Beasts of the Southern Wild
Entertainment One

Réalisateur: Benh Zeitlin
Année: 2012
Classification: PG
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212003288

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 décembre 2012

Oubliez les Golden Globes et probablement les Oscars. Le deuxième meilleur film américain de 2012 (après The Master de Paul Thomas Anderson) est une œuvre qu'à peu près personne n'a vue, mais qui a tout de même remporté la Caméra d'Or à Cannes et le Grand Prix du Jury au Festival de Sundance. Comme Noël est déjà là, faites-vous plaisir en offrant - et en vous offrant - le superbe "Beasts of the Southern Wild" qui fait frissonner de bonheur.

Peu importe les drames, les catastrophes, les maladies et les injustices qui frappent à la porte. Lorsque les gens et les communautés se tiennent ensemble en prenant soin de leurs semblables, ils peuvent affronter n'importe quoi. C'est ce que se disent la petite Hushpuppy (Quvenzhaé Wallis) et son père (Dwight Henry) lorsqu'une pluie diluvienne cause d'immenses inondations.

Symbole par excellence de courage et de ténacité face à l'adversité, "Beasts of the Southern Wild" rappelle par son style fou, sa virtuosité technique et sa poésie omniprésente les créations d'Emir Kusturica, de Terrence Malick, de Federico Fellini et même d'Hayao Miyazaki. Pourtant, il s'agit du premier long-métrage de Benh Zeitlin, qui offre une mise en scène somptueuse en parfaite osmose avec son sujet et la nature ambiante. Sans jamais tomber dans le mélodrame, décoiffant par son rythme bien dosé, son humour ravageur, son symbolisme magique et ses instants où la vie semble vouloir exploser, cette pièce maîtresse ne peut que séduire au plus haut point. Les comédiens non professionnels sont criants de vérité et les larmes finissent par apparaître dans le détour, surprenant par leur intensité.

L'extraordinaire partition musicale de Zeitlin et de Dan Romer évoque les plus grands tubes d'Arcade Fire. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont extrêmement immersives, utilisant les enceintes pour y faire triompher des bruits d'eau, de vent, de tonnerre et de feux d'artifice. Les voix sont parfaitement audibles et comme les accents sont nombreux, cela peut être intéressant d'insérer de potables sous-titres blancs. Il y a également un doublage en français qui n'est pas désagréable. Les images soignées sont composées de couleurs précises, de teintes détaillées et de contrastes assez homogènes. Il y a parfois du grain qui fait office de recherche esthétique.

La jolie pochette colorée montre un enfant qui semble émaner d'étincelles. Le séduisant menu principal du DVD préfère plutôt superposer une mélodie en puissance à un efficace montage de scènes. Les suppléments proposent un intéressant documentaire de 23 minutes sur le tournage, de belles scènes supprimées qui sont accompagnées de commentaires du réalisateur, des auditions des protagonistes et le prenant court-métrage "Glory at Sea" qui nage dans les mêmes eaux que le film.

Bien qu'il ne soit pas parfait, "Beasts of the Southern Wild" fait grande impression, étant un peu l'équivalent cinématographique de l'exquise série télévisée Treme. Eh oui, les deux opus se déroulent en Louisiane, qui a été l'objet ces dernières années des pires cataclysmes. On soigne toutefois ses plaies et on arrive à revivre au contact de cette ode à la vie, à la nature, à la résilience et à la nécessité de s'unir pour s'en ressortir plus fort.


Cotes

Film9
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio8