Blue Iguana
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: John Lafia
Année: 1988
Classification: 18A
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
3 juillet 2006

Un film de série Z con et stupide pour l'été. Sans cerveau ni scénario, avec des acteurs la jouant cool et demeuré, "Blue Iguana" se vautre dans le délire et le ratage le plus extrême. Drôlement navrant. L'histoire pourrait toucher les cieux tant elle est légère. Le mystérieux et décontracté Vince Holloway (Dylan McDermott) est recruté par des policiers frileux pour récupérer une somme d'argent importante. Il a pour mission de se rendre dans la petite ville de Diablo, un endroit vil dominé par des hors-la-loi, pour voler une somme de vingt millions aux mafiosi locaux. Une mission quasi-impossible qu'il relèvera les doigts dans le nez.

Plus ridicule que culte, "Blue Iguana" est un ramassis de genres qui s'amalgament plus ou moins bien ensemble. C'est tout d'abord un western spaghetti sans queue ni tête. Les fusillades se multiplient, la violence gratuite coule à flot et les poursuites arrivent sans cesse pour des raisons inconnues. Qui n'est pas Sergio Leone qui veut, car l'hommage se transforme assez rapidement en échec total. Ce long-métrage est également un film noir avec ses femmes fatales, ce danger latent et ces trahisons incessantes.

Heureusement, cette production ne se prend pas au sérieux. Le ton ironique triomphe dans chacune des répliques et l'humour pointe le nez dès que possible. Exagéré et conséquent dans toutes ses actions et réactions, Dylan McDermott s'amuse comme un petit fou en véritable mimique de Bruce Campbell. Le jeu de ses collègues n'est toutefois pas aussi inspiré. Les stéréotypes les plus extrêmes sont de la partie. Crier et avoir l'air méchant pour un truand, il n'y a rien de mieux... Le comble de la médiocrité appartient facilement au membre des Red Hot Chili Peppers, Flea, qui carbure sur l'ecstasy en hurlant du début à la fin en multipliant des grimaces. À court-circuiter le plus rapidement possible!

Si ce film n'est pas très inspirant, les qualités techniques ne sont pas négligeables. L'image est généralement superbe, les tons rouges et bleus étant très distincts. Quelques instants de blocage peuvent toutefois exister dans les fenêtres. Les sous-titres anglophones jaunes sont facilement déchiffrables, quoiqu'ils ne soient pas très utiles. Lorsqu'un personnage parle pendant une longue période, les écritures ne suivent tout simplement pas! Ce défaut est moins désastreux que dans la première édition DVD de Reservoir Dogs, mais il existe et ce n'est pas normal.

Un tantinet plus ordinaire est l'utilisation du son. La présence d'une piste Dolby Digital 2.0 ne permet pas une ambiance très développée, sauf que les séquences d'actions offrent beaucoup de bruits divertissants qui font presque passer cette production pour une bande dessinée rythmée. Ces scènes sont toutefois un peu plus élevées que les voix, il n'est donc pas rare de perdre quelques bribes de conversations à l'occasion. La musique, dans le style dantesque des années 1980, fait rire par moment. Il est néanmoins facile de s'habituer et l'atmosphère se développe peu à peu, suivant de très près la prémisse instaurée par le scénario.

À la vue de sa pochette, il ne serait guère surprenant que "Blue Iguana" reste quelques éternités sur les étagères. L'image y est banale à souhait, avec quatre protagonistes au haut et une poursuite sanglante en bas. Le mélange de rouge et de bleu est d'un mauvais goût sans doute assumé. Le menu principal du DVD reprend cette pose "légendaire" sans l'améliorer outre mesure. Tout y est statique, sans musique ni intérêt. Cependant, les icônes sont de bonnes grosseurs et la navigation n'est vraiment pas difficile. Pour un quelconque supplément, piste de commentaires ou bande-annonce, il faudra se reprendre sur une autre édition, car il n'y a absolument rien ici. Pourquoi allonger le supplice lorsqu'il s'étend déjà sur 90 minutes?

Drôle par instant, faisant pitié le reste du temps, "Blue Iguana" ne mériterait probablement pas un visionnement à la télévision normale. Quoiqu'entre amis, un samedi soir, avec beaucoup d'alcool et de frustration au rendez-vous, ce choix pourrait amener de nombreuses discussions cocasses. L'exemple parfait du film où il est possible de parler sans perdre la trame narrative.


Cotes

Film4
Présentation1
Suppléments-
Vidéo8
Audio6