Being Charlie
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Réalisateur: Rob Reiner
Année: 2015
Classification: 18A
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 013132647227

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
27 février 2017

Mêler sa propre vie à son art est chose commune depuis bien longtemps pour les artistes, mais parfois, lorsqu'on est trop proche de son sujet, cela nous empêche également d'être objectifs face au résultat final. Et bien que le plus récent long-métrage du vétéran cinéaste Rob Reiner est bien loin d'être aussi catastrophique que ce que certains en ont dit, disons simplement qu'il y a beaucoup plus d'éléments qui ne fonctionnent pas que d'éléments qui fonctionnent dans le touchant film de dépendance qu'est "Being Charlie".

Inspiré de la propre histoire de dépendance de son fils, qui a par ailleurs co-écrit le scénario, le long-métrage a été déclaré par le réalisateur lui-même comme le film le plus difficile à faire de toute sa carrière. On peut le comprendre puisque la mise en scène très téléfilmesque est gentille et mise beaucoup sur la rédemption plutôt que la condamnation.

On y suit la dure réalité de Charlie Mills qui est balancé d'un centre de désintox à un autre pendant que son père frigide tente d'avancer une carrière politique. Cette (mauvaise) figure paternelle créera des retrouvailles pour l'acteur Cary Elwes avec Reiner qui ne l'avait pas dirigé depuis The Princess Bride. On y fera d'ailleurs beaucoup de clin d'oeil en clamant que le politicien en question est un ancien acteur d'un "fameux film de pirates".

C'est peut-être aussi ce manque de focus qui empêchera le film de vraiment gratter en profondeur les réels travers de la dépendance. Si la performance à elle-seule du jeune Nick Robinson vaut le détour, continuant ce qu'il nous avait fièrement démontré dans l'excellent The Kings of Summer plutôt que ses piètres moues dans Jurassic World, on regrette qu'on enterre inutilement l'ensemble pourtant court dans une histoire d'amour en queue de poisson et une histoire politique beaucoup trop superficielle pour être un tant soit peu crédible.

On comprend le désir du cinéaste d'essayer de rassembler les éléments de ses films les plus populaires, mais s'il ne se concentre pas sur un genre en particulier, Reiner perd rapidement les pédales, ne trouvant ni le charme naïf du méconnu, mais pourtant charmant Flipped, ni la romance de When Harry Met Sally ou encore le doigté politique de The American President (scénario de Sorkin oblige). Au moins, on est déjà sur une meilleure pente que le pathétique And So It Goes et il n'a pas tenté des mélanges douteux en revenant à l'horreur comme dans Misery ou le documentaire comme son film-culte This is Spinal Tap.

Bien que filmé pour la maison (les gros plans se comptent par milliers) et le travail sur l'éclairage laisse clairement à désirer (il y a probablement une très mauvaise utilisation des lumières naturelles compte tenu les lieux clos dans lesquels on tourne), on doit admettre que le travail sonore est un brin mieux soigné que l'image. Ponctué d'une jolie trame sonore mélancolique, on est dorloté ici et là par une tendresse généralisée, bien aidé de la présence chaleureuse de Susan Misner dans le rôle de la mère aimante, mais déchiré entre son fils et son mari.

Dénuée de suppléments, cette édition DVD est seulement disponible en langue originale ce qui est un peu dommage puisque malgré le traitement, ce drame très humain est facilement recommandable à un large public. On regrette aussi le design particulièrement hideux de la pochette où un montage fourre-tout de photographies des vedettes principales du film sont intégrés avec beaucoup trop de luminosité. Disons que juste avec la pochette, le désir de voir le film n'est pas particulièrement grand. Le menu statique est dans la même optique minimaliste.

Enfin, "Being Charlie" est un film qui aurait pu avoir une certaine importance, mais qui au final s'avère assez conventionnel et probablement parfait pour être présenté soit l'après-midi à la télévision ou en classe pour mettre les étudiants en garde contre les dangers de la drogue. Cela n'empêche pas l'écoute qui s'avère satisfaisante, bordée d'émotions ici et là malgré des réserves généralisées pour tous ces petits détails qui empêchent le film d'être nécessairement réussi (on pense à ce qui touche au stand-up et surtout cette finale précipitée et cette dernière réplique...).

On attendra alors de voir si Rob Reiner a encore ce qu'il faut pour rester derrière la caméra ou s'il devrait uniquement se contenter de ses petites performances devant qu'il ose nous offrir de temps en temps.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments-
Vidéo5
Audio6