Brother Sun, Sister Moon
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Franco Zeffirelli
Année: 1973
Classification: G
Durée: 121 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
4 avril 2004

Franco Zeffirelli s'est beaucoup fait connaître par ses mises en scène autant au théâtre qu'à l'opéra. Au cinéma, il s'est principalement spécialisé dans deux types de films: les films historiques à caractère religieux, ainsi que les films opératiques. On ne s'en étonne pas puisque, comme la plupart des Italiens, c'est l'opéra et la religion qui le passionnent. Sa réalisation la plus célèbre est assurément sa superbe version de La Traviata de Verdi, qui pourrait faire aimer l'opéra à n'importe qui. Plus récemment, il avait mis en image la vie du célèbre soprano Maria Callas, interprété par Fanny Ardent. Du côté historique, le plus célèbre de ses films est sans doute la série Gesù di Nazareth ("Jésus de Nazareth"), qui relate en détail la vie et la mort de Jésus. Mais avant de se lancer dans cette grande aventure qu'est celle de raconter la vie du Christ, il s'était d'abord fait la main sur un autre personnage bien connu du catholicisme; St-François d'Assise, le stigmatisé fondateur de l'ordre monastique des Franciscains. C'est ce film, de son titre original italien, "Fratello sole, sorella luna", qui est ici critiqué.

"Brother Sun, Sister Moon" nous présente donc la jeunesse de Francesco (Graham Faulkner), de la ville d'Assise. Fils d'un riche marchand, il s'enrôle pour les croisades, et en revient complètement transformé. Il réalise qu'il est impossible que la vie ne consiste qu'en des plaisirs matériels et qu'il doit bien y avoir quelque chose de plus. Il est particulièrement fasciné par le fait que les animaux sont libres et sans souci, alors que les hommes ne le sont pas. À l'image de Jésus Christ, il laisse tout tomber, renonce à ses possessions et va vivre en campagne dans une vieille église désaffectée. Plusieurs le suivent dans sa retraite, dont sa bonne amie Clare (Judi Bowker) et, finalement, c'est toute la communauté populaire d'Assise qui s'y retrouve pour les cérémonies religieuses. Mais cet exode du peuple de l'Église traditionnelle vers le temple de Francesco déclenche les foudres des autorités religieuses locales, qui ont tôt fait de mettre un terme à cette hérésie. Francesco, dans le doute, ira donc trouver le St-Père, le pape Innocent III (Alex Guinness), pour qu'il lui indique les erreurs de son cheminement, si erreur il y a.

Bien que le sujet soit passionnant, le film est malheureusement un peu étrange dans sa forme. On y mêle allègrement de la musique classique et des chansons interprétées par Donovan (un chanteur hippy des années 1970). On comprend bien l'intention du réalisateur, et, si on ne réfléchit pas au propos du film, c'est même tout à fait approprié; après tout, St-François d'Assise vivait en communion avec les animaux et la nature, tout comme les hippies... Mais, il ne faut pas oublier qu'il est un homme d'une extrême dévotion, à la tête d'un des plus grands ordres monastiques; on est quand même très loin du Flower Power. Ce que le film réussit très bien, par contre, c'est de nous faire voir la simplicité avec laquelle la religion devrait se pratiquer. Dans sa philosophie, St-François renie toute forme de possession matérielle, et les voeux se font sur une base volontaire. C'est le summum du "vivre et laisser vivre". Le contraste avec l'opulence du Vatican est assez frappant. Mis à part les détails conceptuels, le film est splendidement réalisé. On y sent déjà le style adopté dans Jésus de Nazareth: les plans sont beaux, avec très peu de dialogues, le tout étant axé sur l'image plutôt que l'action. Bref, on nous permet de découvrir avec sérénité comment St-François est devenu ce qu'il était.

Du côté de la qualité visuelle, on est, toute proportion gardée, en présence d'un produit très acceptable. L'image n'a, de toute évidence, pas été nettoyée; on y remarque plusieurs débris et égratignures, surtout lors des scènes très claires ou très sombres. Or, comme beaucoup des plans ont lieu sous un joli ciel bleu, le problème est très fréquent. C'est d'autant plus dommage que la cinématographie est superbe, de même que les décors et costumes (d'ailleurs en nomination pour un Oscar). Néanmoins, les problèmes du matériel utilisé pour le transfert sont largement compensés par une excellente compression. On ne remarque aucun problème de ce côté, avec un excellent niveau de détail, une bonne représentation des couleurs et des noirs bien dégradés. Notons aussi qu'une bonne partie du film est tournée avec des filtres (même des voiles), accentuant encore plus les difficultés potentielles à la compression.

Pour ce qui est de la piste sonore, la piste originale anglaise mono est très dynamique (en intensité, bien entendu). Les limitations de l'époque font en sorte que les fréquences extrêmes sont tronquées, mais le résultat est tout de même très satisfaisant. Le mixage de la musique est bien rendu et apporte beaucoup à l'atmosphère du film (même si, tel que mentionne plus haut, cettedite atmosphère n'est pas nécessairement celle à laquelle on s'attendrait...).

Ce DVD ne contient malheureusement pas de supplément. Le menu, qui ne consiste qu'en l'image de la pochette du DVD, est statique et silencieux.

Bref, on comprend que ce film ne soit pas le meilleur de la carrière de Zeffirelli, mais quelques suppléments n'auraient certainement pas nui à le faire mieux apprécier.


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