Blood and Wine
20th Century Fox

Réalisateur: Bob Rafelson
Année: 1996
Classification: 14A
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20), Français (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 février 2006

Des performances convaincantes d'acteurs chevronnés ne peuvent totalement sauver un film conventionnel au possible. Malgré une grosse distribution comprenant Jack Nicholson et Michael Caine, "Blood and Wine" peine à séduire de ses arômes sans éclat.

Alex (Jack Nicholson) se prépare pour une nouvelle vie. Avec son compagnon malade Victor (Michael Caine), il met à l'exécution un vol de collier parfait qui lui rapportera certainement dans les sept chiffres. Sur le point de partir en avion pour vendre son butin, il vit une crise de ménage avec sa femme (Judy Davis). Après une dispute particulièrement violente, celle-ci quitte la maison avec son fils (Stephen Dorff) et prend par mégarde un certain bijou qui lui causera beaucoup de problèmes. Si Victor est prêt à utiliser tous les moyens nécessaires pour récupérer son dû, Alex préfère y aller subtilement en élaborant différentes tactiques, dont celles de demander l'aide de sa maîtresse (Jennifer Lopez).

En 1970, le réalisateur Bob Rafelson a donné le premier grand rôle à Jack Nicholson en lui confiant le personnage principal de son excellent Five Easy Piece. Par la suite, la complicité entre ses deux personnes s'est développée sur des titres très réussis comme The King of Marvin Gardens et la reprise de The Postman Always Rings Twice. Depuis cette période charnière, la carrière du cinéaste s'est passablement détériorée, au point de tomber presque totalement dans l'oubli. Afin de lui donner une nouvelle chance, monsieur The Shinning a décidé de retourner avec son premier mentor en 1996. Le résultat est "Blood and Wine" et il est loin d'être particulièrement édifiant.

Comme la plupart des films noirs, il y a ici un vol qui se déroule mal, de multiples trahisons, des morts qui s'accumulent, un peu de tension et une femme fatale difficile à cerner. Les éléments habituels sont au rendez-vous, ce qui laisse un suspense assez prévisible aux surprises peu présentes. Par moment, on sent que Rafelson préfère lorgner vers le drame avec sa description de la famille éclatée et des relations douloureuses. Une bonne évasion qui laisse sur la faim, car les personnages ne sont pas toujours très bien développés. Il y a le grand Jack qui grimace en s'amusant et la légende Michael Caine qui forment un duo d'enfer. Comme des frères, ils s'engueulent, s'aident et rient, ce qui donne facilement les meilleurs moments du long métrage. Ce n'est pas très profond, mais la chimie agit. Beaucoup plus que chez les autres acteurs. Judy Davis est capable de faire passer toutes les émotions de l'existence dans son regard, mais on la voit vraiment trop peu. Le récit préfère s'attarder à la belle gueule de Stephen Dorff, qui offre un jeu extrêmement limité, et au magnifique corps de Jennifer Lopez, qui ne semble jamais très à l'aise.

Au-delà de cet exercice "c'est bien, mais à quoi est-ce que cela peut bien servir", le film offre une partition musicale bien élaborée de Michal Lorenc. Elle ne prend pas le dessus sur les voix et le lyrisme déployé enivre quelque peu. Par ailleurs, l'utilisation des haut-parleurs avant n'est pas négligeable. De nombreux effets fusent de partout et les différentes pistes sonores sont de bonne qualité. Le seul bémol se trouve au niveau des enceintes situées sur le côté, si peu exploitées. De son côté, la qualité vidéo est honnête sans être extraordinaire. Les images sont souvent lustrées ou dorées par le soleil. Les teintes orangées éclatantes sont prédominantes dans la première partie, alors que les détails plus sombres sont légions par la suite. En faisant l'abstraction de légers saignements de couleurs qui surviennent par moment, il n'y a rien de présent qui fait sourciller (honnêtes sous-titres blancs).

La pochette est particulièrement hideuse. Elle montre Nicholson, Lopez et Dorff avec un coucher de soleil en arrière-plan et des couleurs chaudes qui lèvent le cœur. La photo du menu principal, qui est également celle se retrouvant sur les boîtiers VHS lorsque le film est sorti à la vente et à la location en 1997, est beaucoup plus intéressante. Trois des acteurs sont présents et les teintes sont beaucoup plus grisantes. Dommage que rien ne bouge et que la musique ne soit pas en option. Pour compenser cette présentation des plus soporifiques se trouvent de nombreux suppléments passionnants. Tout d'abord, il y a une piste de commentaires où le réalisateur Bob Rafelson multiplie les anecdotes et les informations éclairantes pour mieux cerner les situations. Dans une autre section, il y a onze scènes précises qui bénéficient des mots de différents membres de la distribution et de la production. C'est parfois un peu superficiel, mais l'idée est bonne. Huit scènes retranchées et une introduction du cinéaste sont également accessibles. Il y a bien des segments accessoires comme la bande-annonce originale qui dit tout, une publicité du moyen Black Widow et de courtes biographies de quelques artisans, mais il ne faudrait surtout pas passer à côté des "Making-Of Featurettes". À l'intérieur, sept documentaires plutôt partisans explorent la genèse du projet, les cinq personnages, l'apport de Jack Nicolson, la présence stimulante de Michael Caine, le professionnalisme de Bob Rafelson, son lien particulier avec le protagoniste principal et les difficultés des acteurs de jouer certaines scènes. Un chausson avec ça?

En dehors d'une multiplication des options, "Blood and Wine" n'est pas un film inoubliable qui se regarde encore et encore. Une fois pour le plaisir ou la curiosité de voir deux monstres sacrés se côtoyer, mais en omettant l'apport des géniaux Jack Nicholson et Michael Caine, le récit s'avère ordinaire et le temps passe très lentement. Lorsque le vin tourne, il est à peine potable.


Cotes

Film6
Présentation2
Suppléments9
Vidéo7
Audio7