Batman: The Motion Picture Anthology 1989-1997
Batman / Batman Returns / Batman Forever / Batman & Robin
Warner Home Video

Réalisateurs: Tim Burton / Joel Schumacher
Année: 1989 / 1992 / 1995 / 1997
Classification: 14A
Durée: 126 / 126 / 121 / 125 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 128
Nombre de disques: 8 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 août 2007

Tim Burton avait déjà fait ses preuves au cinéma bien avant de mener les deux premières aventures de Bruce Wayne, alias Batman. Le chemin néogothique qu'il a emprunté depuis Beetlejuice lui a été salvateur pour "Batman Returns", consacrant ainsi la visualisation d'un univers tout aussi rongé de la carafe que le Batman de Frank Miller. D'un autre côté, prenant la relève de ce talentueux cinéaste se trouve Joel Schumacher qui, faute de posséder un CV hors pair, peut quand même se vanter d'avoir mené à bien une adaptation timorée de A Time To Kill. Cependant, il est clair qu'au visionnement de "Batman Forever" et de "Batman & Robin", force est de constater que la franchise a non seulement suivi la même pente que celle de "Superman" (avant sa splendide résurrection), mais qu'elle a perdu toute saveur, inspiration et effet de nouveauté. Finis donc les délires dans lesquels les erreurs de la nature affrontaient le sombre chevalier avec une psyché troublée au "profit" d'une série Z à 100 millions. La déchéance.

Commençant très haute, la série s'offre les services de Jack Nicholson dans le rôle du Joker. Timbré, mais diablement efficace, il relègue presque Batman au second plan, ne serait-ce que par son interprétation énergique et survoltée. Michael Keaton tire noblement son épingle du jeu, faisant de son mieux en portant un costume expérimental trois fois trop lourd tout en démastiquant les criminels. "Batman Returns" est l'apothéose de ce coffret. Tim Burton a pu mettre en image le film qu'il voulait concevoir sans réellement en faire une suite. Danny DeVito offre au film un Pingouin râleur, sadique et quelque peu pervers, défiguré à souhait par le maquilleur expert Stan Winston pour l'occasion. Michelle Pfeiffer opte pour le latex moulant de Catwoman et s'arme du fouet avec une efficacité redoutable tandis que Christopher Walken nous gratifie du véritable vilain du film (triple menace pour Batman).

Lorsque Tim Burton se désiste, Joel Schumacher prend la relève. Pour ce faire, il engage rapidement Val Kilmer, tout juste sorti de Tombstone. Ce dernier livre une marchandise de premier degré puisqu'il n'est plus question de faire réfléchir les cinéphiles. Jim Carrey revêt les maints costumes pour le Riddler alors que Tommy Lee Jones se fait peindre la moitié de son visage en pourpre (?) pour le rôle de Two-Face. Ces deux malfrats ne sont, cependant, d'aucune menace tant ils jouent à l'outrance. Seule réelle nouveauté est Nicole Kidman incarnant un personnage de psychologue aux avenues prometteuses, mais jamais tenues. Le dernier volet sombre dans le ramassis de clichés créés par la série originale de 1966. George Clooney, même s'il parvient à retenir sa claustrophobie, joue mécaniquement et on ne peut en dire mieux d'Arnold Schwarzenegger en Mr. Freeze, dont l'interprétation est digne des meilleurs Michael Bay (cynisme, quand tu nous prends). Toutefois, c'est Uma Thurman en Poison Ivy qui sera la meilleure interprète du film. Elle sait dans quoi elle se trouve et se joint à la rigolade en interprétant à l'opposé de tous soit : outrance assumée.

Des commentaires passionnants (pour les films de Burton), plusieurs scènes coupées, des entrevues de Bob Kane (le créateur de Batman), près de cinquantes revuettes concernant tous les aspects de la production de chacun des films, neuf vidéo clips, rien n'est laissé au hasard de ce coffret qui mérite bien qu'on s'y attarde. Éloquents, nombreux et fascinants, ces extras montrent la genèse du personnage jusqu'à l'icône tordue qu'il est devenu aujourd'hui. En totalité, ces bonus représentent pas moins de 18 heures d'écoute. Les studios Warner prouvent que cette anthologie enterre complètement, façon "Casino", la radine et parcimonieuse édition précédente avec un simple revers de la main.

Le transfert est tout simplement sans faille. Pour tout dire, Batman n'a jamais été aussi bien équilibré tant au niveau sonore que visuel. Les couleurs sont bien reproduites, les clairs-obscurs sont respectés et le son offre de joyeux moments sonores, lors des deux premiers épisodes, pendant les affrontements (nombreux).

Le seul réel problème concernant ce coffret réside dans le doublage. Là où l'on retrouvait une traduction produite au Québec, voici qu'il ne reste que le second et dernier volet de cette anthologie à proposer ce que notre oreille a toujours entendu. Inutile de mentionner la déception totale lorsque la chauve-souris affirme, dans une voix qui frôle la féminité : "je suis Batman". Malgré cette large déception, le coffret proposé par Warner est impeccable. Tout ce que l'on aurait pu souhaité connaître sur Batman nous est livré en de généreuses entrevues et commentaires dans une édition qui peut rivaliser celle de Superman:Ultimate Collector's Edition.


Cotes

Film9/10/6/5
Présentation7
Suppléments9
Vidéo8
Audio5/8/5/8