Batman Begins
Two-Disc Deluxe Edition
Warner Home Video

Réalisateur: Christopher Nolan
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 140 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 août 2007

Il n'y a pas de franchises plus meurtries que Superman et celle de Batman. Ayant subi les affres des producteurs envieux d'obtenir leur part du gâteau, celles-ci sont tombées dans la déchéance, reléguant ainsi leurs personnages iconographiques aux mémoires des jours anciens et meilleurs. En 1997, après l'échec commercial et critique de Batman & Robin, tout semblait perdu. Joel Schumacher désirait rester tout en attachant un autre nom qui aurait pu revêtir la cape du héros chauve-souris : Kurt Russel. Il n'en fallait pas plus pour que la première génération internaute fulmine et ordonne, dans une voix unanime plus forte que celle des producteurs, de cesser toute tentative de ressusciter Batman qui ne saurait rendre justice au personnage (on parlait de boycotter les films de Warner). Le vœu de toute une nation de fans aurait pu ne jamais être exaucé, n'eût été d'une journée tragique dans les récentes annales de l'histoire du 21ème siècle : le tristement célèbre 11 septembre 2001. Il a fallu 3000 victimes pour qu'un studio comprenne (figurativement, bien entendu) ses erreurs. Depuis cette période fragile, le cinéma a subi une cure de renouveau puisqu'ils ne finissent plus nécessairement de façon joyeuse; pour la nation du drapeau tricolore étoilé, c'est tout un événement. Puisque les producteurs ne voulaient plus des délires néogothiques et que les fans n'étaient plus très chauds à l'idée des excentricités crypto-gaies de Joel Schumacher, il fallait trouver un terrain d'entente et dénicher LE nom qui allait faire pencher la balance. Ce nom? Christopher Nolan.

Éprouvé de la mort de ses parents, Bruce Wayne (très convaincant Christian Bale) quitte le pays, recherchant le moyen de combattre la criminalité où qu'elle se trouve. Cet exil, provoqué par une chaude réunion avec une amie d'enfance (Katie Holmes), lui fait découvrir le monde du vol. Devenant lui-même un hors-la-loi, il est mis aux arrêts et trouve refuge lorsqu'un homme nommé Henry Ducard (Liam Neeson) le fait libérer tout en lui suggérant la proposition de suivre les enseignements de Rhas-Al Ghul. Subissant une très longue transformation mentale et physique, Bruce Wayne sera confronté, lors d'un test déterminant sa place dans la ligue des Ombres, au visage de sa peur ainsi qu'à sa force. De retour à Gotham, il apprend la cotation en bourse de l'entreprise fondée par son père et, mettant sa douleur personnelle de côté, se rend compte du mal qui ronge sa ville. Aidé par le majordome Alfred (somptueux Michael Caine en figure paternelle suggérée) ainsi que Lucius Fox (Morgan Freeman, toujours excellent), il se crée une armure, maladroite au début, qui deviendra le visage de sa propre peur, qu'il retournera contre ses ennemis : Batman. Lors d'un premier essai, il parvient à mettre la main au collet du grand patron du monde interlope régnant sur Gotham, ce que personne n'avait osé faire auparavant. À ce moment, les choses vont de mal en pire puisqu'un psychiatre illuminé, Jonathan Crane (Cylian Murphy, très convaincant), procède à un plan bien de son cru, soi contaminer les réserves d'eau de la ville d'un produit incolore, inodore et sans goût. Entre temps, les entreprises Wayne se font subtiliser une arme expérimentale secrète pour le compte d'un criminel sans nom ni visage. Dans un troisième acte bourré d'action, de suspense et d'effets spéciaux impeccables, Batman aura fort à faire s'il veut libérer la ville de tout le mal qui la ronge.

Tout simplement un redémarrage surprenant de la franchise. Au moment où il n'était plus possible de croire au miracle, voilà que Christopher Nolan nous offre un Batman plus près de ses origines en papier. De l'assassin des parents à Bruce Wayne en passant par les multiples clins d'œil à la bande dessinée, le scénario de Nolan et David ("Blade") Goyer retrace pas moins de 60 ans d'histoire en 140 minutes, qui passent très vite. La réalisation est énergique et prend le ton voulu des scènes qu'elle aborde. On a autant affaire à un film d'action que d'un thriller, un film noir, un film politique, un drame d'espionnage, tout est bien cadré. Christopher Nolan sait tirer le meilleur de sa caméra et la musique, pas aussi connue que les accords immortels de Danny Elfman, sert bien les propos. Composée par Hans Zimmer ainsi que James Newton Howard, elle enveloppe bien les images sans les noyer. Les effets spéciaux sont superbes. Ils ne prennent pas la place de l'histoire comme ils l'ont fait lors des deux précédents films de Batman, mais servent cette fois l'environnement, à mettre l'emphase, à être utiles. En somme, il pourrait bien s'agir tout simplement du meilleur film de ce héros jamais réalisé, quoique "Batman Returns" se trouve au même rang.

Côté suppléments, c'est une belle brochette qui nous attend. Documentaires sur l'entraînement de Christian Bale, la fabrication de la batmobile, les effets spéciaux, encore une fois, Warner offre une édition prestige dotée d'un second disque bourré. Le menu du second disque est d'ailleurs composé d'une bande dessinée interactive dans laquelle on peut naviguer en visionnant les revuettes proposées. On retrouve également un livret regroupant trois histoires de Batman : la première de toutes, dessinée en 1939 par Bob Kane, une seconde introduisant Henry Ducard et la troisième montrant le ton "film noir" adopté par le métrage. On regrette seulement l'absence d'une piste de commentaires, qui aurait certainement élucidé plusieurs questions que les fans se posaient.

Le transfert est reluisant. L'image se regarde bien alors qu'on ne discerne aucune tache de compression, aucun défaut de pellicule ou autre. Le son en Dolby Digital 5.1 est tout simplement impeccable. Il utilise bien les enceintes surtout lors des moments forts du film.

"Batman Begins" est le meilleur recommencement (juste avant Superman Returns) d'une série qui n'est que le premier d'une longue et passionnante trilogie. Pour bien s'imprégner du héros, pour savoir à quel point il est tourmenté, ce qui le ronge vraiment, ce film doit figurer juste à côté de "Batman Returns". Un incontournable et l'un des plus efficaces de 2005. Chapeau à Christopher Nolan et son équipe, vivement "The Dark Knight" en 2008.


Cotes

Film10
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio8