The Big Lebowski
10th Anniversary Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Joel Coen, Ethan Coen
Année: 1998
Classification: 18A
Durée: 118 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 septembre 2008

De tous les films des frères Coen, "The Big Lebowski" est certainement le plus drôle et le plus disjoncté. Afin de fêter son dixième anniversaire, une nouvelle édition (eh oui, encore une) arrive sur le marché spécialement pour la sortie du dernier cru des réalisateurs, l'hilarant Burn After Reading.

Jeff - Le Dude - Lebowsky (Jeff Bridges) est cool. Il prend la vie à la légère en méditant et en jouant aux quilles avec ses amis Walter (John Goodman) et Donny (Steve Buscemi). Un jour, des malfrats se trompent de personne et ils viennent souiller son tapis. Furieux, le Dude exige réparation auprès du vrai Lebowsky. Le voilà rapidement plongé dans une intrigue impliquant un kidnapping et des parties de quilles!

Le scénario de ce film est fou, fou, fou et ce n'est pas un hasard. L'histoire va dans toutes les directions et il ne faut pas nécessairement la suivre de façon chronologique. Au contraire, mieux vaut s'attarder aux intonations, aux répliques cultes et aux situations qui font mourir de rire. Tout peut arriver et le duo ne se prive pas de surprendre son public, le perdant dans des dédales féeriques tout en jouant avec l'absurdité comme les plus grands des magiciens. Surtout que leur mise en scène, songée sans être envahissante, sert bien le propos, entre décors kitchs et coupes de cheveux douteuses.

Les personnages, pratiquement tous des idiots (n'est-ce pas la marque de commerce chez Joel et Ethan Coen?), ont aisément leur heure de gloire. À commencer par Jeff Bridges qui trouve là un de ses meilleurs rôles en carrière. Son pathétisme est vibrant, tout comme sont sens de la répartie. À ses côtés, il y a un frêle Steve Buscemi plus abruti que jamais, un John Goodman qui se plaît à jouer les psychopathes, une Julianne Moore qui irradie de sa beauté et un John Turturro particulièrement jouissif. Ces individus proviennent pratiquement d'une bande dessinée et ils s'oublient difficilement de l'imaginaire.

Les images sont jolies et précises, sans aucun flafla esthétique. Les couleurs se veulent plus réalistes qu'éclatantes. La définition des contours est parfaite et les contrastes utilisent à bon escient les quelques séquences plus sombres. Tout se déroule bien dans le meilleur des mondes, si ce n'est ce blocage qui gâche parfois un peu la sauce. Les pistes sonores sont de bonnes factures, faisant ressortir des différentes enceintes des bruits d'eau, de quilles et de projectiles. Les voix sont claires et bien définies. Pour une traduction francophone qui laisse parfois à désirer (les multiples expressions et jeux de mots ne sont pas toujours évidents à traduire), il y a de magnifiques sous-titres blancs en français, en anglais et en espagnol. De son côté, la musique légèrement datée aux airs de country est là pour détendre l'atmosphère.

La pochette montre une allée de quilles ainsi que le visage des principaux comédiens. Le menu principal reprend une scène clé (celle du rêve) avant de bifurquer vers une partie de quilles saturée d'une mélodie de circonstance. C'est à la fois simple et efficace. Outre l'excellent long-métrage, le premier DVD comporte une introduction un peu inutile, des notes de productions, la bande-annonce originale et deux documentaires. Le premier relate le statut de personnage culte qu'a atteint Le Dude, alors que le second permet aux acteurs de revenir sur le film une décennie après sa sortie en salles. Si les informations ne sont pas toujours pertinentes, la bonne humeur y est constante.

Le second disque regroupe plusieurs suppléments de l'édition précédente. Un documentaire de 25 minutes offre la chance aux réalisateurs de défendre leur bébé qui n'a pas toujours fait l'unanimité (il avait pris l'affiche tout de suite après le mémorable Fargo dans l'indifférence généralisée), un segment suit un joueur de quilles lors de sa participation à un festival instauré en l'honneur de l'opus et il est possible de décortiquer la fameuse séquence du rêve. Sur un ton encore plus volatil, Jeff Bridges présente dans le détail ses croquis, il y a une jolie galerie de photos qui défile automatiquement et une carte interactive où il est possible d'en savoir davantage sur quelques lieux importants (le bungalow du Duc, la maison de Larry, etc.). Tout comme le produit final, les bonus visent le divertissement à tout prix. Les fans regretteront encore une fois l'absence d'une piste de commentaires.

Si les gens qui possèdent déjà une des éditions précédentes y penseront à deux fois avant de se procurer celle-ci (il n'y a presque rien de différent, si ce n'est quelques suppléments oubliables), les néophytes qui ont découvert les réalisateurs avec le très populaire No Country For Old Men risquent bien d'être déconcertés devant cet éclaté "The Big Lebowski: 10th Anniversary Edition". Les gags fusent de toute part, le ton est à la farce parfois engagée et l'humour qui aurait pu être stupide se veut au contraire souvent songé et même intellectuel. Avec Raising Arizona, il s'agit aisément de la comédie la plus drôle des cinéastes. À côté de ça, leur récent Burn After Reading se veut de la petite bière mineure...


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments7
Vidéo8
Audio8