Barney's Version
Entertainment One

Réalisateur: Richard J. Lewis
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 134 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212106279

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sarah Szefer
1er septembre 2011

Que l'on soit d'accord ou pas avec son opinion politique, Mordecai Richler est tout de même l'un des plus grands écrivains jamais produits au Québec. Surtout connu pour son roman autobiographique The Apprenticeship of Duddy Kravitz (dont une adaptation fut tournée au cinéma avec Richard Dreyfuss et Micheline Lanctôt) et le livre pour enfants Jacob Two-Two Meets The Hooded Fang. Le dernier roman de Richler, "Barney's Version", fut publié en 1997, soit quatre ans avant son décès. Après tant d'années, nous avons enfin droit à une version cinématographique de cette histoire, avec Paul Giamatti, Dustin Hoffman, Minnie Driver et Scott Speedman. Nous suivons dans ce film la vie de Barney Panofsky (Giamatti), depuis sa jeunesse débauchée en Italie jusqu'à sa mort de l'Alzeimer, par le biais de retours en arrière. Ainsi, nous verrons Barney se marier trois fois, interagir avec son père, l'ancien policier Izzy (Dustin Hoffman) et vieillir dans la solitude et dans l'alcool. Il devra aussi traiter avec la disparition de son meilleur ami, le pseudo-écrivain Boogie, qui gaspille son talent par la drogue et l'alcool.

Dustin Hoffman vole la vedette dans le rôle d'Izzy. Fait à souligner: son fils Jake interprète son petit-fils à l'écran; la ressemblance est assez frappante, ce qui ajoute de la crédibilité au lien filial du personnage. On a également eu l'heureuse idée d'inclure trois apparitions surprises dans le film: Denys Arcand dans le rôle du maître d'hôtel du restaurant du Ritz, ainsi que David Cronenberg et Etom Egoyan, qui jouent les réalisateurs de la fausse série "O'Malley of the North" (un joli clin d'oeil à Due South, qui mettait en vedette Paul Gross, qui joue aussi l'acteur principal de O'Malley). Les séquences de tournage de O'Malley of the North intéresseront justement les admirateurs de Macha Grenon, qui interprète l'actrice Solange, à l'accent québécois épais à couper au couteau (elle se double elle-même dans la version française qui, malheureusement, nie les origines de l'histoire en adoptant un faux accent français international au lieu d'un accent québécois qui aurait mieux collé à la réalité du scénario). Le personnage de la première femme de Barney est peu développé (elle disparaît rapidement, ce qui est bien dommage pour l'actrice québécoise Rachelle Lefebvre), tandis que celui de la deuxième femme, interprétée par Minnie Driver, est une telle caricature de la "princesse juive" agressante qu'elle n'est désignée dans le générique qu'en tant que deuxième femme de Barney.

La jaquette du film comprend deux photos du film: une avec Giamatti et Hoffman et l'autre avec Minnie Driver dans la scène de la réception du second mariage de Barney. Le chargement du DVD fait apparaître une fenêtre de sélection de langue (anglais ou français); cependant, les menus demeurent en anglais quel que soit le choix effectué - cette sélection touche en fait la langue du film en tant que tel. Plusieurs suppléments sont proposés: une piste de commentaires, une séance de questions et réponses avec Paul Giamatti animée par l'historienne du cinéma Annette Insdorf, une entrevue de Richler tournée pour la chaîne Bravo! à l'époque de la sortie du roman et des scènes supprimées. Bien qu'elle soit acceptable, la qualité vidéo souffre un peu de la compression sur DVD, l'image étant un peu floue.

Comme dans bien des films faisant appel aux retours en arrière et au passage du temps sur plusieurs décennies, il est parfois difficile de déceler l'époque à laquelle se déroule une scène donnée. C'est bien dommage, car autrement le film est très bon et les comédiens, très bien choisis. Le jeu de Paul Giamatti est juste et il méritait bien sa nomination aux Oscars. On se rend bien compte que Barney est un être égoïste qui prend de mauvaises décisions (notamment d'aller se soûler et regarder le hockey au lieu d'écouter sa femme Miriam faire des entrevues à la radio). Pourtant, alors qu'il pourrait être un personnage antipathique, Paul Giamatti réussit à le rendre attachant. L'utilisation de la musique de Leonard Cohen est entièrement appropriée dans ce film. Chose certaine: après avoir vu "Barney's Version", on se prend à vouloir lire le roman de Richler. Dix ans après son décès, peut-être l'homme aux opinions controversées fera-t-il enfin place à l'écrivain de talent, dont les livres seront encore lus pendant encore bien des années à venir?


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7