Beyond The Sea
Christal Films

Réalisateur: Kevin Spacey
Année: 2004
Classification: G
Durée: 118 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Amélie Gravel
16 juillet 2005

C'est bien connu, la vie des gens riches et célèbres fascine une grande majorité de gens partout dans le monde. L'industrie cinématographique profite de cette curiosité populaire en réalisant régulièrement des films basés sur la vie d'artistes généralement aimés du public, tels que Ray (Ray Charles), De-Lovely (Cole Porter) ou plus anciennement La Bamba (Ritchie Valens). Encore une fois, nous pouvons satisfaire notre côté "voyeur" en visionnant la toute nouvelle production sur la vie professionnelle et personnelle et Bobby Darin, l'interprète américain qui nous a offert les succès Splish Splash et Beyond The Sea dans les années 60.

Le concept du film est bien simple: Bobby Darin (Kevin Spacey) décide de tourner un film sur lui-même (légèrement narcissique!). Ce scénario est un prétexte pour retourner dans le temps et nous montrer sa vie depuis sa plus tendre enfance. À peu près chronologiquement (quelques retours au présent entrecoupent la ligne du temps), nous suivons le cheminement de Walden Robert Cassotto qui, condamné dès son plus jeune âge par une maladie du cœur, s'est tourné vers la musique pour effacer ses souffrances. Son but ultime: se produire au Copacabana, là où toutes les étoiles de la musique ont performé, et être aussi populaire de Frank Sinatra, sinon plus. Pour atteindre son objectif, Robert est prêt à tout: il n'a que 20 ans lorsqu'il change son nom pour Bobby Darin et son premier succès vient quelques temps plus tard à l'aide d'une chanson composée en vingt minutes ("Splish Splash"). Ce tube marque le début d'une carrière fulgurante qui le mène autant dans les studios d'enregistrement que sur les plateaux de tournage de cinéma. C'est d'ailleurs sur le plateau de son premier film, Come September, qu'il rencontre celle qui deviendra son épouse et la mère de son fils, la fameuse Sandra Dee (Kate Bosworth). Ce couple demeurera uni jusqu'au décès de Bobby, à l'âge de 37 ans, malgré les nombreuses difficultés à concilier leur vie professionnelle mutuelle et leur relation personnelle.

Le menu est très animé: il nous montre divers extraits de performances de Kevin Spacey dans la peau de Darin, avec comme fond musical une version instrumentale de la musique de ce dernier. Quant à la présentation du DVD, la pochette ordinaire est enveloppée dans un boîtier en carton. Il est vrai que cela donne un effet un peu plus riche, mais je trouve décevant que la pochette du dessus soit en tous points identique à celle du dessous.

J'ai été très frustrée en visionnant les suppléments, car une erreur flagrante s'est glissée dans l'impression des pochettes à ce sujet. On nous annonce quatre suppléments: une piste de commentaires, un documentaire sur la production, une entrevue avec le vrai gérant de Bobby Darin ainsi que des archives authentiques de ce dernier. Ces deux derniers extras sont tout simplement absents du DVD! C'est d'autant plus décevant que ceux-ci semblaient être les plus intéressants! Par chance, les deux rescapés le sont quand même. Le documentaire sur la production est très complet. Nous y entendons les commentaires des acteurs et producteurs sur plusieurs sujets concernant la production: les conditions climatiques du tournage à Berlin, l'apprentissage des chorégraphies, le choix de Kevin Spacey d'interpréter lui-même les chansons et les transformations qui ont été nécessaires pour que l'acteur ressemble davantage au personnage. La piste de commentaires est animée par Kevin Spacey, qui occupe les fonctions de réalisateur en plus de l'interprétation, et Andy Paterson, un des nombreux producteurs qui ont travaillé sur "Beyond The Sea". Les deux hommes reprennent les thèmes abordés dans le documentaire sur la production en y ajoutant des détails et en commentant également les scènes qui se déroulent devant nos yeux. Kevin Spacey semble très à l'aise dans son rôle de commentateur et partage avec nous des pensées très pertinentes et détaillées. Malgré le fait que ces deux suppléments soient de bonne qualité, l'absence des deux autres qui étaient annoncés me reste sur le cœur.

