Best Picture Academy Award Winners Collection
The Godfather / Terms of Endearment / Forrest Gump / Braveheart / Titanic / American Beauty / Gladiator
Paramount Home Entertainment / DreamWorks Home Entertainement

Réalisateurs: Variés
Année: 1972 / 1983 / 1994 / 1995 / 1997 / 1999 / 2000
Classification: 18A / 14A / PG / 18A / 14A / 14A / 18A
Durée: 175 / 131 / 141 / 177 / 194 / 122 / 155 minutes
Ratio: Variés (panoramique)
Anamorphique: Oui
Langue: Variés
Sous-titres: Variés
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 8 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
28 janvier 2007

À chaque année depuis 1928, les bonzes d'Hollywood se réunissent pour élire ce qui semble être à leurs yeux le meilleur film de l'année précédente. Entre respecter la pression populaire du public et choisir l'œuvre la plus novatrice et importante du moment, l'écart est souvent énorme entre ces deux pôles. 2007 ne fait pas exception à cette tradition et entre Babel, The Queen, The Departed, Letters From Iwo Jima et Little Miss Sunshine, difficile de deviner avec exactitude ce qui correspond à la crème de la crème de 2006.

Dans cette optique, Paramount a décidé de lancer "Best Picture Academy Award Winners Collection", un coffret compilant sept de leurs productions qui ont déjà remporté l'Oscar du meilleur film. En ordre chronologique, il y a "The Godfather", "Terms of Endearment", "Forrest Gump", "Braveheart", "American Beauty" et "Gladiator". Pour les personnes qui ont déjà fait l'acquisition de ces œuvres dans le passé, pas besoin de casser le petit cochon à nouveau. Les éditions DVD sont loin d'être nouvelles ou inédites. Ces sont les mêmes qui sont déjà sur le marché, mais dans un boîtier plus mince et dans une jaquette de carton montrant les sept titres choisis. Le reste est pratiquement identique. Voici un petit tour d'horizon pour revivre, l'instant de quelques lignes, le rire et surtout le drame véhiculés par ces morceaux souvent phares du cinéma américain.

"The Godfather" est facilement le morceau de choix du coffret. Cette transposition sur grand écran du destin du patriarche Corleone (Marlon Brando) et de sa famille mérite tous les regards tant la réalisation de Francis Ford Coppola est magistrale et tant les interprétations des Brando, Al Pacino, Robert Duvall et autres James Caan sont de premier ordre. Souvent copié, jamais égalé (sauf peut-être par le deuxième volet), ce régal a réussi à devancer en cette année 1972 ses principaux concurrents qu'étaient Deliverance et The Candidate. Un triomphe mérité présenté avec deux pistes sonores qui transposent efficacement les nombreux dialogues et cette fabuleuse musique. Les images ont peut-être vieilli avec le temps, mais il n'y a rien pour gâcher un mariage aussi unique. En guise de suppléments, il y a une piste de commentaires du cinéaste qui traite avec amour de son bébé fétiche et de son adaptation si chérie par les amateurs de cinéma.

À part le Paris, Texas de Wim Wenders, 1983 est une année facilement oubliable tant il n'y a pas eu beaucoup de productions mémorables. C'est la mignonne comédie dramatique "Terms of Endearment" qui a remporté les grands honneurs. Dans cette chronique familiale, de grands acteurs (dont Shirley MacLaine et Jack Nicholson) se donnent la réplique. Sans crier au génie, cette petite vue fait aisément rire et pleurer. Le transfert sur DVD ne casse peut-être rien (l'image et le son demeurent terriblement ordinaires), sauf qu'il y a une piste de commentaires humoristiques du réalisateur James L. Brooks, de la conceptrice visuelle Polly Platt et de la coproductrice Penney Finkelman pour faire avaler la pilule.

Le choix du meilleur film de 1994 a fait couler beaucoup d'encre. Les cyniques votaient pour Pulp Fiction pendant que les amoureux d'histoires sombres n'en avaient que pour The Shawshank Redemption . C'est finalement la simple et touchante histoire de "Forrest Gump" qui allait presque tout rafler. Pour une rare fois, la lumière a été choisie au détriment de la noirceur. Le long-métrage de Robert Zemeckis, qui suit le parcours extraordinaire d'un être un peu simple d'esprit, détient pourtant de très bons atouts à son dossier. La reconstitution d'époque est remarquable, les effets spéciaux sont renversants, la trame sonore est inoubliable et il y a Tom Hanks qui défend probablement le rôle le plus célèbre de sa carrière. Et quelle chance que l'édition insérée dans ce coffret est celle de deux disques avec une tonne d'options! Non seulement les aspects techniques sont tout à fait dans leurs éléments, mais il y a aussi deux pistes de commentaires (avec Zemeckis, les producteurs Steve Starkey et Wendy Finerman et le concepteur Rick Carter) très complètes et des documentaires pertinents sur les effets visuels, la musique, les maquillages et le monde qui entoure ce héros plus grand que nature.

Avec "Braveheart" en 1995, l'Académie a récompensé l'œuvre la plus violente en nomination en faisant fi des Dead Man Walking et autres Toy Story. Malgré sa barbarie et son ton bon enfant, la réalisation de Mel Gibson offre probablement la quintessence du genre. En homme simple qui cherche à venger la mort de son amour en incitant les gens à se soulever, ce William Wallace (toujours Gibson) impose le respect à travers une longue fresque mélangeant humour, symphonies légendaires et scènes de combats ensanglantées. Les images sombres et le bruit exacerbé des armes offrent une parfaite mise en situation. L'édition présente n'est cependant pas très riche en bonus. Il n'y a qu'un segment peu informatif sur le tournage et une piste de commentaires un peu trop partisane de son réalisateur. Quelle chance que le produit final compense amplement ces largesses.

"Titanic" (1997), c'est la victoire du cinéma populaire sur celui plus prisé par les cinéphiles. Des œuvres tout aussi méritoires telles L.A. Confidential et Boogie Nights ne pouvaient tout simplement rien face au raz-de-marée de James Cameron. Avec presque une décennie de recul, il faut constater que le choix était loin d'être dramatique pour cette reconstitution de l'énorme catastrophe survenue en 1912. La passion entre Leonardo DiCaprio et Kate Winslet était palpable, le romantisme exacerbé demeure encore une référence, les chansons un peu lourdes (ah, Céline Dion) demeurent dans les réminiscences collectives et quelle pluie d'effets spéciaux renversants! Ici, il n'y a malheureusement rien à se mettre sous la dent en terme de suppléments, mais la qualité de la transposition vidéo et audio atteint des sommets lorsque les vagues déferlent dans les haut-parleurs.

En 1999, un seul titre était sur toutes les lèvres. La charge des supérieurs Fight Club et Magnolia n'étaient que des pacotilles à côté du triomphe de "American Beauty", le film "préféré" de Steven Spielberg depuis tant d'années. Il aura fallu le 11 Septembre 2001 pour éliminer presque totalement des songes cette histoire cynique et désabusée d'un père de famille qui cherche à entrer en relation avec une amie de sa fille. C'est un peu triste pour Sam Mendes qui se bat à la réalisation pour insuffler de la poésie aux dialogues et pour la brochette de talentueux interprètes dont émane un Kevin Spacey plus vrai que nature. Les images développées et l'utilisation ingénieuse du son n'ont pas changé d'un iota. En prime, il y a une très belle piste de commentaires de Mendes et de son scénariste Alan Ball, ainsi qu'un documentaire sur le tournage, un "storyboard" comparé et plusieurs options disponibles sur l'Internet.

"Gladiator" est facilement le long-métrage le plus faible du lot, et l'absence totale d'une piste française n'est pas la raison de cette déroute. En 2000, les productions originales et captivantes comme Memento ne manquaient pas. Pourtant, c'est à cette énième renaissance du péplum qui a été retenu pour les plus hauts honneurs. En reprenant presque exactement la même recette de Ben-Hur - un esclave qui s'émancipe - Sir Ridley Scott ne pouvait pas se tromper. Une reconstitution luxueuse, beaucoup de combats, un Rusell Crowe possédé : autant d'éléments importants qui ne compensent pourtant pas le manque d'âme. Sur le plan technique, c'est toutefois la totale. Les magnifiques images dorées et les nombreux effets sonores extrêmement clairs offrent le parfait champ de bataille dans le salon. Les à-côtés sont dominés par une piste de commentaires touffus de Scott, du monteur Pietro Scalia et du directeur photo John Matthieson ainsi que de nombreux éléments moins essentiels comme une dizaine de scènes retranchées, de multiples galeries de photos et le journal écrit de l'acteur Spencer Treat Clark.

Les gens qui ne possèdent aucun de ces titres se doivent absolument de se procurer "Best Picture Academy Award Winners Collection" qui se vend à un faible coût. La majorité des films choisis, même s'ils appartiennent à la culture de masse ou à un passé pas si lointain, sont indéniablement recommandables. De l'action, du drame, du rire, de l'émotion : tout ce qui est nécessaire pour comprendre l'évolution populaire du septième art hollywoodien.


Cotes

Film10/ 7/9/10/8/8/6
Présentation5
Suppléments3/ 3/ 8/ 5/ -/ 7/ 6
Vidéo7/ 6/ 8/ 8/ 9/ 8/ 10
Audio7/ 6/ 8/ 7/ 9/ 8/ 10