Black Widow
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Bob Rafelson
Année: 1987
Classification: 14A
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DDST), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
18 février 2004

Black Widow: Araignée vénéneuse qui tue son partenaire et le consomme après avoir copulé. Tel est le canevas du film concocté par Bob Rafelson, mi-thriller, mi-film noir, qui semble émuler les films des années 40 et la perception de certains auteurs comme Raymond Chandler et Dashiell Hammett voulant que les femmes mystérieuses et sophistiquées soient en réalité de dangereuses castratrices en puissance. On aurait d'ailleurs très bien imaginé Lana Turner, Lauren Bacall ou Joan Crawford dans le rôle interprété par Theresa Russell.

L'agent du Département de la Justice Alex Barnes (Debra Winger) enquête sur la mort apparemment naturelle de plusieurs millionnaires. A priori, les décès ne sont pas reliés, mais Alex découvre l'existence d'une femme mystérieuse (Theresa Russell) qui a épousé chacun des hommes peu avant leur mort, hérité par la suite de leur fortune et disparu dans la nature. Retraçant la femme fatale à Hawaii où celle-ci traque une nouvelle proie, Alex s'y rendra et nouera une amitié avec elle. Débute alors le jeu risqué du chat et de la souris avec comme enjeu, non seulement la vie, mais aussi l'amour d'un millionnaire local (Sami Frey).

Solide thriller que ce "Black Widow". Réalisation assurée, cinématographie lumineuse de Conrad L. Hall et surtout, fascinant duel d'actrices entre Winger et Russell qui, malgré le fait qu'elle n'ait jamais été considérée comme une grande actrice, offre probablement ici sa meilleure prestation. L'intérêt demeure soutenu par le contraste entre les deux personnages. Russell, belle, sophistiquée, femme du monde pour qui les hommes craquent et Winger, plutôt coincée, anonyme, bourreau de travail plus à cause des carences de sa vie sociale que par choix. Elle traque Russell mais en même temps elle est fascinée par elle, elle voudrait se libérer de "Alex" et être elle. Encore plus, elle est attirée par elle comme le témoigne le sous-texte de certaines scènes entourant leur amitié. On peut cependant reprocher deux choses au film. Premièrement, pendant la première partie, on voit mal comment des hommes apparemment intelligents puissent, en moins de deux, décider d'épouser une femme qu'ils connaissent à peine sans faire de recherche poussée à son sujet. Et deuxièmement, le fait que non seulement on voit venir la "surprise" finale de loin, mais que le tout se termine en "happy ending" vient un peu gâcher notre plaisir. Un film ayant comme thème l'obsession ne devrait pas se terminer en queue de poisson.

Le DVD offre d'un côté le film en format plein écran et de l'autre la version panoramique. Dans les deux cas, l'image est excellente. Le rendu des noirs ainsi que le contraste sont à point et l'image est claire même si les couleurs sont parfois un peu trop douces. Je n'ai noté aucune accentuation des contours et très peu de taches et égratignures. La piste sonore, bien que stéréo seulement, est enveloppante et la séparation gauche/droite est solide. On note parfois une légère distorsion dans les dialogues. Les menus sont statiques et les suppléments, à part la bande-annonce du film et celles de Don't Say A Word, High Crimes et Joy Ride, sont inexistants.

Scénario bien ficelé, malgré certaines longueurs et une fin que l'on aurait aimée plus mordante, excellents acteurs, réalisation robuste, "Black Widow" se consomme ma foi plutôt bien.


Cotes

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