Quoique j'aie remarqué que la qualité audio et visuelle de "Beyond The Sea" surpassait celle de certaines œuvres antérieures de Christal Films, quelques lacunes sont tout de même visibles et dérangeantes. D'abord, nous pouvons remarquer un problème de luminosité dans plusieurs scènes, particulièrement au début. D'une part, les scènes claires sont exagérément éclairées, ce qui fait déteindre en blanc pratiquement tous les éléments contenus dans la scène. C'est comme si nous pouvions voir l'aura de tous les personnages tellement ils étaient entourés d'un halo épais. Les détails également de leur définition puisqu'ils sont souvent masqués par l'éclat blanc. D'autre part, les scènes sombres sont trop obscures. Tellement que nous pouvons à peine distinguer les silhouettes de personnages. Heureusement, tout n'est pas blanc ou noir, et les scènes qui ne sont pas dans ces conditions extrêmes s'en tirent bien au niveau de l'éclairage. C'est cependant au niveau de la définition qu'il y a un problème. Les images ont une forte tendance au flou. En fait, il faut que l'élément de décor ou le personnage soit très près de la caméra pour qu'il puisse bénéficier d'une apparence sans faille. Sinon, on ne voit que les silhouettes ou presque. Par exemple, si nous regardons le visage de la personne qui se situe à l'arrière d'un autre personnage qui, lui, est au premier plan, nous sommes incapables de voir l'intérieur de ses yeux ou même l'expression de son visage. Tout ce que nous voyons, c'est la forme de son visage avec du noir embrouillé là où il y a les yeux, le nez et la bouche. Heureusement, le DVD se réchappe avec la qualité sonore. Étant donné qu'il s'agit d'un film où la musique occupe toute une importance, il aurait été catastrophique que le son soit au plus bas niveau. La piste Dolby Digital 5.1 dans les deux langues fait cependant tout le travail en nous faisant entendre toutes les variations des chansons de Bobby Darin et en nous faisant presque croire que nous assistons à son spectacle confortablement assis à une table du Copacabana.

"Beyond The Sea" est agréable à regarder, mais il ne réussit pas à nous entraîner autant qu'il le faudrait. Ce n'est pourtant pas la performance de Kevin Spacey qui nous fait reculer: il est tout simplement époustouflant dans son rôle et à certains moments, il est à ce point méconnaissable que nous parvenons à croire que nous avons le réel Bobby Darin à l'écran. Le choix d'interpréter les chansons du chanteur lui-même a été judicieux. Il a une voix juste et fait de merveilleuses interprétations, en plus d'accompagner ces dernières par des pas de danse réussis. Kate Bosworth est également excellente dans le rôle de Sandra Dee qui, malgré ce qu'on dit dans le générique du film, est décédée en février dernier. La différence d'âge qui sépare les deux acteurs alors que leurs personnages sont supposés avoir moins de six ans de différence ne paraît pas du tout à l'écran (originalement, les producteurs désiraient que Leonardo DiCaprio interprète Darin, car ils trouvaient irréaliste que Spacey tienne le rôle d'un homme décédé à l'âge de 37 ans). Leur relation est très crédible, au contraire. Je crois plutôt que c'est le rythme qui nous fait hésiter: le rythme est très rapide, ce qui fait que nous ne faisons qu'un survol de la vie de l'artiste sans jamais entrer dans les détails. Ce manque de profondeur m'a laissée sur ma faim. Ce qui n'a pas aidé non plus, c'est le manque de structure. Nous sautons beaucoup du coq à l'âne. Ajouté au manque de précisions, cela nous fait perdre le fil. Mais il s'agit d'un film qui vaut certainement la peine d'être visionné malgré tout.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments5
Vidéo5
Audio8