Barton Fink
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Joel Coen, Ethan Coen
Année: 1991
Classification: R
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
20 mai 2003

Je ne sais pas pour vous, mais il m'arrive parfois de ne plus pouvoir quitter le visionnement d'un film dès que j'en vois ne serait-ce que quelques images et à n'importe quel moment de son déroulement. "Barton Fink" est un de ces films qui me donnent cette envie irrésistible de vouloir absolument continuer à savoir ce qui va se passer ensuite, quitte à le revoir et le revoir encore.

Réalisée par les Frères Cohen, comme on a pris l'habitude de les nommer depuis de nombreuses années (Ethan et Joel pour être poli), cette satire du monde du théâtre prend place durant les années 40. Elle nous raconte l'histoire pauvre et dramatique d'un auteur à succès new-yorkais qui part tenter sa chance à Hollywood. Il est embauché par un grand studio qui lui demande d'écrire le scénario d'un film sur le catch (ou la lutte, si vous préférez). Barton (John Turturro) se demande alors dans quoi il est tombé, lui qui se retrouve si loin de son domicile et de ses petites habitudes d'écrivain. Sa chambre d'hôtel est au milieu d'un immense couloir mystérieux et intrigant, qui semble presque ne pas finir. Son voisin de chambre, Charlie Meadows (John Goodman) est un jovial représentant d'assurances qui semble aussi esseulé que Barton et qui recherche de la compagnie. Les rencontres de notre écrivain le mèneront du pire vers le meilleur, jusqu'au drame alors qu'il se voyait renaître. Une descente aux enfers au pays des rêves les plus fous.

Débutant dans un environnement social et public, le film se referme petit à petit autour du personnage de Barton Fink pour nous montrer son angoisse et ses peurs. Les trouvailles visuelles des réalisateurs ou les moments de tension à la limite de la comédie sont malgré tout nombreux, tel cet instant où le papier peint se décolle et où on se demande s'il faut en rire ou en avoir peur. Le film est aussi un questionnement sur la portée du cinéma des années 40 et surtout de ceux qui le dirigeaient (mais est-ce vraiment différent aujourd'hui ?). Les noms des personnages qui peuvent rappeler des directeurs de studios plus contemporains. Le monde des paillettes et du strass qui semble si proche, mais qui est finalement tellement inaccessible.

Ce film reçut trois nominations aux Oscars de 1991 et surtout il gagna la Palme d'Or du Festival de Cannes de la même année ainsi que les prix du meilleur acteur pour John Turturro et du meilleur réalisateur pour Joel Coen lors du même festival.

La qualité de ce DVD est assez sobre. L'image est de bonne qualité, présentée dans son format original panoramique. Comme il y a beaucoup de scènes sombres (ou éclairées par de simples lampes d'intérieur), les contrastes sont assez nets et les couleurs gardent bien le ton ambré qu'on a voulu leur donner. Contrairement à ce qu'indique la pochette, les pistes sonores française et espagnole sont bel et bien en Dolby Stéréo et non mono. De plus, bizarrement, la piste espagnole est plus forte que les deux autres pistes. Le menu principal est animé d'une des scènes clés du film qui dévoile, à mon avis, un peu trop l'intrigue pour ceux qui découvrent ce film pour la première fois.

Pour ce qui est des suppléments, ils sont peu nombreux. Quelques bandes-annonces dont celles de Miller's Crossing et de Raising Arizona, une série de photographies de tournage ou de clichés du film que nous faisons naviguer à l'écran à notre guise et enfin huit scènes supprimées d'une durée totale d'environ douze minutes. Ces scènes nous sont présentées comme un nouveau montage de scènes existantes, la nouvelle partie nous apparaissant en couleurs et celle qui existe dans le film restant en noir et blanc. Très astucieux.

"Barton Fink" n'est certes pas un film à mettre devant tous les yeux, tant son aspect noir et sans espoir est développé et finalement impossible à modifier. Les frères Cohen ont réussi d'une manière remarquable à retranscrire à l'aide de décors stressants et d'images qui parlent d'elles-mêmes une atmosphère étouffante (on se prend même à ressentir la chaleur qui règne dans ces journées californiennes) et qui laisse peu de place à l'espoir. Le film est ici la transcription en images des pensées du personnage principal. Fort et sombre. Seul et incompris. La pensée vide d'un homme qui se réfugie dans une image de vacances anonyme sur une plage sans nom. Un grand moment de cinéma.


Cotes

Film9
Menu6
Suppléments6
Vidéo7
Audio6