Black Rain
Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Ridley Scott
Année: 1989
Classification: 14A
Durée: 125 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51EX, DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
29 octobre 2006

La combinaison entre Ridley Scott et Michael Douglas aurait dû faire de "Black Rain" autre chose qu'un simple film correct. Malgré un virtuose de l'image et une star charismatique, cette histoire de yakuzas sent la convention à plein nez.

Nick (Michael Douglas) et Charlie (Andy Garcia) viennent de capturer un assassin japonais. De passage au pays du soleil levant, ces policiers remettent malencontreusement leur prisonnier aux mauvaises personnes. Pour se racheter, ce duo qui ne respecte pas toujours les règlements cherche à obtenir la confiance d'un flic honorable (Ken Takakura). Très bientôt, la course aux mécréants aura lieu et il faudra faire attention pour ne pas finir décapité.

Ce sixième film de Sir Ridley Scott aurait pu être unique. Le réalisateur de Blade Runner revisite ses esthétiques asiatiques en poussant l'intrigue jusqu'au Japon. Sur un plan purement technique, "Black Rain" est une merveille. La photographie est splendide et étincelante. La qualité des images dorées est impressionnante et le niveau des contrastes garde toujours son unicité. Même les fabuleux sous-titres jaunes sont gros et parfaitement visibles! Ils sont loin d'être obligatoires, car les voix sont généralement très compréhensibles. Les différentes pistes sonores sont de bonnes factures, mais celle en anglais ambiophonique 5.1 EX brille par sa profondeur. À tout moment, des bruits de tables, de chaises et de bicycles à gaz se font entendre des enceintes situées sur le côté. Tout pour relever des scènes d'action abondante et pour surligner la trame sonore synthétique de Hans Zimmer.

C'est plutôt le scénario qui est plus problématique. Ce croisement entre l'Orient et l'Occident manque parfois de saveur et il cumule des lieux communs. L'intrigue est inutilement compliquée, il y a de sévères longueurs et le rythme ne tient pas toujours en haleine. La solide distribution est confinée à des rôles stéréotypés. En optant pour l'humour, Michael Douglas évite de boire la tasse. Il est le méchant gentil et Andy Garcia, l'ange sans défaut. Une dichotomie assez attendue. Si Ken Takakura montre beaucoup de retenue, Kate Capshaw est particulièrement inepte et unidimensionnelle.

Tout comme son sujet, la présentation du DVD est à peine potable. Les visages de Douglas et de Garcia apparaissent clairement avec une ville asiatique en toile de fond. Une pose présente sur 75% des affiches de films hollywoodiens. La description bilingue du synopsis est d'un kitch total et elle simplifie à outrance les évènements. Le menu principal du disque offre un montage rapide de différentes scènes et une musique digne d'un suspense terrifiant se fait entendre. Rien de très extraordinaire. En revanche, les suppléments le sont. Il y a une piste de commentaires de Ridley Scott. Son accent britannique n'est pas toujours évident à saisir, mais sa voix posée est agréable à écouter et ses propos structurés ne sont pas superficiels. Il fait des parallèles avec ses autres films tout en analysant les différents éléments (photographie, jeu des acteurs, etc.) en place.

Outre une bande-annonce aussi efficace que prévisible, les différents documentaires se regardent avec attention et ils bénéficient de sous-titres en français. Celui sur le scénario et la distribution propose des réflexions sur la philosophie japonaise, le rôle des yakuzas, un tour d'horizon des multiples rôles et même des commentaires de Michael Douglas sur ses cheveux bouclés! Les deux segments sur le tournage s'attardent longuement aux intempéries, à la découverte d'une nouvelle culture, aux excès budgétaires, à l'importance des cascades et au sort des policiers mal payés de la région de New York. Des informations qui ne sont pas négligeables et qui renseignent sur l'influence majeure de The French Connection sur la réalisation de Scott. La dernière séquence porte sur la post-production. Le montage initial faisait 160 minutes, la presse étasunienne n'a pas toujours apprécié le résultat final (des critiques qualifient le film de "raciste") et le créateur de Alien a choisi Hans Zimmer après avoir entendu son travail sur Rain Man. Fascinant pour une édition de collection qui est nettement plus réussie que la précédente.

Acteurs talentueux, cinéaste stylisant ses images, options abondantes et intéressantes: "Black Rain" regorge de tout. Il ne lui manque qu'une trame narrative riche et originale pour s'élever au-dessus de la mêlée. C'est toutefois trop demander pour ce film ni accompli ni réellement divertissant.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments8
Vidéo9
Audio9