clin d'œil mais toujours est-il que le personnage d'Henry Thomas explique à sa femme et à sa fille assises sur le porche de leur maison qu'il souhaite devenir aussi célèbre qu'Elvis Presley. Ce film intimiste de Richard Mulligan ne plaira certainement pas à tous, mais pour ceux et celles qui sont intéressés par une histoire qui tourne autour de l'incommunicabilité avec les adultes, le besoin d'être aimé et accepté, la hargne libératrice et la révolte, seront vraiment comblés. Pour les inconditionnels de Steve McQueen comme moi, ce DVD est un incontournable.


Cotes

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