Big
Extended Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Penny Marshall
Année: 1988
Classification: PG
Durée: 130 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Français (mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
6 mai 2007

Le rôle qui a immortalisé Tom Hanks parmi les plus grands acteurs de sa génération est certainement Forrest Gump. Pourtant, plusieurs années plus tôt, il incarnait déjà un garçon prisonnier dans un corps d'homme. Avec la sortie d'une édition encore plus longue du film "Big", il est enfin possible d'avoir le fin mot de l'histoire de cette aventure si sympathique et irrésistible.

Josh (David Moscow) est un enfant normal de 13 ans. Il ne peut rien faire et ses parents lui demandent toujours la lune. Dans une fête foraine, il souhaite grandir et devenir un adulte. Le lendemain, il se réveille dans la peau d'un homme de 35 ans (Tom Hanks), sauf qu'il possède encore la mentalité d'un jeune adolescent! Mais quoi dire à maman? Après des explications inutiles qui se déroulent mal, il quitte la maison familiale pour la grande ville. Il apprendra alors que pour s'amuser, il doit arriver à se loger et à travailler. En décrochant un emploi dans les jouets, il attira l'attention de plusieurs personnes sur son passage. Il y a même la belle Susan (Elizabeth Perkins) qui le trouve pas mal à son goût...

Les années 1980 ont accouché de plusieurs récits mettant en vedette un garçon ou une fille qui se retrouvait coincé dans le corps d'une plus grande personne et vice-versa. L'œuvre la plus intéressante du genre est certainement "Big". Dans sa meilleure réalisation jusqu'à ce jour, Penny Marshall ne s'est jamais laissée tenter à la grosse farce vulgaire. Au contraire, tout y est délicat, d'une subtilité rarement maîtrisée. L'humour côtoie allègrement les moments plus tristes, le drame évite les morales collantes et les répétitions sont pratiquement toutes enrayées. Au passage d'une trame narrative mince mais solide, la cinéaste réussit à inculquer quelques aspects de mondialisation en privilégiant un retour aux sources - le cœur d'enfant.

Le long-métrage doit surtout à la composition magistrale de Tom Hanks. Cet acteur aux talents multiples n'incarne pas un enfant de 13 ans, mais il en est justement un. Il ne force jamais la dose, son jeu est instinctif, ses répliques sont naturelles et son minois authentique en fera fondre plus d'un. Sa transformation est crédible et sa peur du monde réel, touchante. Pour l'alimenter, il y a une douce Elizabeth Perkins, un patron très charismatique en Robert Loggia et des apparitions furtives d'un certain John Lovitz.

Pour laisser toute la place à la vedette de Philadelphia, la réalisation de Marshall est discrète, voire anonyme. La photographie est soignée, les images sont très solides et les couleurs demeurent plutôt colorées. Que ça soit la profondeur des contrastes ou la qualité des contours, tout y est favorablement reproduit. Le seul mini bémol est ce blocage qui peut apparaître à quelques occasions. Hormis vers la fin, la musique n'est jamais très envahissante. En fait, elle se fait rare. Il y a une longue et ingénieuse séance de piano avec les pieds totalement envoûtante. Toutes les pistes sonores sont mono, sauf celle en anglais qui est en Dolby Digital 2.0. Malgré tout, il y a très peu d'effets qui s'évadent des différents haut-parleurs. C'est dommage. Mais cela signifie également qu'il n'y a rien pour entraver les voix. Dans le pire des cas, il y aurait eu d'efficaces sous-titres blancs en anglais et en espagnol pour venir à la rescousse.

La pochette est agréable, sans plus. Le titre est écrit en grosses lettres rouges et il y a un Tom Hanks qui sourit à l'arrière. À l'intérieur du boîtier se trouve un petit livre assez explicatif. Le menu principal du DVD montre des touches d'un clavier, une photo et un montage souple de scènes. Par-dessus, il y a une mélodie légèrement décalée. Le premier disque comporte le film qui a été diffusé dans les salles et une nouvelle version portant l'effigie "Extended Edition". Ces nouvelles scènes facilitent la cohérence. Il y a une engueulade ironique, une explication à la police, une séquence d'habillage, l'achat d'un costume, etc. Tout pour mieux cerner les personnages en y amenant encore plus d'humour au passage. Il y a également une piste de commentaires des scénaristes Gary Ross et Anne Spielberg. Ce duo se lance habilement la balle en parlant des scènes rajoutées et du contexte de l'époque. Bizarrement, ils laissent souvent la place à des anciens extraits d'archives audio qui expliquent davantage l'histoire, le choix des interprètes et la progression. Les informations sont pertinentes, mais il n'y a pas beaucoup d'interaction avec ce qui se passe réellement.

Le second DVD comporte tous les suppléments. Il y a cinq bandes-annonces de productions de Fox, quatre publicités originales et huit scènes retranchées qu'il est possible de visionner avec ou sans introduction. Ce sont toutefois les mêmes séquences que dans l'édition allongée et Penny Marshall explique rarement la raison de leur retrait. Il faut donc se tourner vers les cinq documentaires pour réellement apprendre quelque chose de nouveau. Les deux scénaristes parlent de leurs secrets, de leurs inspirations et de leurs désaccords sur "Big Beginnings". Plus pertinent est ce segment intitulé "Chemistry of a Classic" où la cinéaste, le producteur et des comédiens parlent du succès du long-métrage et de leurs rôles respectifs. Préalablement, c'est Robert De Niro qui devait tenir la tête d'affiche!! Quelle œuvre différente cela aurait donné! Il y a une courte publicité montrant la première du film qui s'est déroulée dans un carnaval et une émission intitulée "Hollywood Backstory" vulgarise toutes les données sur "Big". C'est un peu inutile. L'aspect le plus captivant se prénomme "The Work of Play". Pendant dix petites minutes, des gens qui travaillent dans le domaine des jouets parlent de leur métier, des défis, des séances de discussions et des tests auprès des enfants.

Au lieu de nager dans les bons sentiments comme les Freaky Friday, Vice Versa et autres Jack sans intérêt, ce "Big: Extended Edition" se retrouve littéralement dans une classe à part. L'histoire est solide, le deuxième disque de suppléments vaut le coup d'œil et Tom Hanks arrive à faire des merveilles avant quelques bouts de ficelles. Dommage que sa participation à A League of Their Own - une autre réalisation de Penny Marshall - était un peu moins mémorable.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments7
Vidéo8
Audio7