The Agony and the Ecstasy
20th Century Fox

Réalisateur: Carol Reed
Année: 1965
Classification: NR
Durée: 138 minutes
Ratio: 2.20:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
10 février 2005

Michelangelo Buonarotti dit Michel-Ange est un des plus grands artistes de tous les temps, et il marqua la période de la renaissance d'un trait de génie qui n'a peut-être jamais été égalé. Son talent unique jumelé à une polyvalence peu commune lui permit de sculpter les chefs d'œuvres que sont "David", la "Pieta" et "Moïse". Si la sculpture occupa la majeure partie de sa vie, il lorgna également du côté de la peinture, de la poésie et de l'ingénierie et s'engagea dans un projet qui aurait fait fuir la très grande majorité des peintres de l'époque, celui de peindre le plafond de la chapelle Sixtine à Rome à la demande de son mécène et souverain pontife, le Pape Jules II. Le film "The Agony and the Ecstacy" tourné en 1965 parle de l'accomplissement de cette tâche.

Réalisé par Carol Reed, ce film met en vedette Charlton Heston dans le rôle de Michel-Ange et Rex Harrison dans celui du Pape Jules II. L'histoire débute au moment où Michel-Ange travaille à la conception du tombeau du pape Jules II, lequel comptera au moins 40 statues nécessitant environ quatre ans de travail chacune. Menant la guerre sur plusieurs fronts à la fois, le pape demandera au sculpteur d'interrompre ses travaux pour en entreprendre un autre qui lui tient à cœur, celui de repeindre le plafond de la chapelle Sixtine à la grande déception d'un conseiller du pape qui voit en Raphaël la personne idéale pour mener à terme ce projet et qui pourrait lui permettre de monter dans l'estime du souverain.

"The Agony and the Ecstacy" brosse un tableau assez fidèle de l'immensité du projet, de l'époque de la renaissance et de la relation très tumultueuse qui animait ce projet. L'adaptation faite du roman d'Irving Stone cabotine malheureusement laissant la prometteuse introduction se noyer dans une histoire qui cherche plus à exploiter cette orageuse relation entre l'artiste et le pape qu'à nous expliquer par exemple le pourquoi du contexte social de l'époque. Le pape mène des guerres contre l'envahisseur allemand et français, mais on ne nous explique pas les enjeux de ces dernières. Autre exemple, l'Italie de l'époque est morcelée et on ne nous explique pas le pourquoi de ce phénomène. De plus, plusieurs personnages secondaires se greffent à cette production, mais ils font simplement acte de présence, car aucun d'eux n'est vraiment développé. Une pseudo histoire d'amour impossible se greffe également dans le récit, artifice hollywoodien qui fausse la réalité pour permettre au film d'avoir un potentiel commercial plus intéressant. C'est dommage qu'un canevas aussi unique et prometteur tombe dans le cinéma à formules et qu'en plus, on nous en donne pour 138 minutes. Une chance que certains longs métrages de cette époque comme celui-ci avaient la bonne idée d'inclure une intermission.

L'image du film bénéficie d'une restauration complète et le résultat est plus que probant. On dirait avoir droit à une récente parution et non à un film datant de 40 ans. De superbes couleurs vives et naturelles sont présentes sur une pellicule qui est exempte de saletés. Aucun artéfact de numérisation n'a pu être détecté lors de mon visionnement. Malheureusement, l'aspect audio cache moins bien le poids de l'âge. Tout le débit sonore passe par les enceintes avant et même la stéréophonie est à peine existante. Les dialogues sont tout de même facilement compréhensibles et la musique se mélange assez bien au mixage sonore quoiqu'un peu plus forte que les dialogues. Un menu statique amorce de DVD lequel contient en guise de suppléments quelques bandes-annonces en plus d'une démonstration de la restauration du film. Par écran divisé, on nous montre une courte séquence du film selon le transfert de 1990 et selon la nouvelle restauration. Toute une différence, croyez-moi!

"The Agony and the Ecstacy" marque la fin d'une époque en ce qui a trait aux grandes fresques cinématographiques débutées dans les années 1950. Nous n'avons qu'à penser aux grands classiques que sont Ben-Hur et Ten Commandments qui étrangement mettaient également en vedette Charlton Heston. Mais la comparaison s'arrête là. Les amateurs de films d'époque et de Charlton Heston en auront pour leur argent avec ce film, mais pour les passionnés d'art et d'histoire c'est à éviter.


Cotes

Film5
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Vidéo8
Audio6