Black Snake Moan
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Craig Brewer
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 115 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
17 juin 2007

Les histoires de rédemption, de perte de foi ou de tragédie personnelles peuvent être reçues de deux manières: bien ou très mal. Ici, le réalisateur de Hustle & Flow convie le spectateur à un film mettant en vedette Samuel L. Jackson, Christina Ricci et Justin Timberlake (oui, ZE Timberlake) campant des personnages aux prises avec un quotidien dans lequel le rêve américain n'est que chimère et où les illusions sont chose du passé depuis longtemps. À priori, la brochette d'acteurs a tout lieu d'intriguer par son talent et un scénario prometteur, s'il est traité de la bonne manière.

Un jeune homme (Timberlake) laisse son foyer et sa petite amie (Ricci) pour aller faire son service militaire et aider son pays. Sa fiancée, une nymphomane compulsive, ne tarde pas à se trouver de quoi se mettre... "sous la dent". Elle va de fête en fête, se droguant, voulant oublier ses urgents besoins de sexe lorsqu'un soir, elle est récupérée par un soi-disant ami de son copain. Ce dernier, attaqué dans son orgueil pour une question de taille, tabasse la jeune femme et la laisse pour ainsi dire à son sort, peu vêtue. Ailleurs, un homme d'âge mûr récemment divorcé (Jackson) fait la découverte de la femme inconsciente et droguée à l'os. Après un certain temps, l'homme décide de la guérir de ses envies qu'il considère pécheresses, étant religieux. C'est ainsi qu'il l'initiera à un cheminement introspectif où elle découvrira en elle une force bien plus grande qu'elle ne l'aurait imaginé. Cependant, revenu plus tôt de la base militaire, le petit ami cherche sa bien-aimée avec détermination, bien décidé à régler des comptes.

Un bon film qui va au bout de ses idées, tendre, dur, émotionnel et juste, "Black Snake Moan" adresse plusieurs messages qu'une telle production aurait pu aisément délaisser en vue d'un film plus grand public. Le réalisateur Craig Brewer ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle, allant dans la première moitié du film dans des extrémités puissantes sans compromis, ébranlant déjà des personnages à peine neufs aux yeux du spectateur. C'est dans la seconde moitié que le tout se gâte quelque peu. En effet, si la première partie était plus intransigeante, la dernière comporte certains éléments un peu racoleurs, sans toutefois tomber dans l'eau de rose ou le réchauffé. L'équipe d'acteurs offre une très bonne interprétation, notamment Justin Timberlake qui se révèle capable d'une interprétation sensible aux nuances émotionnelles rarement envisagées. Brewer dirige de manière sobre en évitant ainsi les idées farfelues ou inadéquates. La direction photo d'Amelia Vincent procure un réel cadre pour cette communauté esseulée et perdue, un peu à l'image des personnages du récit, venus pour se retrouver.

Parmi les suppléments, "Conflicted" est une revuette sur le tournage du film, davantage intéressé à révéler les origines du scénario qu'à réellement mettre en scène les problèmes encourus ou les réussites du métrage. Malgré tout, il se trouve intéressant. "Rooted in Blues" parle des inspirations du Blues sur le film et son importance dans le film. "The Black Snake Moan" invite le spectateur à observer le processus créatif du réalisateur, qui compose la musique, qui l'inspire ensuite à écrire le scénario. Des scènes coupées à l'intérêt variable qui n'amènent que très peu de matériel supplémentaire, des bandes-annonces et une piste de commentaires du réalisateur et scénariste Craig Brewer complètent le tout. Les propos du principal intéressé sont intéressants sans toutefois amener plus de lumière sur le film que les extras présents. Le menu principal est animé et musical tandis que les autres demeurent inertes, quoique bien adaptés au film.

Belle image. Les couleurs sont stables, les clairs-obscurs respectent leur tâche et aucun flou indésirable ne se fait voir, ni aucun grain dans l'image. Le son, quant à lui, reproduit bien l'ambiance des champs aux ciels amicaux et chaleureux. Il se sert bien des basses notamment lors de scènes d'hallucinations de Christina Ricci, utilisant avec justesse les enceintes du système.

Pourvu de quelques menues longueurs, le film demeure bon dans son ensemble, démontrant la détermination à combattre ses démons, faire face à son passé afin d'avancer vers l'avenir. L'implication dramatique du propos demeure une tangente qui n'est jamais trahie et donc, fait honneur au matériel présenté. Une belle édition DVD qu'il est bon de découvrir. Dans le registre des films à profil bas, celui-ci conserve la tête haute.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments8
Vidéo9
Audio9